Les jolies colonies de vacances #2

La saga sociologique hautement passionnante (si.) de l’été continue, si tu as manqué le début et que tu veux savoir comment faire tes bagages, c’est .

Chapitre 2: le voyage

 

Aujourd’hui nous abordons le délicat sujet du voyage, avec tout le sérieux que demande cette étude scientifique de qualité, en prenant pour postulat que tu pars en voiture, parce que j’ai décidé.

1. Le départ de nuit

 

La fixation de l’heure du départ a donné lieu à des négociations houleuses à base de rapport entre heures de sommeil des parents dans leur pieu et heures de sommeil des morveux dans la voiture.

 

 

Donc si t’as décidé de partir de nuit, tout le monde pionce profondément à l’heure du départ, sauf toi qui n’a pas fermé l’œil – le stress et le check mental du chargement dont tu as alourdi ta caisse la veille. C’est con, Chéwi a rangé l’eau et les lingettes tout en dessous, rapport qu’il y avait juste un petit trou là, tout au fond.

Tu secoues Chéwi et lui prépares son intraveineuse de kawa. Tu négocies avec les gamins: oui, ils ont le droit d’emmener des doudous, mais que deux par personne. Nan, pas l’éléphant grandeur nature.

En voulant réveiller la petite dernière à la tour dernière minute pour pas qu’elle chouine, tu manques de l’oublier dans son lit. Heureusement que ta grande y a pensé, et tu fais donc ton premier demi-tour en bas de ta rue.

Chaque année c’est pareil, et chaque année tu te retrouves avec la voix nasillarde de cette connasse de  Dora qui te hurle dans les oreilles à 5h du matin sur les DVD embarqués, rapport que tes grands principes éducatifs, tu t’assois dessus, et encore, avec une valise par-dessus, pourvu qu’ils la ferment. Tu leur as aussi filé le paquet de bonbons annuel en guise de petit dej, prenant ainsi de grands risques sur la suite de la journée.

Pour tenter de pas les réveiller complètement, tu laisses tes mômes en pyjama. Vu qu’il n’y a personne en route, tu arrives avec cinq heures d’avance sur ta prise de location, et tu investis la première boulangerie avec salon de thé pour changer ta marmaille. A sept heures du matin, c’est blindé de monde. Tu mets les gamins à poil, avant de te rappeler que tu as oublié le sac avec les affaires de rechange sur la table de la cuisine, où tu avais pensé rajouter le reste du pain juste avant de partir… Tu remets les mômes en pyjama, et tu t’en vas tenter de trouver un truc à faire avec une voiture blindée de bagages et des morpions surexcités, en attendant que ton deux-pièces-tête-du-canapé-lit-dans-la-machine-à-laver-à-what-mille-boules (le deux pièces pas la machine à laver) se libère.

2. Le départ de jour

 

Variante amusante du départ de nuit réservée aux aventuriers, tu peux te brosser pour que tes mômes dorment. T’es pas encore à l’autoroute que le gamin a déjà vomi, et toi maudit Chéwi qui a rangé la trousse à pharmacie avec le Nausicalm, ainsi que les lingettes, dans le compartiment de la roue de secours, qu’il a laissée à la maison parce qu’elle prenait trop de place. Comme t’es pas encore loin tu fais demi-tour pour changer le gamin, laver les sièges, les couvrir d’une nappe en plastique, vaporiser du spray anti-odeurs dans tout l’habitacle (c’est pratique : du coup, la mouche super énervante crève d’un coup, et tes mômes sont subitement nettement moins en forme) et emporter une réserve de sacs plastiques. Comme il n’est pas contrariant ce petit, il ne vomit plus.

