Fashion It Box (et des cadeaux)

Je n’aime pas trop les surprises.

Bon, en fait, si, si je suis épilée-manucurée-coiffée-bien habillée, je veux bien qu’on m’emmène par surprise aux Maldives. Bon, ok, pour les Maldives, je veux bien y aller sans conditions. Disons que les copains qui t’attendent dans le salon pour crier "youhou, surprise, bon anniversaire!" alors que tu rentres l’oeil morne et le cheveu raplapla d’une longue journée de labeur, c’est un peu mon cauchemar. Un peu comme le jour où je terminais de tondre la pelouse et que le Jules m’a dit "Surprise, j’ai coupé l’eau, la douche ça va pas être possible". Je l’ai mal pris: j’avais rendez-vous pour une échographie une heure après.

 

 

Bref, le concept des box avec leurs surprises dedans, c’est pas trop mon truc. Alors quand Alexia m’a proposé de découvrir sa toute nouvelle Fashion It Box, la première box alliant mode et beauté, j’ai dit je passe mon tour, merci, mais je suis sûre qu’il y a plein de gens qui adorent les surprises ici.

 

 

♣ Dans la Fashion It Box y a quoi dedans?
une robe, un accessoire de mode, un accessoire cheveux, un cosmétique, un cadeau et un magazine de 12 pages. Bien sûr, je personnalise ma box selon ma taille, mon style et mes envies.

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♣ La Fashion It Box elle coûte combien?
29,90 euros frais de port inclus.

 

♣ On aime les surprises, mais on veut voir quand même!
On peut avoir un aperçu des produits phares sur la boutique.

 

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♣ Et ces cadeaux, alors?

Il y en a trois en jeu (trois gagnants, donc): une Fashion It Box complète, un headband, et un serre-tête.

Pour gagner, tu me racontes en commentaire une histoire de surprise (réussie ou foirée, qu’on rigole) ou tu me mets le lien de ton article préféré parmi les produits phares de la Fashion It Box. Ou les deux. Clôture du jeu le lundi 21 avril, 20 heures (Paris).

 

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Vingt mille lieues sous l’amer

Chouette, d’ici trois ans, mes filles, si elles le souhaitent, pourront être sous-mariniers. (Sous-marinières, ça fait un peu moule de basse qualité, on va éviter.)

Chouette, d’ici pas longtemps, peut-être même tout de suite, le harcèlement sexuel, ainsi que les violences du même style, seront, en gros, traitées avec plus d’égards pour la victime qu’actuellement.

Je n’aime pas trop l’armée. En soi. Je suis pour la paix et contre la guerre, c’est mon côté Miss France. Mais enfin, on va dire que l’armée ne fait pas que la guerre. Et que bon sang, il est un peu temps que ces métiers qui ne sont pas plus réservés aux hommes que celui de garagiste ou de maçon ou même de pompier, tolèrent que nous y mettions nos soutifs.

Il était où le problème des sous-marins? Ah oui, la tentation pour les hommes, lors des longues missions dans les sombres abysses. Tiens, si on y va en burqa, ils nous feront une petite place sur l’étagère pour un flacon de vernis à ongles? Reste à convaincre leurs compagnes qu’à vingt mille lieues sous les mers, comme à des kilomètres de la Terre, on peut aussi songer à travailler et pas qu’à tâter du pompon rouge. Comme eux. Tout simplement.

 

L’impatiente

Elle a couru vers son père dès qu’elle l’a aperçu dans l’encadrement de la porte et s’est jetée dans ses bras. Elle était si fière. Il était si fier. Il a signé la décharge, puis ils sont sortis main dans la main. Elle a cligné des yeux sous le soleil, le vent était frais encore.

 

La musique médicale, c’est quand la fermière regarde si on peut aller au CP, avait-elle déclaré un soir de grosse fatigue.

 

L’infirmière n’était plus toute jeune, et pourtant, elle l’a trouvée très belle : elle avait de longs cheveux blonds, comme elle, et puis elle avait du bleu sur ses yeux. Les yeux de cinq ans sont de magnifiques lunettes roses pour les adultes.

Elle s’est pliée de bonne grâce aux examens. Des jeux, des dessins, des questions, la colonne vertébrale, la latéralisation. Les vaccins, le vocabulaire, les oreilles, les yeux. Le pouce qu’elle suce un peu trop encore, dernier bastion d’enfance.

Mon bébé d’hier encore est donc apte au CP.

Dans son lit, le soir, son index gauche court sur la feuille blanche où elle a exigé qu’il lui écrive les syllabes, et inlassablement, elle répète : la, le li, lo, lu, da, de, di, do, du, ra, re, ri, ro, ru,…

Bientôt. Une question de jours.

Elle ne peut, elle ne veut plus attendre.

Lire.

Grandir.

 

Le départ

Je rêvais de liberté

Et puis j’eus treize ans, et puis je n’en voulus plus de ces coupes au carré toutes droites, avec la frange coupée courte. Sans doute avais-je aussi abandonné le short en éponge? Je ne m’en souviens plus. Que portait-on l’été 1988?

J’avais gardé les espadrilles, ça je m’en souviens tès bien. Et de mes pieds bicolores, aussi, quand je les enlevais: bronzés sur le dessus, les orteils tout blancs.

Cet été-là, j’avais d’autres plans. Au bout de semaines entières de négociations, j’obtins pour la première fois de ma vie d’aller chez le coiffeur. J’ai coupé, pour la première fois de ma vie également, mes cheveux très courts. J’avais treize ans, j’étais plate comme une limande, je rêvais que j’étais un garçon parce que les garçons sont plus libres, mes cheveux s’éparpillèrent sur le sol et moi je me sentis légére, légère. Libre!

