Au soleil qui désormais ne brûle plus

La vigne de Conflans

Il y eut cet été en queue de poisson et puis cette douceur inattendue. Les cageots remplis d’oignons rouges, la sueur qui perle au front et le dos qui rechigne pour les arracher à la terre, les paniers de haricots, les courgettes qu’on porte en triomphe à la cuisine, les citrouilles qu’on encourage, octobre et ses nuits froides ne tardera plus.

Ce dimanche il y eut surtout ces framboises enfilées sur le bout des doigts, laissant leur tache rouge sang. Et puis les dernières fraises, qu’on mange à même le potager. Les fruits appartiennent à celui qui les cueille, et la plus assidue – la plus gourmande? – aura bientôt six ans.

Les dernières baignades et les dernières siestes au soleil, les dernières soirées douces à rêver qu’il est encore là, cet août moite qui nous a tant fait défaut. On porte les sandales, chaque jour pour la dernière fois, on se grise du soleil qui désormais ne brûle plus mais réchauffe.

Dans les jardinières les surfinias donnent le baroud d’honneur sur leurs tiges un peu desséchées; les marrons déforment les poches et les noisettes craquent sous nos pas. La vigne hésite encore à rougir tandis que les hirondelles font leur plan de vol sur les fils électriques. Les pommes, chapardées dans un champ, rouges et acidulées, croquées en chemin.

Les cartables ont trouvé leur place dans l’entrée, les nouvelles chaussures sont arrivées. On ânonne les syllabes au rez-de-chaussée tandis qu’on récite les propriétés du rectangle au premier, tandis que de l’autre côté on planche laborieusement sur la médiane issue de l’hypoténuse.

Nous avons rentré du bois pour la cheminée et fait provision de thé; dans le four les gâteaux aux pommes et noisettes ont remplacé les tartes aux abricots ou aux mirabelles. Le placard à confitures est plein et de la cuisine monte l’odeur chaude du pain qui cuit (en est-il de meilleure?).

Les lièvres et les faisans se jouent des brumes au petit matin; sur le chemin du retour le soleil rase une dernière fois la colline en embrasant le ciel.

L’automne ne nous a jamais semblé si loin et si proche à la fois.

 

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Quatre-quarts pommes et noisettes

 

Petit matin de septembre

Judith et le sourire

Judith a trois semaines lorsque je la rencontre, endormie au creux des bras de sa mère, au cours d’une visite d’une exposition de patchwork (Si. Contre toute attente : superbe, j’en suis encore sur mon séant de tant de beauté et de minutie. Je ne sais pas ce qui m’arrive.). C’est un bébé menu et paisible aux traits fins et délicats, longs cils et longs doigts. C’est également la première fois, je crois, que je vois sa maman. Qui d’emblée me raconte, boostée aux hormones, qu’elle adore accoucher, alors que je m’extasie sur cette jolie petite vie toute fraîche. Elle me raconte joyeusement les sept heures de travail à la maison, la naissance en moins d’une demi-heure dans l’hôpital tout neuf, le personnel à l’écoute et le soutien qu’elle y a trouvés.

 

Alors que nous nous mettons à la recherche de l’aînée qui a filé dans les rayons de la médiathèque, elle me dit les difficultés d’allaitement, les compléments, les solutions qu’elle a trouvées avec son mari, encouragée par une pédiatre (baba-cool, dit son mari) très à l’écoute. J’ouvre la bouche, prête à dire que je pense ces solutions bancales, qu’il faudrait faire comme ci ou comme ça, lire tel ou tel livre. Et puis je la referme, sans avoir rien dit. Je la félicite. Je l’encourage. Je dis c’est chouette, de trouver un équilibre qui vous convient.

 

Et je le pense. Vraiment.

Parce que cette maman ne me connaissait pas, ne me demandait rien, si ce n’est l’approbation d’une de ses congénères.

Parce que trop souvent on croit qu’on est meilleure que l’autre, qu’on en sait plus, parce qu’on a appris, lu, vu, parce qu’on a vécu, expérimenté.

