Errance

Il me prend aujourd’hui une douce flemme, comme un jour d’avant les vacances, à ceci près qu’elles devront encore attendre plus de trois semaines. Une envie de rien faire, qui fait que je me tue les yeux depuis ce matin sur un fichier Excel contenant plus de cinq mille lignes de données – mon travail entre début janvier et fin juin, afin d’établir des statistiques et autres analyses découlant de mon activité. Et que je tourne en rond, installe des filtres, tire des graphiques, tente de discerner des tendances qui, à leur tour, parleront en reflétant des courbes…

 

Si j’ai toujours prétendu que le métier s’apprend sur le terrain et non sur les bancs de la fac, comme conduire s’apprend sur les centaines de milliers de kilomètres parcourus après l’obtention su sésame rose, force est de constater que la théorie a ses limites. J’arrive en effet au bout de ce qu’il m’est permis d’apprendre de mon métier sans y mettre de gros moyens humains et financiers. Je travaille certainement dans un domaine très particulier où le partage gratuit d’information s’associe encore aujourd’hui à du suicide professionnel. Il est des informations qui ne se passent que sous le manteau, entre initiés. Il est aussi des informations qu’on ne prendra jamais la peine de te donner, des fois que le petit nouveau en sache plus que le vieux briscard.

 

De plus, trouver les formations adéquates fait revenir au point de départ : on n’apprend pas (tout) sur les bancs de l’école. Néanmoins, il va sans doute me falloir repartir en Teutonie du Grand Nord. Ou aller faire swinger London. Voire même les deux. Dans quelle mesure l’enseignement prodigué sera applicable à mon travail quotidien est à chaque fois un mystère. Il est assez épuisant de tenter de comprendre des choses dont les bases me manquent, tout en sachant parfaitement que j’ajouterai une ligne de théorie, mais rien de pratique à mon parcours, mis à part quelques exceptions anecdotiques.

 

Alors, je trouve tout mou, moi y compris, et je regarde en haut, dans les arbres qui bordent mon nouveau lieu de travail.

 

 

Les commentaires

Poulette Dodue

Oisiveté (ponctuelle ;-)) est fort bonne conseillère !
Hier j’ai pensé à toi, un jeune que je connais a réussi The certification (enfin le niveau 1) dans ta branche (il commence un job en septembre là ou tu es…) !! Émotion du pater et champagne…pour tous (bon le champ d’ailleurs)

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Béatrice

« Dans quelle mesure l’enseignement prodigué sera applicable à mon travail quotidien est à chaque fois un mystère. » Des fois, je pourrais écrire ça aussi, au retour d’une « animation pédagogique » comme on dit chez nous …

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Sekhmet

Personnellement je partage ton avis… la théorie est là pour donner un fil rouge, un fil conducteur qui permettra de créer le chemin que l’on va parcourir avec l’expérience.
Mais actuellement j’ai décidé … à 37 ans de retourner sur les bancs de la fac pour faire un Master of advanced studies… juste pour me donner un fil de plus !!

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