3. L’autoroute

 

Ayant réglé le problème de l’agitation du siège arrière à base de sucres rapides, de niaiseries américaines et d’une bonne gueulante parce que merde, non on n’est pas bientôt arrivés, non on ne s’arrête pas pour faire pipi fallait y passer avant, et vous allez vous calmer parce qu’ici on n’est pas dans une salle de jeu, si vous continuez on va avoir un accident et on va tous MOURIR, tu te cales dans ton siège et tente de mettre ton esprit en mode vacances en soupirant d’aise dès la barrière du premier péage passé.

Vu que t’étais tournée vers l’arrière à gueuler, t’as pas remarqué que Chéwi a doublé toute la file d’attente de trois kilomètres du péage grâce à son biiiiip télépéage, et d’un coup ton sourire se fige quand tu ouvres les yeux pour voir pourquoi il n’accélère pas après le passage de la barrière.

 

 

Ah quand même. Y a environ douze millions d’abrutis qui ont eu la même excellente idée que toi, pour l’heure du départ. Y compris ceux qui n’ont que deux heures de route, mais que les bouchons font kiffer. Tu te dis que tu mimerais bien un accouchement imminent, un attentat à la bombe, tu sais pas mais tu réfléchis, quand soudain tu es interrompu par le bruit caractéristique d’un remplissage de couche à gaz mortifère.

Comme de toute façon t’es déjà à l’arrêt, tu fais passer le puant à l’avant, et tu entreprends de le changer sur tes genoux, sous les hurlements dégoûtés des autres passagers. Tu t’octroies un diplôme de supermaman, parce que tu n’as laissé qu’une toute petite trace sur le siège (et une autre sur ton tish, mais c’est pas grave, hein, il passera en machine au retour dans 15 jours ! Puis c’est bien, ça se confond dans le décor jungle, ça tombe bien, comme t’as emmené que 4 tishs pour pas prendre trop de place pour pouvoir caser le micro-ondes (spéciale dédicace à Lola.))

4. Le pique nique

 

Au bout de sept heures de route et environ 200 kilomètres, tu cèdes enfin aux revendications de ta marmaille – et, il faut bien le dire, à celles de ton estomac, aussi.

T’avais pensé faire des sandwiches, tu AS fait des sandwiches, mais c’est con, ils sont restés dans le frigo, dans la précipitation du départ.

Donc t’achètes des trucs dégueu que tu sais pas si c’est du carton, mais du carton doublé d’or alors, vu le prix. Et la file d’attente digne de la Russie de 1985.

Tu récupères ton gamin qui a vomi son déjeuner (l’or, sans doute) dans le minable château gonfalble de l’aire d’autoroute, tu éponges le sang qui coule de son front (une rencontre avec un copain d’infortune), tu rachètes une provision de bonbons à prix d’or (encore !) pour la route, tu laisses ta contribution aux toilettes puantes après avoir fait la file une heure et demie, et tu reprends la route, persuadée de sentir déjà l’air de la mer. Chéwi te dit que c’est à cause de la benne à ordures du poissonnier qui macère un peu, là, juste en bordure d’autoroute, mais tu ne te laisses pas gâcher ta joie pour si peu.

Dans douze heures, si tout va bien, les vacances commenceront vraiment. Enfin, si la dépanneuse arrive à passer pour te rejoindre sur la bande d’arrêt d’urgence, rapport au radiateur qui a pas aimé la canicule, comme d’ailleurs celui de deux mille de tes compagnons d’infortune…

 

 

T’en profites pour faire une superbe analyse hautement sociologique de la population autoroutière qui défile devant tes yeux comme des bœufs, mais si tu veux bien ce sera pour demain, c’est que c’est les vacances et faudrait pas que je me fatigue les phalanges, non plus !

Les commentaires

mary

Pour tes prochains billet hautement odorifère tu serais bien aimable d’indiquer en première ligne que ce billet est fortement déconseillé aux femmes enceintes nausséuses. Mon estomac et les toilettes de mon bureau t’en seront éternellement reconnaisant.

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VGD75

J’ai pas de voiture. Et je ne m’en plains pas. Encore moins après avoir lu ton article… Finalement, je suis bien moi dans mon bureau surchauffé!

