Tout ne va pas si mal, finalement…

Ce soir-là, alors que je rentrais d’une journée de travail comme les autres, c’est à dire pourrie et éreintante, je trébuchai à peine le seuil passé sur les sacs de piscine abandonnés par les enfants au milieu de l’entrée. Je pestai intérieurement sur le chemin à parcourir jusqu’à la buanderie, qui n’était pas si long, ni infranchissable pour deux paires de jambes de moins de dix ans.

Je fis ce chemin moi-même, un sac dans chaque main. Je sortis maillots et serviettes mouillés, les fourrai dans la machine, appuyai sur le bouton de démarrage, et regagnai la cuisine, l’esprit préoccupé par une foultitude de petites choses qui me semblaient soudain des montagnes.

Ce soir-là, tout le monde semblait de mauvais poil. Je préparai à la hâte un plat de pâtes carbonara sensé détendre l’atmosphère, dérider chacun et remplir les estomacs.

Ce soir-là, je refusai résolument l’apéritif proposé par l’Homme (non à l’alcool en semaine est mon nouveau credo) qui devait se dire que peut-être il tenait dans une bouteille de mojito une certaine forme de solution pour donner du mou à mes neurones groupés en pelotes, et me faire rire bêtement.

Ce soir-là, les récits d’école des enfants n’apportèrent guère de bonnes nouvelles. La Marmotte par ses grincements sonores nous fit comprendre que pour elle aussi la journée avait été longue et fatigante.

Le repas fini, les enfants douchés, peignés et les dents brossées, j’expédiai l’histoire du soir, récitant un peu absente les mots alignés sur ce livre idiot qui promettait 365 histoires du soir. Bientôt un an d’histoires sans queue ni tête, bientôt la délivrance, pensai-je.

Douze bisous et demi et au moins autant de câlins plus tard, je retournai à la buanderie avant que la fatigue ne prenne le dessus. En accrochant serviettes et maillots au fil sous la véranda, je compris qu’il y avait tellement plus important finalement que les petites contrariétés du quotidien: je jetai un regard au ciel et je sus immédiatement que l’ange de Ginie était bien arrivé.

Les commentaires

LMO

C’est beau.
Et comme tu as raison, les petites contrarietés de la vie ne sont rien quand on a la chance de les avoir!
J

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Sophie L

Oui… Il y a certaines choses qui nous remettent vite fait les idées en place et font que, pour un temps, nous arrêtons de nous plaindre.

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eddie

j’en ai des frissons…
et oui, une fois les enfants couchés, le calme revenu et mes neurones aussi, je me dit pareil, que malgré tout, je n’ai pas à me plaindre…

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alorom

Je viens de lire le post de Ginnie et voir combien mon com était déplacé.
Je m’en excuse auprès d’elle et de toi….

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Poulette Dodue

Putain je chialle comme une gonzesse ! vais me faire radier du clan des langues de putes ??!

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Edwige

Je me suis d’abord retrouvée dans votre histoire d’un soir… et puis j’avais vu aussi un joli ciel ce lundi… et puis, quel bel hommage de cette mère à son enfant, cet amour si grand. Je penserai à ce petit bout d’amour et aux autres anges quand je verrai des signes du ciel, désormais…

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