Et sourire dans la nuit

Rien à voir avec le texte mais la forêt est si jolie en ce moment.

 

J’avais presque oublié comment c’était, d’en avoir envie. Entre petit confort et faux prétextes, on a vite fait de préférer les chaussons en pilou – et de s’y trouver bien.

J’avais presque oublié comment c’était, avant, la jeunesse, la liberté, le grain de folie.

J’avais presque oublié comment c’était, après une journée de labeur familial et ménager, de trouver le courage de se recoiffer, de mettre du bleu sur mes yeux, du vert sur mes ongles, un peu de parfum, et de voir son regard pétiller.

J’avais presque oublié comment c’était, de fermer la porte derrière nous, de dire soyez sages surtout, et de grimper dans la voiture comme avant, quand on avait moins d’années et moins d’enfants.

J’avais preque oublié comment c’était, de sentir sa main dans mon dos, ses yeux dans les miens, nos rires sans les leurs, nos voix chuchotées, complices et irrévérencieuses un peu. Nos verres à l’amitié de ceux qui nous rejoignent. La musique enfin, qui doucement nous gagne, un clin d’oeil, nos chaises repoussées et la piste de danse, encore sage à cette heure.

J’avais presque oublié comment c’était, sa main qui me guide et nos pas qui s’accordent sans même y penser.

J’avais presque oublié comment c’était, lâcher prise, tout oublier, chanter à tue-tête et danser, danser, danser encore jusqu’à ce que la musique s’arrête, et les lumières se rallument.

Alors seulement rentrer, faire le tour des chambres pour distribuer les baisers sur les fronts endormis. sourire dans la nuit et se coucher, épuisés et heureux.

J’avais presque oublié, mais aimer et danser ne s’oublient jamais.

 

Rue du Château des étoiles

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Je me suis assise par terre dans le garage, entre les vélos et la poubelle, indiférente à la poussière. Ca faisait longtemps que je voulais vérifier, mais j’étais persuadée que ces boîtes avaient fini au grenier. J’avais utilisé cette idée comme prétexte pour ne pas être déçue trop vite. Puis je les ai aperçues, en rangeant mes rollers qui n’auront pas servi cet été encore.

J’ai pris la boîte rose sur mes genoux, et j’ai fait glisser la ficelle de coton bicolore sans en défaire le noeud. Ca ne me prendrait que quelques minutes, pensais-je. Dehors, les enfants crayonnaient le sol d’arcs-en-ciel à la craie, leurs rires et leurs histoires me parvenaient, tandis que je refaisais la mienne à l’envers.

Les lettres, les noms qui me sont désormais inconnus, d’autres qui me sont restés familiers ont défilé sous mes doigts. Les cartes d’anniversaire, les enveloppes rigolotes, les petits mots que mes compagnons d’infortune punaisaient sur ma porte quand ils passaient me voir sans me trouver, au temps d’avant les portables.

 

Passe quand tu reviens.

 

Salut Miss, impossible de te trouver à la maison. Passe boire un verre ce soir, ok?

 

Ai-je vécu cette vie-là? 1996 est si loin. De ce temps là pas de photos numériques et les visages sont flous dans ma mémoire. Anne, Kathrina, Emily, Charline, Vivien, Patrick, Scott, Hervé, Julian, Mike, Giuliano. L’auberge espagnole.  Le patinage sur les canaux gelés, la bière, les nuits à danser et celles à parler, celles à se frôler et celles à reculer, la lecture sur les bancs du jardin botanique et les expos d’art contemporain, les chocolats chauds à la crème et le centième vin chaud qu’on tient entre nos gants de laine… Nos histoires qu’on croise et les rêves qu’on échafaude au petit jour. Les joues fraîches et les lèvres douces. Sur les pelouses de la piscine l’insolence de la jeunesse qui croit encore pouvoir arrêter le temps, comme si on pouvait suspendre le vol des beaux garçons qui font des concours de plongeons pour épater les filles si jolies en bas.

Un jour, quand tout cela s’est terminé, on a repris nos vies, avec chacun notre boîte à souvenirs de papier, nos adresses griffonnées au dos des notes de café.

Dans la mienne, j’ai trouvé les deux lettres de ma grand-mère que je cherchais, espérant ne pas les avoir jetées. Son écriture penchée et sans faute, ses phrases enchaînées, sans points, mais si pleine de manque et de tendresse.

Je les ai relues, j’ai souri, et puis je les ai rangées dans la boîte rose, pêle-mêle avec les souvenirs de cette année-là.

