Deux semaines et un jour

Le Gros,

La Blonde,

Le Graton,

 

 

Vous n’aviez rien demandé encore à la vie, et surtout pas de grandir trop vite.

Vous étiez des enfants comme les autres, à quelques détails près, qui vous rendaient irremplaçables, uniques. Avec en commun, tous les trois, un immense appétit de vivre, et le rire comme religion familiale.

 

Ce jour-là, vous étiez sans doute allés à la plage, ou à la piscine. C’étaient les vacances,  la vie était belle, et vous insouciants comme on l’est à seize, treize et onze ans.

 

Ce soir-là, vous avez tous grandi en une nuit, forcés par la vie, malmenés par la mort, inopinée, soudaine, violente.

 

Ce soir-là, vous avez appris, d’un coup, qu’il est des choses essentielles, et d’autres qui n’en valent pas la peine. Cela fait de vous non pas de pauvres orphelins, mais des personnes exceptionnelles.

 

Ce soir-là, le soir du premier jour d’août,  tout aurait pu changer. Vous avez cru que tout changerait. Mais si Papa n’est plus là pour le voir, vous êtes restés les mêmes, au fond de vous. Des ados au grand cœur. Des ados dignes. Des ados fiers. Des ados bien dans vos Bensimon. Et vous avez raison.

 

Votre vie continue, mes grands. Soyez exigeants avec elle, indulgents avec vous-mêmes. Autorisez-vous à tomber: il est de nombreuses mains autour de vous qui se tendront pour vous relever. Il vous a laissés au bord du chemin : marchez dans ses pas, puis, tracez votre propre route. Soyez heureux, croquez la vie, continuez d’espérer : il aurait aimé savoir que vous allez bien. 

 

Et plus que tout, comme cette nuit-là, restez unis.

Les commentaires

O-M

Ces situations me font très mal….je suis muette de trop de mots qui se bousculent et ne sortent pas.

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