J’ai rendu visite à La Mère Joie en son QG (carnet de voyage)

Le seul téléphone portable qui passe au QG.

Je garai mon cheval vapeur tant bien que mal sur les plates-bandes du voisin. Tout de suite je fus accueillie par Mademoiselle Commandante, pendant que le Grognard se réfugiait dans les jupes de sa mère juive bras de son père. Nous nous apprivoiserions dès le lendemain, il était déjà tard ce soir là. Elle vint à ma rencontre, souriante mais lasse. C’est que Mr Rosbeef n’était pas encore entré dans sa vie pour lui faire des choses douces et roses qui lui font du bien quand il la prend par la main. Elle m’emmena dans la chambre, où le Petit Goulu Poilu dormait du sommeil du rassasié bienheureux sur sa peau d’agneau.

 

J’avais cru que je pleurerais. J’ai pas pleuré je suis pas une gonzesse bordel. Je crois que, à la fin de cette journée incroyable, j’étais passée au-delà de l’émotion descriptible. Je n’arrivais déjà même pas à croire que j’étais là, tellement loin de mes bases, après tant de mois à l’imaginer – et à croire que c’était impossible, infaisable, insensé. J’étais groggy, il me fallait un grog, Légio me servit un Schweppes, et les bulles achevèrent de me donner le tournis.

 

Après, c’est un tourbillon. Un tourbillon de mots, d’émotions, de partage. Une conversation qui continue là où les mails l’avaient laissée. Une conversation qu’elle mène le plus souvent topless, mais on a arrêté de compter les tétées, on est trop occupées, c’est open bar au Téton, et on s’en fout; pendant que Légio s’occupe le plus souvent de l’intendance – quand il ne fait pas des traits d’esprit qui me laissent paf dès le premier soir

 

Mentalo, tentant d’être urbaine : alors, racontez-moi comment vous avez atterri ici !

La Mère Joie, affamée, la bouche pleine : raconte, toi, Légio, c’est à cause de toi !

Légio : en voiture…

Mentalo, paf : hi hi hi j’imagine, mais comment ?

Légio : ben, on a pris la clé, on a mis le contact…

La Mère Joie, atterrée : Légio !!!

Légio: mais, Chérie, c’est vrai!

La Mère Joie, désespérée: Bon, Mentalo, attends que je finisse mon fromage.

 

et que le quintet de trolls s’ensauvage avec bonheur, délestés de notre attention pesante et tout à la joie de se trouver, de se découvrir copains. C’est le Larzac au QG, il ne manque que les chèvres. Alors pour s’en donner l’idée, de temps en temps on respire le cou du Petit Poilu qui macère…

On surveille les participations au concours du jour…

 

Les jours défilent au rythme de promenades entre les pierres chauffées par le soleil de villages enchanteurs, les rosiers splendides au détour de routes sinueuses, et les arrêts en terrasse pour tout le monde. Les grandes se jurent amitié à la vie, à la mort jusque très tard dans la nuit, les petits courent en semi-liberté et se partagent leurs jouets sans heurts, et pour nous, le temps est suspendu… pour quelques jours seulement.

 

De l’éternel et de l’éphémère.

 

Arrive le temps de la tartiflette aux courgettes des adieux. Je regarde autour de moi, et me dis que je ne sais pas si j’aurai la chance de revenir. La Mère Joie et Mademoiselle Commandante nous accompagnent sur le seuil. Je les regarde, intensément, pour fixer cette image d’une mère et d’une fille au sourire vrai. Je rejoins ma voiture, doucement. L’air est encore chaud. Je me retourne encore une fois, la porte du QG est fermée désormais. Dehors, il fait nuit. Ca tombe bien : personne ne verra mes larmes.

 

Le lendemain, nous reprendrons le chemin inverse, bousculés par le vent violent, nous ramenant dans la vraie vie.

♥♥♥

Les commentaires

Mary

roh bah zut c’est pas cool de me faire pleurer au taff (je ne m’étais accordé ce droit que pour les récits d’accouchement, je ne suis pas une gonzesse)

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mamanbavarde

Ben moi aussi j’suis toute émue…C’esty beau l’amitié, n’empêche.Moi aussi, je suis pour que quelqu’un fasse un concours pour offrir des kleenex!

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Raquel

vous êtes scandaleusement émouvantes vous 2 !

et puis c’est si bien raconté, que je crois que j’ai même senti l’odeur du coup du petit poilu !!!

(je te serais bien gré de ne jamais nous raconter comment tu pètes ou tu pues des pieds, merci)

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MrsB

Comme c’est adorablement raconté !
Joli rosier, coloris très gai ! Il ressemble à un Queen Elisabeth 🙂

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Nanette

J’ai toujours imaginé Légio très timide moi ! Blagueur mais timide…

Ton billet me bouleverse, c’est bien écrit mais surtout on « ressent »… Bravo et merci.

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cleopat

tu dis « on se complète: elle raconte des histoires, moi je raconte des émotions « => ça me rappelle les maths et les ensembles complémentaires! ^^
tout est réel, chacune a sa fonction, on parle parfois de x ..
mais une chose est certaine les maths me gonflent mais vous lire me regonfle le moral !

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Mme Déjantée

Chouette aventure que la vôtre… je crois chacune de nous (enfin JE notamment) espère faire d’aussi belles rencontres via nos blogs !!!

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poumpoumpidou

On dirait des copines de 16 ans sur la photo de vos jambes. J’ai l’impression que vous avez la sincérité et le bonheur facile de vos 16 ans, avec la sagesse de vos plus-tout-à-fait-16-ans-mais-pas-loin 🙂

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Alorom

AH ben je peux vous dire qu’elle a pas chouiné la Mentalo lorsqu’elle a quitté la casa!! Elle était même toute guillerette la gueuse!!
Je suis JALOUSE!!:D:D

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J’ai survécu à deux nuits chez Alorom (carnet de voyage) «

[…] Alorom s’est donné du mal : elle a passé la journée à cuisiner un tajine est passée en coup de vent à Carouf truander cinq kilos de tajine. On fait deux services pour le repas, la grande table ne suffit pas, et puis de toutes façons on a renoncé à compter combien on est : ça bouge tout le temps, et c’est pas que l’effet de la bouteille de ZiziCoincoin rescapée de mon expédition de l’extrême. […]

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