 

« 14.01.1997 Je n’ai pas Internet, alors je vais essayer de mettre l’adresse correcte. »

 

 

 

J’habitais Rue du Château des étoiles.

 

 

 

Le pas de deux

 

La porte claque et je reste plantée devant, la bouche ouverte, prête à crier quelque chose mais je renonce à converser, sur quelque ton que ce soit, avec une porte, fût-elle en chêne.

Je suis là, les poings serrés et la nuque raide. Je sens petit à petit la rage se muer en colère froide, et son reproche, le premier, se frayer lentement un chemin à travers mes veines jusqu’à mon cerveau, puis à mon cœur.

La porte de la Collégienne vient de claquer, et, si elle avait été vitrée, on aurait entendu le son qu’a fait mon cœur en tombant par terre. Le bruit du verre, en morceaux à terre. Le bruit de mon cœur, en morceaux à terre.

Se rend-elle compte qu’arrivées ici il n’y a plus de retour possible ? Se rend-elle compte en cet instant qu’elle a cassé ce fil ténu qui la maintenait dans l’enfance ? Se rend-elle compte que j’ai voulu la retenir, mais que le pont entre nous a cédé au moment où elle a retiré sa main de la mienne ?

A présent il nous faut apprendre une nouvelle danse, un nouveau pas de deux. Cette porte que je ne franchirai plus, celle de son monde à elle. Il me faut accepter de ne plus y être conviée que sur invitation.

Sait-elle que ce soir je suis un peu morte ? Sait-elle le poison des mots, insidieux ?

Sait-elle que je n’étais pas prête, on ne peut jamais l’être, ça vous arrive comme ça, un jour elles sourient dans vos bras et le temps d’un battement de cils elles ont plus de seins que vous. Sait-elle que je m’échine depuis toujours à passer devant, à trancher les ronces du chemin, mais qu’à présent, elle tombera seule sur ses pierres ? Parce que c’est le jeu, parce que c’est comme ça, parce qu’il faut en passer par là pour devenir, parce que dire j’ai été ado avant toi ne suffit plus.

Parce que nous ne lui suffisons plus. Parce que le chant des sirènes est plus mélodieux que celui des berceuses à ses oreilles. Parce que je l’ai élevée pour qu’elle vole de ses propres ailes.

Est-ce que l’hirondelle a aussi mal au bide quand ses oisillons tout neufs quittent le nid ?

Ce soir il me faut réinventer le mot mère et je suis terrifiée.

Entre mes lignes

Lignes de faille

 

Entre mes lignes il y a ces maux que je ne dévoile pas. Il y a ces rires et ces joies que je ne dis pas. Il y a cet arc-en-ciel fabuleux, hier après-midi, après des heures de déluge. Il y a les câlins, les histoires en plein milieu de la matinée sur le canapé, les cookies aux M&M’s improvisés pour le goûter. Les jouets ramassés, les piles de linge rangées, les chansons sous l’eau qui coule.

Entre mes lignes mes soucis, oh tout petits, mais quand-même. Entre mes mots, mes choix, mes idées, mes décisions, mes espérances, mes découragements, mes chutes, mes bleus, mes bosses, mes colères, mes impatiences, mes bonheurs, mes soulagements. Ma vie. Notre vie. Notre quotidien comme nous l’avons voulu, comme nous l’avons pu, et pourtant parfois ce n’est pas facile, parfois on rêve d’ailleurs et d’autrement. Comme tout le monde. Quand on a fini de rêver, on a fini de vivre, je crois.

 

Entre mes lignes tu crois me lire, mais tu ne sais rien. Comment pourrais-tu imaginer une vie entière dont je ne livre que des bribes? De la chaleur des joues d’Ultime au petit matin, de l’odeur des cheveux magnifiques de la Pili-Pili, des yeux trop souvent océans de Moustache, de la Collégienne que-j’aime-tellement-moi-non-plus, de la barbe qui pique du Jules, tu ne sais presque rien. Entre mes lignes, tu crois deviner ton propre reflet. Tu vois mon dos et tu imagines deviner mon visage.

Entre mes mots, tu t’appropries, tu te compares, tu sais mieux que moi, tu ferais mieux que moi, si tu étais moi. Mais tu ne l’es pas. Moi, j’adore l’idée de ne pas savoir plein de choses. Parce que ça me laisse de la marge d’émerveillement. J’adore l’idée d’avouer que je ne sais pas, parce ça m’évite de dire un certain nombre de bêtises. Parce que pendant que je ne dis rien, je t’écoute étaler tes certitudes. Parce que c’est le jeu.

 

Entre mes lignes, il y a juste ce que je veux bien te dire. Toutes les questions n’ont pas forcément de réponse – et encore moins une seule réponse.

