A l’automne de nos vies

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J’en avais fait le deuil, il y a longtemps. Je croyais avoir réglé cette histoire, une fois pour toutes. J’avais dit, c’est fini tout ça, on ne m’y reprendra plus. J’en ai eu ma dose, j’en ai eu assez. Quelle naïveté.

Il aura suffi de trois annonces autour de moi pour semer le doute, et réveiller la tempête dans mes hormones. Je crus même sentir pointer une légère montée de lait, tiens.

Je me suis imaginée le ventre rond à nouveau, la première rencontre, ses yeux dans les miens et ces émotions si fortes, à nulle autre pareilles. La fragilité de cette vie nouvelle dans mes bras, l’amour immense qui étouffe la fatigue, engourdit la raison.

 

Je regardai Ultime et je la trouvai soudain si grande. A la table de la cuisine, il reste encore de la place ; je crois que dans nos cœurs aussi.

 

Et puis les jours ont passé, j’ai trié les chaussettes minuscules pour les prêter. Le picotement a cessé, petit à petit. J’ai regardé mes enfants, tous si grands, je me suis demandé de quoi auraient l’air leurs frères et sœurs qui ne viendront pas. Et j’ai trouvé beau de pouvoir les imaginer, sans les désirer réellement. Il y a un temps pour faire des bébés, il y a un temps pour les voir grandir, les aider à devenir. Nous passons à autre chose, il est temps de se mettre en retrait pour les regarder être, vivre, aimer. Il est temps aussi de nous recentrer sur nous, et vivre l’or de l’automne de nos vies.

 

Il reste de la place à la table de la cuisine, pour accueillir les amis. Il reste de la place dans nos cœurs, pour accueillir ceux qui leur seront chers.

 

 

Après le gris

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Râler, pester, réclamer, gueuler, se plaindre, se lamenter, broyer du noir, l’étaler sur des pages, rien ne va plus, la France non plus, l’économie, la politique, les étrangers, les pas comme moi, ceux que je n’aime pas, les profiteurs, les arnaqueurs, les riches, les trop de chance, les pas assez, les je-sais-tout, les je-cache-tout, le verre vide, le frigo aussi, les ruptures, les jalousies, les maladies, la fatigue, la nausée.

Je n’en peux plus de tout ce noir, partout, le matin quand je réveille les enfants, le soir quand je quitte le bureau, sur les pages des journaux, sur les écrans, dans le coeur des gens.

Alors je me terre, chocolat chaud et chamallows, plaid et tricot. Alors je me repais de leur odeur, de leurs visages dans le sommeil, si loin dans leurs rêves, je me concentre sur leurs joies, leurs exubérances. Alors je me remplis de l’or des forêts quand le gris m’envahit, je me bouche les oreilles et je fredonne, je cours et je respire pour oublier la nuit, les petits soucis et les cailloux dans mes poches.

Plus que jamais m’accrocher à mes lunettes roses. Tout va bien et je vais y arriver. Au printemps, après le gris.

Partager le bonheur

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Les bonheurs se partagent, surtout les grands. Non seulement parce que c’est chouette à partager, le bonheur. Mais aussi parce que c’est souvent l’occasion de se retrouver pour fêter l’événement. Histoire de multiplier le bonheur, et de le rendre encore plus grand.

Quand on prépare un événement, une étape dans laquelle on met généralement beaucoup de cœur, c’est celle du faire-part. On en crée un de ses petites mains habiles (je l’ai fait pour mon fils, je suis très fière d’avoir annoncé sa naissance à ma famille près de six mois après l’événement), on le fait créer, unique, pour nous, par quelqu’un qui a plus de talent et de temps (c’est ce que j’ai fait pour mes deux plus jeunes filles, grâce à deux créatrices aussi talentueuses que rapides), ou on le choisit sur catalogue (pour mon aînée), en tentant d’être original (mais toujours classieux) pour le texte.

Maintenant, les futurs mariés ou parents ont bien de la chance, puisqu’ils peuvent choisir leur faire-part sans bouger de leur canapé, sur catalogue, et décider du degré de personnalisation et de DIY (= degré d’habileté manuelle nécessaire à la confection de petits noeuds élégants ou au collage de washi-tape sur les enveloppes) selon leurs envies.

Pour cela, le site Mon Faire-Part est à leur disposition, avec des milliers de modèles, du plus original au plus classique, du plus simple au plus kitsch, carré, rectangle ou en hauteur, avec ou sans photo, le choix entre plusieurs polices de caractères ou coloris… Attention, le site fait un peu mal aux yeux de prime abord, mais en utilisant les filtres on trouve des choses tout à fait charmantes.

Voici une petite sélection de faire-part naissance assez choupis (mais point suffisants pour me convaincre d’en faire un petit dernier pour la route quand même):

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et quelques coups de cœur côté mariage. (Par contre, personnellement, je virerais les petits nœuds.) (J’ai les doigts boudinés.)

 

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Dis moi comment tu dors

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Ultime fait ses nuits. Les siennes, pas tout à fait les miennes. Pas tout à fait celles de sa sœur, dont elle partage la chambre, non plus. Le soir, dans son lit, elle discute. Elle raconte sa vie à ses doudous. Elle lit des livres dans le noir. Elle se met à poil. Elle râle parce qu’elle s’emmêle en remettant le pantalon. Elle cherche doudou en l’appelant comme une chatte ses petits. Tout cela est très mignon, j’en conviens, mais un poil épuisant. Le matin, elle sonne le clairon à des heures que la décence m’interdit de mentionner. Entre deux, elle dort, le plus souvent, c’est déjà ça.