J’entends encore mon pas sur le gravier de l’allée, ma mère à mes côtés. Nous marchions vers la voiture où mon père nous attendait. J’ouvris la portière, le sourire insolent de cette vie qui s’ouvrait devant moi se figea sur mes lèvres au moment où il prononça ces trois mots, implacables:

 

T’es laide.

 

Ma mère retint mon mouvement. Pour la première fois de ma vie encore, je la vis se rebeller. Je n’entrai pas dans la voiture, et nous rentrâmes à pied. J’eus tout le temps de pleurer mon rêve de liberté sur le chemin du retour.

J’ai attendu onze ans avant de couper mes cheveux à nouveau. Rebellion. Enfin. Liberté.

 

Photo Alicia Bock

Photo Alicia Bock

 

 

Comme la mémoire joue avec nos vies

Chaque année, c’était le même rituel. Dès le cartable une dernière fois jeté dans l’entrée, le 30 juin, immuablement, je courais me changer. Un débardeur, un short en éponge et des espadrilles, je ne quitterais pas cet uniforme pendant deux mois, si tout allait bien.

Je m’installais ensuite sous la véranda, tournée vers le jardin, tout près de la table ou ma mère avait installé son matériel. Alors mes cheveux châtains tombaient en longues mèches sur le sol. Un carré court et droit, toujours, chaque été. La frange courte, elle aussi.

Adieu pinces et élastiques, adieu les nœuds, adieu les ondulations, adieu les contraintes.

Alors les vacances pouvaient commencer pour de vrai. Dans mes souvenirs, ma mère ne tardait pas ensuite à faire les bagages, étalant sur le grand lit les vêtements soigneusement comptés et pliés de toute la famille, avant de les faire rentrer comme par magie dans deux minuscules valises – elle excellait à cet art, je la regardais toujours, fascinée.

En réalité, il se passait souvent plus d’un mois entre ces deux événements. C’est amusant comme la mémoire joue avec nos vies.

Samedi, la Collégienne est allée seule chez le coiffeur. Bientôt, nous ferons les valises pour notre escapade annuelle sans le Jules. Dira-t-elle plus tard qu’elle se coupait les cheveux avant de partir en vacances avec sa mère et ses frère et soeurs ?

 

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La jolie photo d’ Alicia Bock provient, qu’elle me pardonne, du tout aussi joli blog de Fanny Grangier.

 

A l’aube tes cheveux blonds

Il n’est pas encore seize heures et j’ai déjà fini mon goûter.

Ce matin la bonne humeur et les instants volés, le dernier baiser dans l’entrée de l’école, et le clin d’œil pour celui qui n’en veut plus, devant les copains.

A l’aube sur la brosse à cheveux, des blonds et des  châtains entremêlés.

Hier soir une tarte meringuée à la mirabelle à quatre mains et six bouches heureuses, avant le contrôle de la valise, déjà prête, elle n’a plus besoin de moi, alors les échanges pour de rien, assises sur le sol moutonneux de sa chambre.

Hier après-midi il arrose les semis qu’il vient de m’aider à faire.

Hier midi mangera-t-on dehors et puis finalement non, pourtant.

Dans la nuit je suis rentrée, elles ont ouvert les yeux et tendu les bras pour m’enlacer.

Le métro, la foule, le train, la voiture, la campagne, maison, douce maison.

Les amies, les gourmandises, les bulles, les rires, les confidences, les joues rosies et les sourires niais, le vernis et la dame qui me demande si je ne fais jamais de manucures. Les enfants choupis.

Le soleil, la promenade, la découverte, ce n’est pas la saison des tomates mais bien du monstre Granouille, le bœuf au basilic et les liserons d’eau, les éclats d’or dans les yeux ces merveilles, se quitter mais pourquoi si vite.

Le train, les pages du livre et les larmes, promis, juré, plus jamais sans toi, on donnerait tout pour sécher des larmes de cinq ans, fussent-elles de crocodile.

Les joues chaudes et roses comme des pommes d’amour au quitté de la peau d’agneau.

La photo est de Louise ♥

L’envol du héron

 

Je lis en ce moment L’envol du héron, de Katharina Hagena. J’avais profondément aimé Le goût des pépins de pommes, son précédent opus,  sans doute pour cela ai-je voulu persévérer malgré les cinquante premières pages qui m’ont laissée de marbre, étrangère.

Et soudain, page 66, ces quelques phrases, que je pose ici pour mon amie C., parce que mes mots ne suffisent pas. ♥

 

Je craignais aussi ce monde subaquatique dans lequel on s’enfonce pendant la grossesse et d’où l’on ne ressort plus pendant des années. Tout est atténué, sons, couleurs, odeurs, tous les gestes sont ralentis par la résistance de l’eau. Comme si l’on vivait avec son enfant dans une gigantesque poche des eaux. Le retour à la surface est douloureux, on a les poumons qui manquent d’exploser, le soleil vous éblouit, les bruits vous déchirent les tympans et l’on est saisi de vertige.

 

Page 118, une autre clé, pour nous, mères, face à l’adolescence de nos filles.

 

L’astuce consiste à mettre à profit le fait que la situation pourrait être ou devenir encore pire au lieu de le retourner contre soi. Je n’y arrive pas toujours.

 

C’est clair, limpide, évident. A se répéter face à la dernière porte qui vient de claquer.

 

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L’envol du héron, Katharina Hagena, Editions Anne Carrière

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