Du cresson, du saumon, et une fille pas con

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Je lui avais décrit ma tenue par mail pour qu’elle me reconnaisse, et dans ma tête je me répétais la sienne, tout en descendant la longue rue jusqu’à notre point de rendez-vous, le plus bateau de la ville, celui où tout le monde se donne rencard. L’endroit blindé de monde à coup sûr, tout le temps, tous les jours.

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Je n’avais pas prévu une seule chose, c’est qu’elle y serait avant moi. Quand je l’aperçois, je sais immédiatement que c’est elle, et je n’ai qu’à vérifier qu’elle porte bien des UGG comme annoncé pour en être sûre sûre. C’est que la saison est capricieuse, et pas du tout à la chapka, ce vendredi de février. Je ne lui demande pas si elle est pieds nus dedans.

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Elle est malade, elle est venue quand même pour moi, elle m’avait prédit des yeux de panda, je lui avais répondu que je ferais un effort de smoky eye pour m’assortir mais en fait en vrai j’ai des valoches sous les yeux depuis un moment j’ai toujours le fard à paupières qui dégouline, alors c’est comme si on était en famille, toutes les deux.

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Elle a les ongles rouge fatal, les miens c’est tout juste s’ils sont pas rongés (par le froid).

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Tout de suite, ça cause, ça parle, ça papote, ça piapiate. Ca mange de la soupe au cresson et des tartines au saumon. Parce que la rime est jolie et puis aussi parce que c’est bon.

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Elle a une pointe d’accent, comme un souvenir lointain d’une contrée où il fait bon vivre mais où le travail ne s’attrape pas aussi facilement qu’une gratouille. C’est pour ça qu’elle est là, à cent mille lieues de ses bases et du soleil.

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Elle est jeune, bien plus jeune que moi, mais elle a le bon goût d’être suffisamment mûre et d’avoir tellement bourlingué déjà pour que ça ne se sente pas. Elle est drôle. Elle est vive. Et elle est affamée.

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On parle boulot, beaucoup, origines et photo, un peu, et blogs, presque pas, juste comme ça, vite, avant de se promettre de se revoir bientôt.

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Y a intérêt, elle m’a invitée. Une rencontre irréelle autant qu’IRL, Monsieur Petticoat.

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Les commentaires

La Mère Joie

Moi, j’ai quand même eu peur pendant deux heures. Heureusement qu’elle n’avait pas de gants finalement…
PS1 : Très joli texte. 🙂
PS2: Oui, je vais lire les billets sur la Teutonie du Grand Nord (un jour)

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Louise

@ LMJ: il restait encore un peu de sanquette sur les cuticules mais ça n’apparaît pas après une procédé toshop tout simple!

(ps: j’avais bien des chaussettes mais pas de culotte, bisous)

Réponse
Louise

Entre ce commentaire et le mien je vais bien finir par avoir des visiteurs sur mon site (et que fiche qu’ils soient des Fournirets!)

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