Parce que trop souvent on impose, on s’impose. Et, implicitement, on sous-entend que l’autre s’y prend mal. On instille le doute là où il n’était pas quelques secondes plus tôt.

Souvent, se taire et sourire sont les meilleures choses à faire.

Elle ne me demandait rien, je n’ai rien dit.

Sauf que Judith était si jolie. Sa maman est partie, radieuse.

 

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Au bout du grand mur de brique rouge

Ils sont jolis, tous les trois, sur le trottoir qui longe le grand mur de brique rouge, ce matin d’été de 1970. Elle, dans sa robe chasuble assortie à leur costume, identique, du dimanche. Culotte courte marine, chemise blanche. Elle, attentive déjà, du haut de ses quatre ans, tient par la main son petit frère de deux ans son cadet. Dans l’autre, elle tient serré un bouquet de fleurs des champs qu’elle a cueillies au petit matin. L’ainé, devant, joue au funambule sur la bordure, s’imagine un ravin au fond duquel coule un torrent, plutôt que le mince filet d’eau de l’orage de la nuit dans le caniveau.

Quelques mètres derrière eux, Denise dans sa jolie robe jaune qu’elle a cousue elle-même, comme toujours, la taille soulignée par une fine ceinture blanche, et Gérard dans son costume du dimanche, la moustache soignée. Il leur semble déjà sentir l’odeur du lapin de Tante Marina, sacrifié la veille, qui a dû mijoter sur le poêle tout le temps de la messe.

***

Ils sont perdus, tous les trois, sur le trottoir qui longe le grand mur de brique rouge, ce matin froid d’hiver 1981. Ils ont tellement grandi ces derniers mois, on aperçoit un peu leurs chaussettes blanches sous les pantalons un peu trop courts. Elle a mis sa jupe écossaise, c’était sa préférée. Il n’a plus besoin qu’on l’aide à marcher, maintenant, mais elle semble tout de même lui donner une main invisible. L’ainé, devant, a remplacé les torrents et les ravins par les équations à tant d’inconnues.

Quelques mètres derrière eux, Gérard, dans son costume du dimanche, moustache lissée, a les épaules un peu voûtées déjà.

Au bout du grand mur de brique rouge, le convoi bifurque et franchit la grille. J’entends les roues et puis les pas qui crissent sur le gravier gelé, entre les tombes. J’ai cinq ans et demi, il fait si froid, j’ai oublié mes gants à l’église et les mouchoirs de dentelle blanche contrastent avec les voilettes noires. Je ne suis pas sûre de comprendre.

***

Ils sont graves, mais volubiles,  tous les trois, sur le trottoir qui longe le grand mur de brique rouge, ce matin frais mais très ensoleillé de septembre 2014. A nouveau soudés, malgré les années de ravins et de torrents. Elle semble, comme toujours, les porter tous. Elle s’arrête à ma hauteur, et me serre longuement dans ses bras. Bien sûr que je serais là, dis-je, tu ne croyais tout de même pas… Quelques mètres derrière eux, leurs enfants franchissent à leur tour la lourde grille et je ferme la marche, encadrée de mes frères. Je ne reconnais pas l’endroit, et tandis que Gérard rejoint enfin Denise dans l’éternité, ma mémoire ne se souvient que du grand mur de brique rouge et des sanglots d’autrefois.

 

Le cimetière oublié

Mentalo x Louise (cadeau)

On n’a jamais assez de t-shirts. Mais vraiment, jamais.

Y a les chics pour le bureau, les beaux pour sortir, les vieux pour les travaux de peinture, les mous qui font doudous, les à message pour provoquer le voisin, les mouillés pour être élue Miss Camping, les gris chinés comme le ciel de Paris cet été, les blancs so parisienne chic, les marinières so la Bretagne est le centre du monde, les noirs cache-abus-d’apéros-provençaux, les régressifs façon je veux jamais grandir, les fluos dans lesquels on pilates, yogate, runne, ceux dans lesquels on dort, ceux qu’on pique à l’amoureux, ceux qu’on ramène de vacances pour avoir sur la peau encore un goût de soleil et d’eau salée, ceux qu’on a offerts, ceux qu’on a oubliés chez un ex, ceux qu’on a rêvés.

