Bouge!

Tout à l’heure, alors que je faisais dans ma caisse (qui sent le fromage bien fait depuis quelques jours sans que je puisse, malgré des recherches intensives, identifier l’origine de ce fumet désagréable: ni un biberon fermenté, ni un Saint-Marcellin oublié lors des dernières courses, ni une vieille Converse qui aurait glissé sous le siège, ni un hareng qui aurait perdu ses pommes en route, rien) quelques exercices faciaux visant illusoirement à tenter d’effacer ma ride du lion pour faire passer le temps dans les bouchons sans être tentée de me curer le nez comme mes voisins d’infortune, j’entendais je ne sais quelle radio pérorer sur la semaine de la mobilité.

Alors là je me marre.

C’est que je voudrais bien, moi, prendre les transports publics.

Oh que oui que j’aimerais partager la mauvaise haleine du matin, la transpiration du soir, les microbes et les conversations affligeantes de mes concitoyens à toute heure. Je suis sûre que ça me donnerait par ailleurs une sacrée matière à te faire marrer un coup. Je pourrais m’endormir la bouche ouverte, un filet de bave coulant de mon menton sur l’épaule de mon voisin qui n’oserait pas moufter. Je pourrais lire des pages et des pages de cette littérature qui me manque tant.

Sauf que pour ça il faudrait que je fasse trente kilomètres tout de même dans ma caisse parfumée au roquefort pour atteindre la première gare digne de ce nom, après avoir emmené les enfants chez la nounou, peu avant six heures du matin. Je devrais sans doute me garer à environ vingt minutes à pied, rapport que le parking doit pouvoir contenir trois smarts et demie les jours d’abondance.

Oh, je suis mauvaise langue. Je pourrais y aller en bus, il doit y en avoir deux par jour qui s’arrêtent à un kilomètre de la maison. Un le matin vers six heures pour l’aller, un le soir vers vingt heures pour le retour. Ah, vérification faite, le fameux bus va vers l’autre ville, à l’opposé. Bien.

Donc je ferais une grosse demi-heure de train, en admettant qu’il ne soit ni en retard, ni en grève, ni trop bondé pour que je puisse y rentrer le bout d’un escarpin. Je courrais alors vers les quais de bus, et je partagerais d’autres moments exaltants avec d’autres tas de gens blafards et mal lunés. Une demi-heure, qui passerait pas trop lentement, entre la lecture d’un quotidien gratuit, l’écoute discrète des conversations de lycéens boutonneux qui me feraient bien marrer, et les coups de freins intempestifs du chauffeur psychopathe. Les jours de beau temps, j’emprunterais sans doute un de ces vélos de location au nom ridicule, en tirant sur ma jupe que le vent ferait s’envoler dans les côtes.

J’arriverais sans doute au boulot fraîche comme une rose, au bout de près de deux heures de trajet, à réitérer le soir dans l’autre sens.

Ce serait formidable.

C’est juste que mes journées ne font que vingt-quatre heures.

Les commentaires

Béatrice

On est bien d’accord, la mobilité dans la cambrouse, c’est tracteur, vélo, scooter ou voiture …… 😉
Bon courage pour aujourd’hui …… Bises

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Béatrice

J’ai vu que j’étais prem’s …..
C’est super gentil, j’aime bien vous lire en essayant de ne pas répandre mon thé du matin sur le clavier et l’écran de l’ordi 😉

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Miss Cz

y’a aussi et malheureusement les gens qui sentent la transpiration dès le matin…

pour l’odeur : peut être un mulot mort dans ta voiture, regarde dessous
non ce n’est pas idiot comme idée, c’est du vécu…

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bbflo

Bien d’accord avec toi, il est peut-être facile d’utiliser les transports en commun en ville, mais en Province, c’est tout de suite plus sportif !
Quant à l’odeur dans la bagnole… moi je cherchais un truc qui sentait « bizarre » dans le salon et j’ai trouvé (à paraître prochainement sur mon blog !)

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Mary

La mobilité c’est un concept de parisien… Moi qui n’ait que 10 kilomètres du taff je devrais me les taper soit à pied soit à vélo avec au choix une grande cote au départ et une grande descente à l’arrivée ou pour le retour une grande cote au départ et une grande descente à l’arrivée

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Lola

Dans leur plan mobilité, ils feraient mieux de pousser les mentalités à évoluer pour une meilleure acceptation (côté employeurs) du télétravail. Parce que le plan le plus fluide de mobilité, c’est quand même celui qui ne t’oblige pas à prendre ni ta caisse ni le métro ni le bus, mais tes tongs pour aller de la cuisine au salon…
Mais chez beaucoup d’employeurs franchouillards, télétravail, c’est téléglande, soit payer la personne à ne rien faire (parce que c’est sûr que les piliers de machines à café sont méga productifs…)
Une bouteille de lait qui s’est renversée, un yaourt qui a explosé ? (et dans les 2 cas, imbibé un tapis quelconque) il y a plein de trucs qui ne laissent pas trop de traces visibles mais qui peuvent puer grave et longtemps… les laitages sont champions pour ça !

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Poulette Dodue

Je plussoie les coms des pinecos ! C’e’st un truc de citadin sans trolls !
Ben moi je pourrais combiné éventuellement mi-voiture mi-transports..Mais QUAND je fais mes courses pour nourrir ma millfa ?? COMMENT j’amène l’un par-ci l’autre par là? QUOI dire au taf des retards récurents en train , bus ..
HEIN ????!!!

