La Teutonie du Grand Nord: Jour 4

(Tu boiras avec moi la lie jusqu’au bout, on va se les torcher jusqu’à la fin, ces billets de Teutonie, y a pas de raison, et c’est pas beau de gâcher) (Même si je sens bien que tu fatigues, là. Enfin, si t’as des insomnies, ça devrait te passer le temps.)

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Jour 4, donc. Je rate le réveil. Rapport que j’ai blogouillé sur mon téléphone pendant mes heures d’insomnie et oublié de remettre le réveil ensuite. Heureusement, le Petit d’Homme sauve la mise en m’appelant à 7h30 :

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Maman, t’as déjà le bébé ?

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Gasp. Il me croit à la maternité. Me voilà repartie pour une explication à base de petites graines et de Bierbauch, mais je note bien que l’envie d’agrandir la fratrie n’est pas que dans ma tête à moi, et c’est plutôt rassurant. (Mais en attendant que cœur et raison se battent en duel, t’es pas encore prêt de me voir ouvrir un blog consacré à ces putain de neuf mois en mode gerbi-gerba, que c’est trop merveilleux mais trop chiant à la fois, oh la la – on est une fille ou on ne l’est pas.)

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Je passe le turbo, faudrait pas que je rate les gaufres du petit déjeuner. Les filles m’attendent, un brossage de dents, et on rejoint le troupeau des mal-élevés en réussissant malgré tout à s’introduire par le raccourci refusé la veille.

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Le midi, j’enchaîne sur un rendez-vous de boulot. Marrant de mettre des têtes sur des voix que je connais depuis des années. Le déjeuner est sérieux, fatigant, et je ne termine même pas ma salade. J’ai plus l’habitude depuis quelques jours de réfléchir aussi intensément. Je profite donc de ma place près du radiateur pour me reposer, l’après-midi.

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Les filles et moi nous enhardissons ce soir là et entreprenons une visite de la vieille ville. J’achète quelques cadeaux pour les enfants, après un long débat plein de hi hi hi pour savoir si ce canard de bain est vraiment inoffensif et destiné aux moins de trois ans ou à piles.

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Nous choisissons au hasard pour notre dernière soirée une brasserie bien sympa, et sur une San Pellegrino nous jurons de ne souffler mot de nos commérages et d’entretenir notre complicité une fois revenues dans nos bases. Le temps des promesses, c’est bien joli, mais nous avons toutes les trois une valise à faire. Nous reprenons le chemin de l’hôtel, il fait noir, il se met à pleuvoir, et je les fais patienter pour prendre quelques photos.

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Nous remontons au chaud dans nos chambres. Ils ont livré des écrans plats dans la journée, dis donc. Du coup, je fais un truc inouï, qui m’est pas arrivé depuis dix ans : j’allume la télé. Je cherche frénétiquement une chaîne qui me permettrait d’entendre la première phrase en français de la semaine, y a bien trois cents chaînes teutonnes, en français, y a que M6 Boutique. Je zappe. De partout, y a Mubarak qui fait son discours à la con. Sur Twitter, les copines se déchaînent : elles ont Sarko sur la Une, elles, hé hé. Finalement, on est bien tranquilles, bien au froid à l’étranger. J’éteins la télé, ce truc que j’ai jamais compris, jamais aimé, même plat comme Alorom une limande.

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Je fais ma valise. Et là, je te livre un scoop intersidéral, le Top 3 des choses inutiles à emporter quand tu pars en formation loin de chez toi accompagnée de collègues XX:

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  1. Une tenue de sport, la bonne blague
  2. Un tas de bouquin, la bonne blague
  3. Une jolie robe pour sortir, la bonne blague

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De toute façon, tu finis en jeans, à boire des coups en languedeputant.

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Les commentaires

Zette

Boire de la San Pellegrino, ça compte pas pour des coups, je regrette.

Bien bien bien.

Je souhaite revenir sur le réveil du petit.
QUI lui a dit que tu partais enfanter à l’étranger?
Mhhh?

Réponse
O-M

Tu me rassures, ça me faisait flipper ton récit…ma grande-ouèb-fille dans cet univers de frapadingues…..

Me faire plaisir ? Ouais, accouche vite !!!!

Réponse
Egarement chronique

Ah bah grâce à toi, je viens de me découvrir une qualité que je ne soupçonnais pas : je suis pas incorrigible sur le faisage de lit dans les hôtels. Je le laisse en plan avec joie, le lit. Il faut dire qu’à la maison aussi. Mais faut dire qu’à la maison, souvent, je le laisse plein, le lit (plein de mon Jicé, vu que je me lève très tôt quand je bosse).

Réponse
Louise

Sympa le coup de « tu l’as eu ton bébé ». En fait à chaque fois que tu pars de chez toi tu reviens avec un mioche ou bien? Folle Pondeuse 🙂

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