 

 

People generally see what they look for, and hear what they listen for.   Harper Lee, To Kill a Mockingbird

Mets lui le grappin dessus!

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D’accord, on est égaux. Nous les filles à vernis et eux les garçons à… mince, à quoi? A Formule 1, voilà, à Formule 1. C’est vrai, qui de nous voudrait se faire du mal en regardant les pépées siliconées ventousées aux carrosseries rutilantes, hein?

Bon, y a un truc quand même qu’on a du mal à faire avec nos moitiés (hin hin), c’est le shopping. Monsieur souffle sur le montant de la dépense, Monsieur souffle parce que des bottines noires on en a déjà douze paires (qu’il croit, parce qu’en vrai c’est quatorze, mais faut pas lui dire), Monsieur souffle que si si ça nous va bien mais que ça va encore mieux à la voisine de cabine en fait tout réfléchi, Monsieur souffle qu’il fait chaud, que c’est long, qu’il en a marre et que quand est-ce qu’on mange?

Donc le shopping, c’est avec les copines, point barre. Et pour le clin d’oeil, Opel a pensé à nous – les filles à vernis. A l’occasion de la sortie de la nouvelle Adam, Opel organise une campagne ludique dans les centres commerciaux.

En effet, Opel Adam vous offre un Baggy Boy le temps de votre séance shopping !

 

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C’est quoi un Baggy Boy me dis-tu? Un gars sympa, drôle, joli à regarder et surtout costaud, qui t’accompagnera sans souffler dans ta virée shopping. De quoi, pour une fois, jouer à fond la carte du sexisme, puisque quoi qu’on fasse, on dirait que ça nous colle aux doigts autant que le vernis à paillettes (celles qui savent, savent).

Pour participer, c’est simple : rends-toi vite dans l’un des Centres Commerciaux ci-dessous et tente ta chance avec la machine à grappin pour attraper un #baggyboy !

 

 

La Tournée Opel Adam a commencé le 01 Septembre :

• Nantes – du 1er au 6 Septembre
• Portet sur Garonne (Toulouse) – du 1er au 6 Septembre
• Caen – du 8 au 13 Septembre
• Bègles (Bordeaux) – du 8 au 13 Septembre
• Englos – du 15 au 20 Septembre
• Noyelles Godault – du 15 au 20 Septembre
• Créteil – du 22 au 27 Septembre
• Nancy – du 22 au 27 Septembre
• Val d’Europe – du 29 Septembre au 04 Octobre
• Illkirch – du 29 Septembre au 04 Octobre
• Ecully (Lyon) – du 6 au 11 Octobre
• Annecy – du 6 au 11 Octobre

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Quelle belle journée, par Toutatis!

Vendredi, un texto codé:

 

-Cétaubofix!

 

Huit adultes a priori sains d’esprit avaient passé la semaine à croiser les prévisions météo de toutes les applis disponibles sur le marché.

Dans la voiture, pendant que le Jules mangeait tous les cookies, j’essayais de faire deviner aux enfants notre destination mystère. Enfin aux petits, parce que la grande nous avait grillés, au bout d’un mois à contempler le magnifique astérisque dessiné par mes soins à la date du 27 septembre avec l’œil pas frais du poisson d’Ordralfabétix, elle avait fini par avoir une illumination soudaine.

On a bien mis cinquante bornes.

 

-Alors c’est facile, on va voir un personnage de BD, qui a un chien, des moustaches et un copain qui est gros enveloppé.

-Il a un chien ? C’est Boule et Bill !

-Mais non, il a pas de copain gros enveloppé !

-C’est le Petit Nicolas !

-Mais non, il a pas de moustaches enfin !

-Lucky Luke!

-… (soupir)

 

Bon, Mr Moustache a eu l’air content d’aller passer la journée au Parc Astérix, même s’il en a profité pour moufter que la Collégienne lui avait piqué toutes ses BD, et la Pili-Pili a pleuré, parce qu’elle voulait aller voir Raiponce (gimmick). C’est parce qu’elle ne savait pas qu’Astérix s’est mis au hard rock et qu’il est ma foi très choupi.

 

Photo Mme Statler

 

Avec Paf-le-Paf, Mme Statler, Papa Cube et Fabienne Lepic de la Glaviouse, on était mieux organisés qu’une légion romaine.