Et puis y a les uniques. Les personnalisés. Ceux que la voisine n’aura pas, mais qu’elle t’enviera.

Moi, j’en ai un.

T-shirt personnalisé Tunetoo

 

 

C’est le site Tunetoo qui me l’a offert il y a quelques mois, il est plein de qualités

-tout le monde me dit qu’il est cool et trop beau

-je réponds que c’est moi dessus hin hin hin (hashtag ça va les chevilles?)

-il est passé (par mégarde) en machine à 60°, il n’a pas bougé, ni la forme ni le motif (hashtag FlyLady ne passera pas par moi)

-j’ai fait des taches dessus en faisant de la confiture de cerises noires, j’ai passé le blanc à la Javel, il est nickel (hashtag cochonne)

-il a fait un saut de parapente au dessus du lac d’Annecy (hashtag porte-bonheur-assurance-vie)

-sur les photos il se la pète à Ramatuelle

-j’aime bien son petit col en V (hashtag t’as vu j’ai des seins)

-j’ai choisi, évidemment, une photo de mon amie Louise ♥ qui, en plus d’être pas loin une des filles les plus barrées (et généreuses) que je connaisse me permet souvent d’illustrer mes billets sur ce blog en utilisant ses jolies photos

-il est #teamcoquelicots approved

 

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Tunetoo, c’est un site sympa de vêtements et objets à personnaliser en impression et broderie (y a même des tote bags, paie ta hyperie).

J’ai donc testé pour toi les t-shirts personnalisés: tu peux choisir la taille, la couleur, la forme, le motif, les inscriptions, et l’emplacement de tout ça très facilement directement sur le site interactif pour te créer un t-shirt unique rien qu’à toi, et visualiser ton chef d’oeuvre avant commande. Et genre deux jours après, tu peux le porter.

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C’était qui ce mec hype qui portait des tishs à l’effigie de ses hôtes quand il était invité pour un dîner juste pour les épater? (je sais plus, pardon) J’adore l’idée. (Moins celle de repartir forcément torse-poil tout de même).

 

 

Comment personnaliser son t-shirt Tunetoo?

 

 

LE CADEAU! LE CADEAU!

Tunetoo a le plaisir de t’offrir un t-shirt absolument unique, une collaboration éphémère Mentalo x Louise d’un seul et unique exemplaire.

 

Pour le remporter

  1. tu visites le site de Tunetoo et tu choisis ton modèle de tish préféré
  2. Ensuite tu vas visiter Les baisers de Louise

  3. Tu reviens me dire quel modèle et quelle photo tu choisirais et éventuellement le texte que tu ferais imprimer sur ton t-shirt personnalisé unique

Si tu as un compte Facebook, une visite et un « like » sur la page FB de Tunetoo seront évidemment appréciés.

Clôture des participations lundi 15 septembre, minuit heure du crime de Paris.

 

Louise ♥

PS Le fayotage en mode « han mais c’est le tien que je préfère je veux le même » n’influera en rien la main innocente du tirage au sort (même si on est d’accord qu’il est canon): on a dit t-shirt UNIQUE!

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EDIT: C’est Anna Musarde qui remporte le T-shirt de son choix! Bravo! Tu seras contactée par Tunetoo.  

Parfois l’eau bleu-vert

Parfois mettre ses lunettes roses ne change rien. Parfois il pleut trop, parfois il fait trop gris, trop froid.

Parfois il faut conjurer le sort, revenir sur ses pas et affronter le passé. Y mettre du sien, faire un effort, effacer, ranger dans un coin ce qui ne peut être oublié. Faire la paix.

Accepter de déposer son fardeau sur le ponton avant de poser le pied sur le pont en teck du bateau vert menthe. Sentir le vent emmêler ses cheveux, les gouttes d’eau rouler sur sa peau. Assourdie par le bruit du moteur, grisée par la vitesse, le souffle coupé par la beauté.

Ne pas voir venir le coup de soleil sur le nez.

Plonger en criant dans l’eau bleu-vert.

Renaître, jusqu’à la prochaine fois.