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Poulette Dodue

Ton analyse siciologique est à la pointe du doctorat !!
Notre périple : bouchons que l’on réussit a eviter rapport qu’on passe par des tites routes ,c’est pas plus rapide mais au moins c’est joli, buccholique et on peut pic-niquer (avec les sandwitch home made !)au bord d’un lac !
Ce doux billet me rappelle une scie de Dorothée sur les trajets des vacances !! Pirée mes ref sont craignos VGD va me black-listé !

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VGD75

A part la valise, je ne crois pas me souvenir d’aucune chanson de Dorothée (en même temps, ça ne me manque pas)

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Miss Cz

partir de nuit même pas peur on est des warriors et …. faire une pause de ..heures sur une aire d’autoroute tellement on est décalqué

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Béatrice

Vive Autoroute Info (107.7), qui te raconte les bouchons minute par minute !!!
Et puis vive les petites routes aussi 😉

Moi j’adore l’autoroute, le café de la machine, le pique nique sur une aire en plein soleil (ou à l’ombre d’un camion) !!!

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Bismarck

107.7? Tu parles!
Le bouchon monstre de Saint-Arnould en Yvelines, en janvier 2003, j’étais en plein dedans, coincée des heures et RIEN sur Autoroute FM, qui avait même annoncé une amélioration!
Idem pour la voiture qui cramait du côté d’Arles l’été suivant: c’est en la dépassant que nous avons compris ce qui se passait, et pourtant, mon pilote zappe toujours sur 107.7 au moindre ralentissement…

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Béatrice

Ahhh …. Jamais eu de problèmes nous !!!
Faut dire que les bouchons sur l’A36, y’en a pas des masses !!! Et qu’on sort de l’autoroute avant Lyon en général 😉

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eddie

ah ouééé… moi, c’est demain que j’enfourche la familliale pour faire 1200 bornes et me lester de 5 monstres : une qui est avec nous, deux qu’on récupère au vol sur la route, et deux tout au loin dans l’est… youpi, puis retour avec les 5, reparti pour 1200 km… heureusement, on est à contressens des vacanciers, et sur un trajet peu commun, donc jamais de bouchon !

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Cathy B

Jusqu’à aujourd’hui nos enfants dormaient en voiture, une bonne partie du voyage et ne vomissaient pas.
La nuit de vendredi à samedi, nous prenons l’autoroute pour 6 heures, et vu ce que tu écris 6 longues heures, direction l’océan.
Je te raconte au retour…

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Mimine

Extra ce post et tellement vrai, tu devrais écrire pour Voici ou Gala ! C’est que du bonheur …
T’as reçu ma carte postale ?
Bises
Mimine

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Lola

C’est très souvent qu’on part de nuit avec les 3 trolls (on ne peut plus emmener le micro-ondes, quelle tristesse, y’a trop de mouflets ;-)), mais plutôt ambiance 21h – 2h du matin que lever à 4 ou 5h, ça, mon homme et moi, on n’y arrive pas (on est du soir, pas du matin).
Et le bon plan maintenant, c’est l’escale à mi-chemin ou pas trop loin du point d’arrivée, idéalement dans la famille (qui gère les trolls au matin pendant qu’on finit de comater de la route).
Cette année, on descend de Paris à Béziers, même avec les lecteurs DVD dans la voiture, ça fait un long trajet pour les monstres (et pour leur mère qui héberge en plus un haricot de 3 mois)… alors on descend en 3 fois… ça permet de rendre visite à la famille, à des amis (seront p’tet moins ravis APRES l’invasion)… et de faire la route en dehors des WE (merci les RTT – profitons-en tant qu’il y en a encore).
Et je confirme que 107.7, c’est trop nul, ça indique des bouchons qu’il n’y a pas, pas du tout ceux dans lesquels on vient de tomber… et ça passe une musique de daube entre 2 récits stressant de calvaire virtuel.

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