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Bloody Mary

Tu sais je suis sensé avoir 45 min de RER, ces temps si je mets 1h30 🙁

J’irais en tracteur comme dis Béa je mettrais moins longtemps 😉

Et puis une voiture c’est mobile non ?

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Valérie

Désolée, je bloque sur le « je faisais dans ma caisse… qui sent le fromage » et je suis morte de rire, je t’ai imaginée accroupie au dessus de la litière du chat avant de lire la suite de la phrase et de reconnecter mon mononeurone avec lui-même 😀

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Bismarck

Ah ben tiens, j’ai décrispé les sourcils juste en arrivant sur ta ride du lion, c’est gentil de m’y faire penser.
Les transports en commun, comme dit Mary, c’est un truc de Parisiens. Quand j’habitais là-bas, je n’avais pas de voiture. Et puis, j’ai été nommée sur deux établissements de banlieue d’une préfecture relativement bien desservie, et j’aurais dû repasser par le centre-ville, à condition que les horaires correspondent, pour faire le trajet de l’un à l’autre. Ici, la préfecture est à une quinzaine de kilomètres, et le bus ne passe même pas au bourg.
Alors je suis déjà bien contente de pouvoir emmener mes enfants à pied à l’école et chez la nounou…

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La Fille aux yeux couleur menthe à l'eau

Moi aussi je suis toujours en train de froncer les sourcils. Du coup en voiture, je m’applique à écarquiller les yeux pour détendre tout ça. Après tu m’étonnes qu’il faut que je sois seule dans ma voiture! 😉 (parce que oui, le covoiturage j’ai fait, pendant deux ans)

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alorom

« un mulot mort » nous dit notre toute récente démouleuse Miss Cz, donc un petit pigeon!! Je te rappelle que ces volatiles aiment à se vider dans ta caisse!!:D
Oui c’est extrêmement capillotracté, suis naze!:D

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Didier

C’est pas dans cette voiture que la petite a été malade pendant le voyage des vacances ????? car là, c’est que c’est incrusté dans les sièges, et tu vas avoir du mal 😛

Les transports en commun dans les grandes villes oui, ailleurs, même pas la peine d’y penser une seconde……….

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Mlle toutouille

Quand on aime la planète on se lève a 5 heure, on marche jusque la gare, et on rentre a 23 heures, et c’est tout (je t’offre mon pardon si tu me dis quels exercices m’empêcheront d’avoir une ride du lion carabinée)

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La Fille aux yeux couleur menthe à l'eau

Bienvenue!
Moi j’écarquille les yeux en levant les sourcils façon lifting sans chirurgie pour lisser tout ça. Ca me fait une tronche de lémurien mais ça me fait marrer quand je pense que le type de devant jette peut-être un oeil dans son rétro en se demandant ce que j’ai vu sur l’arrière de sa caisse pour faire une tête pareille. M’en faut pas beaucoup pour rigoler…

(t’es sûre? C’est que la gare elle est à 30 bornes…)

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As de Trêfle

Moi aussi j’pourrai prendre le bus, dans les bouchons, puis le RER, qui s’arrête une fois sur 2, puis le métro, puis marcher. Quand je le fais c’est la loose absolue, t’es coincée, debout, ça pue, et arrêtée au milieu de la voie pour X temps. On n’est pas des boeufs, on n’est des clients!
Alors je préfère risquer de mourir 4 fois à l’aller et 4 fois au retour, sur mon scooter au milieu de rond-points englués par des automobilistes tellement hors d’eux qu’ils en ont de la bave au menton.
Hier une bagnole m’est rentrée dedans…
Un copain de rond-point aussi, m’a dit: « C’est pas possible, ils veulent nous empêcher d’aller bosser…. » Et il a raison.
Ces jours-ci, je sais plus. Juste que c’est pas possible…

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Zette

Bon, j’en rajoute pas une petite louchette, si ce n’est que quand j’ai lu « je faisais dans ma caisse », je me suis demandée où tu voulais réellement en venir 😀

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Nanette

Je ne pourrais plus vivre sans ma vieille 106… Qui sent également le fromage pour cause de pare-brise qui fuit (donc humidité, donc odeur de chaussette).

Je pourrais aller bosser en RER, je mettrai plus de temps… mais j’veux pas ! J’ai besoin de ma musique, de ma solitude du matin…

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Philippe

Moi, je suis fan du vélo et des bus, mais là où j’habite, y’en a plein, alors c’est trop facile. Quand on habite la campagne, faut reconnaître que c’est pas pareil.

Très sympa ce blog sinon, j’aime beaucoup.

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Mag

25 minutes de train et autant de retour, assise avec mon bouquin, pour rien au monde je ne prendrais la voiture mais je suis en région parisienne. J’ai mis presque 10 ans pour trouver un taf qui ne soit pas à 1h30 de mon chez moi. J’avoue j’ai en partie chercher ce boulot en fonction de l’emplacement, sinon c’est inhumain.
Une chose me fait bien marrer quand même dans cette campagne c’est que les transports en commun en Ile de France ont énormément de mal à s’adapter au nombre toujours plus grand de voyageur et en contrepartie, tout ce qui n’est pas rentable en province n’est pas maintenu….Ceci dit nous ne sommes pas à un paradoxe prêt.

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