On s’est donné rendez-vous dans la toute nouvelle Forêt d’Idéfix. Là, on a pu s’embrasser, t’as pas changé, qu’est-ce que tu deviens, tu t’es marié t’as trois gamins, comparer nos Converse et nos lunettes de soleil, oh la la mais comme il a grandi ce môme, tu lui files de la potion magique ou bien – pendant ce temps-là, nos dix enfants réunis (Ultime gardait RogerRabbixFenouil le lapin à la maison) faisaient connaissance et s’égaillaient sur les manèges conçus pour les petits aventuriers sans se faire trop peur, mais juste un peu.

 

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Après cette mise en jambes, on a fait deux équipes. PapaCube a pris la direction des Jeuxélectronix, composée des poules mouillées et des moins de six ans, tandis que Paf-le-Paf emmenait la troupe des Amourdurix, soit les ados et les vieux qui n’avaient pas froid au zizix.

 

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Ca balance pas mal à Lutèce.

 

Goudurix

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Oziris

Oziris

Oziris

 

Après toute cette adrénaline, et vu qu’on  criait un peu tous en même temps comme si on avait mangé de l’hélium, nous avons décidé de nous poser et d’assister tous ensemble à Main basse sur la Joconde, un spectacle à mi chemin entre théâtre et danse plein de rebondissements et d’acrobaties à couper le souffle. Les enfants ont adoré, et votre servitrice a un peu craqué et pleurait de rire derrière ses lunettes de soleil griffées (tout court, pas griffées Maui Jim comme la blogueuse hype).

 

Main basse sur la Joconde

Main basse sur la Joconde

 

Main basse sur la Joconde

 

Nous avons tous beaucoup apprécié l’atmosphère familiale, sans rose paillettes, sans princesses, sans contes sexistes, mais l’univers testostéroné et franchouillard de nos ancêtres les Gaulois. Le parc encourage aussi vachement l’humour et le jeu de mot pourrix, et ça c’est cool. Validée également, l’organisation du parc : autour de chaque manège à sensation, plusieurs manèges pour occuper les plus petits pendant que les plus audacieux se mettent la rate à l’envers. Des files d’attente raisonnables sur la plupart des attractions, voire inexistantes sur certains manèges pour les petits (dont toute la forêt d’Idéfix).

Un bémol pour le réseau téléphonique bien pourri (pas facile de se retrouver entre groupes) et le wi-fi inexistant, qui rend l’utilisation de l’appli Parc Astérix pratiquement impossible. Et un second pour le prix du parking, dix euros (tarif unique).

 

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Le récit très complet en photos et en dessins de PapaCube est ici. (Je me trouve canon.)

La même journée, vue par Paf-le-Paf, est ici.

Un merci tout spécial à Maïwenn pour cette fabuleuse journée.

Merci à mes compagnons d’aventure pour leur bonne humeur communicative.

 

 

 

L’apnée

 

Ils sont fatigués. Ni plus ni moins que l’année dernière, je n’en sais rien. On se couche tôt, on se lève – avec difficulté – à la dernière minute, on grappille du sommeil en rab dans la chaleur de la couette.

C’est pas nouveau.

Ce qui est nouveau, ce sont les devoirs tous les soirs, les levers tous les matins, les histoires qu’on écourte le mardi soir, les petits déjeuners qu’on presse même le mercredi.

Alors peut-être que les enfants apprennent mieux en classe – je n’y suis pas. Ils rentrent plus tôt, s’ennuient plus tôt, oublient plus tôt ce qu’ils avaient pensé me raconter – c’est déjà bien loin quand je rentre, par effet d’optique seulement, plus tard qu’avant. Pas de théâtre, pas de poterie, pas d’école du cirque, pas de piano – à la campagne, il n’y a ni infrastructures, ni argent.

Le mercredi, la journée qui s’égrenait tranquillement prend désormais des allures d’agenda de ministre en pleine campagne électorale : il faut être partout, et surtout en même temps, le solfège, l’instrument, la danse, le rendez-vous chez l’orthodontiste, les devoirs, l’après-midi file sans un moment pour se poser.

Peut-être que c’est mieux à l’école, je ne sais pas, je n’en sais rien.

Je sais juste qu’on nous a pris de la douceur de vivre. Celle que j’avais gagnée en choisissant le temps partiel. Des moments ensemble, où nous n’avions pas l’œil sur la montre. Ces heures où l’on lisait dans son lit, ces heures où l’on traînait en pyjama à construire des tours de Kappla. Ces moments où les confidences glissaient, entre deux paniers de linge accrochés au jardin et un tour de balançoire. Le temps des promenades. A la place, on dort, vite, une heure, entre deux, parce qu’on est fatigués. Fatigués de ne jamais s’arrêter.

 

La semaine en apnée du lundi au vendredi. On va s’y habituer, il le faudra. Mais pas tout de suite.