Mais je crois que le jour où elle aura sa chambre triple isolation phonique, ça sera la fête pour tout le monde. Comme pour les autres, on lui choisira des meubles sobres et intemporels, des coloris doux et propices au sommeil paisible… de toute la maisonnée.

Emob est une boutique en ligne spécialisée dans le mobilier et la décoration de chambres de bébés et d’enfants. Emob propose une collection originale issue de fabricants européens renommés. On y trouve du classique, mais aussi du plus ludique, des lits et matelas, du linge de lit, des armoires, des bibliothèques, des tables à langer, des chaises hautes,  Tous les meubles sont fabriqués en matériaux durables et conçus selon les normes de sécurité européennes.

 

 

Emob propose aussi une large gamme de jeux d’extérieur : trampolines, maisonnettes, châteaux gonflables, voitures à pédales,… En attendant d’offrir son lit de grande à Ultime dans sa cellule capitonnée, je craque complètement sur le jeu Puissance 4 version jardin – et aussi un peu sur le Triker Rocker Fire j’avoue (même s’il paraît que j’ai passé l’âge).

 

 

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Tout cet or dans nos yeux

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Il est de ces journées d’automne où le temps semble s’arrêter, comme suspendu à un rayon de soleil se frayant un chemin au travers des feuilles qui se parent d’or. Ces jours-là il est bon d’arrêter la voiture également et de voler quelques instants à la vie qui court, aux horaires, aux rendez-vous, aux paniers de linge qui attendent, même si on a oublié nos bottes, qu’importe un peu de boue le bruit des feuilles mortes est si joli, comment la mort peut-elle être si pleine de vie?

Il sera bon les matins de brouillard et les soirs de gris de se souvenir de ces notes qui emplirent la forêt quand elle sortit sa flûte et se percha sur une souche, tandis que la petite dansait à côté d’elle; de sa course par dessus les flaques, elle semblait voler ma chenille se transformant ces jours en papillon.

Il est de ces jours où un simple rayon de soleil suffit à réchauffer corps et âmes et où la sérénité des arbres centenaires envahit nos esprits, signant la trêve, pour quelques jours, pour quelques heures.

Reprendre ensuite le cours de nos vies nous sembla moins lourd, riches de tout cet or dans nos yeux, trente minutes seulement, trente minutes c’est aussi tellement.

 

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Et puis ce fut l’automne

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Elle m’a demandé un cache-oreilles et j’ai souri – les modes ne sont qu’un éternel recommencement.

Sur le cahier ses doigts courent maintenant sous les syllabes, ne butant que rarement.

Au jardin j ’ai récolté les dernières courgettes, découvert que les framboises avaient profité de cette douceur étonnante, et gardé ce secret pour moi, pour une fois, avant de rendre le carré de potager à la nature (et aux limaces).

On ferme désormais les volets chaque soir et les mésanges toquent du bec à la fenêtre de la cuisine quand elles ne trouvent pas leur ration de graines.

Une dernière balade au soleil du dimanche après-midi qui nous fait enlever les manteaux emportés sans savoir pourquoi, quelques pas dans la forêts avant de rebrousser chemin, déçus, les chasseurs nous ont précédés.

Nous nous sommes précipités dehors quand nous avons entendu les cris, les grues nous ont salués, elle a eu six ans et puis ce fut l’automne, qui chez nous ressemble singulièrement à l’hiver.

Elle m’a demandé un cache-oreilles, j’ai souri, et j’ai promis d’en chercher un.

Et sourire dans la nuit

Rien à voir avec le texte mais la forêt est si jolie en ce moment.

 

J’avais presque oublié comment c’était, d’en avoir envie. Entre petit confort et faux prétextes, on a vite fait de préférer les chaussons en pilou – et de s’y trouver bien.

J’avais presque oublié comment c’était, avant, la jeunesse, la liberté, le grain de folie.

J’avais presque oublié comment c’était, après une journée de labeur familial et ménager, de trouver le courage de se recoiffer, de mettre du bleu sur mes yeux, du vert sur mes ongles, un peu de parfum, et de voir son regard pétiller.

J’avais presque oublié comment c’était, de fermer la porte derrière nous, de dire soyez sages surtout, et de grimper dans la voiture comme avant, quand on avait moins d’années et moins d’enfants.

J’avais preque oublié comment c’était, de sentir sa main dans mon dos, ses yeux dans les miens, nos rires sans les leurs, nos voix chuchotées, complices et irrévérencieuses un peu. Nos verres à l’amitié de ceux qui nous rejoignent. La musique enfin, qui doucement nous gagne, un clin d’oeil, nos chaises repoussées et la piste de danse, encore sage à cette heure.

J’avais presque oublié comment c’était, sa main qui me guide et nos pas qui s’accordent sans même y penser.

J’avais presque oublié comment c’était, lâcher prise, tout oublier, chanter à tue-tête et danser, danser, danser encore jusqu’à ce que la musique s’arrête, et les lumières se rallument.

Alors seulement rentrer, faire le tour des chambres pour distribuer les baisers sur les fronts endormis. sourire dans la nuit et se coucher, épuisés et heureux.

J’avais presque oublié, mais aimer et danser ne s’oublient jamais.