 

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Place du XX août

J’ai pris le train ce matin-là comme tant d’autres, toutes les années d’avant. Mais au lieu de tourner à droite après le square, j’ai continué tout droit. J’ai marché dans les rues à l’heure où l’odeur de javel remplace peu à peu celle de la bière qui déborde, mêlée à celle de vomi et d’urine.

Je suis entrée dans le bâtiment vieux et sale, il sentait la poussière des livres, les larmes et la sueur. J’ai fait la file comme tout le monde, dans cette grande salle où les tables étaient disposées en U. J’ai écrit mon nom et celui de mes parents. J’ai écrit Faculté de Philosophie et Lettres, et puis en dessous Philologie Germanique. J’ai tendu mon diplôme, ma carte d’identité, peut-être un extrait d’acte de naissance aussi, je ne sais plus. L’argent que mon père m’avait confié. J’ai pris les papiers que la dame m’a tendus, je les ai rangés dans ma pochette. J’ai dit merci, et au revoir.

Je suis ressortie, un peu sonnée, mais fière. J’avais dix-huit ans, et je venais de décider de ma vie. Mon premier grand pas dans l’inconnu, pleine d’espoirs et de naïveté.

J’ai retraversé la Place du XX août dans l’autre sens.

Nous étions le 20 août 1993. Il faisait chaud.

J’avais signé pour des années de poussière des livres, de larmes, et de sueur. J’ai repris le train pour rentrer, et je crois que je suis allée manger une glace avec mon amoureux, comme si rien n’avait changé.

 

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La jolie boîte à Manzanista

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J’ai toujours aimé faire les choses à contre-courant. Laisser pousser mes cheveux quand Garance les coupe en prenant le monde à témoin. Repasser mes housses de couettes quand Elisabeth me dirait que ça s’apparente à de l’esclavage. Trouver les ballerines ultra moches et peu flatteuses pour la silhouette quand les blogueuses mode pavanent en Repetto. Couper twitter quand il y a apparemment #adp à la télé.  Manger de la raclette un 15 août quand mon slim me souffle que ce n’est pas une bonne idée, même si ça pèle en Haute-Savoie.

Et puis, surtout, partir en vacances quand tout le monde en revient. J’adore. Attendre le dernier moment. Prendre l’autoroute à contre-flux. Déballer un cadeau inattendu, dans sa jolie boîte vert pomme.

 

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Renoncer pour un temps au mojito, trop vu, trop connu, trop attendu. Et craquer pour un nouveau cocktail au goût fruité de pomme verte, frais et acidulé, super simple à réaliser soi-même pour épater les copines, j’ai nommé le Manzanista. Mon verdict: ultra frais, ultra gourmand, ultra fille!

 

 

8 cl de Manzanita Marie Brizard*

8 cl Eau gazeuse

1 Quart de Citron Vert pressé

2 Tranches de Concombre

2 Feuilles de Basilic

 

Remplir un verre ballon de glaçons.
Ajouter le concombre et le basilic.
Remplir le verre à moitié de Marie Brizard Manzanita et à moitié d’eau gazeuse.
Ajouter 1/4 de citron vert pressé.
Mélanger à l’aide d’une cuillère ou d’une jolie paille.

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*Créée en 1755 à Bordeaux, Marie Brizard s’est initialement développée via la célèbre anisette. La Manzanita®, liqueur de pomme verte à 18%, est lancée en 2001.

 

Je t’offre un verre? Un voyage à Barcelone?

Pour le lancement de ce nouveau cocktail, Marie Brizard lance un concours avec un week-end à Barcelone à gagner et 50 kits cocktail « Manzanista » dans leur jolie boîte verte (jusqu’au 30 novembre). Trouve les ingrédients du Manzanista cachés dans l’image (astuce: tu peux te faire aider de tes mômes, ils vont adorer – le jeu, pas le cocktail, hein).

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Pour plus d’informations sur la Manzanita et son cocktail de l’été, rendez-vous sur la page Facebook MANZANITA.

 

 

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 L’abus d’alcool est dangereux pour la santé. A consommer avec modération.