Interférence

On avait tout planifié.

Calé sur Twitter – notre messagerie perso et discrète – le rendez-vous pile poil (au genou) entre les horaires d’école, tout juste dans le créneau de la sieste. POUR AVOIR LA PAIX. Deux heures devant nous. Le Graal.

 

Parce que la dernière fois qu’on s’était appelées, genre, en janvier, ça avait été l’enfer, entre ses mioches mettant à sac le QG et les miens, ayant un truc méga super trop important à me demander toutes les trois minutes trente secondes. Puis la Pili-Pili avait cru bon de s’encastrer le coin du tiroir à couverts dans le crâne pour se rendre intéressante, n’importe quoi.

 

Là c’était bon. Y avait bien une musique de sourdingues chez elle

 

-Mais c’est quoi ce boucan ?

-C’est la musique du Petit Poilu !

-Tu te fous de moi ou il sort en boîte ce soir ?

-Mais non, il est dans mon dos en écharpe, j’ai mis David Guetta et je danse, alors il est calme !

-…*ferme les yeux et imagine la scène*

 

Le Petit Poilu, cet astre, n’aime pas Benjamin Biolay. On n’a pas toujours les gosses qu’on veut ma bonne dame.

 

Une heure passe et nous devisons gaiement. Ca fait du bien, on a du dossier d’archives à solder, trop compliqué pour nos échanges électroniques quotidiens.

 

Je parle trop. Elle écoute. Elle parle trop. J’écoute. On s’en excuse toutes les deux. Qu’est-ce qu’on est cons!

 

Elle manque le torticolis à vie en déchargeant son précieux fardeau sans s’arrêter de parler, le téléphone coincé contre l’épaule. Moi, je fouille la maison à la recherche du câble de l’appareil photo pour lui en envoyer quelques unes de mes vacances toutes fraîches. J’habite un château avec dépendances, ça me prend des plombes et des centaines de marches d’escalier. Le Petit Poilu tète, et nous parlons toujours autant.

 

Soudain, un cri affreux vrille la ligne. Je suis inquiète, elle le semble beaucoup moins. Des cris stridents succèdent au premier, nous avons du mal à nous entendre, nous haussons le ton.

 

-Ho Petit Poilu, mais allez vous donc vous taire à la fin ?

 

Un moment de silence. Quelle autorité ! Quelle maîtrise ! Même si la méthode me semble un peu discutable, je ne dis rien. Pas mon genre. Plutôt mourir que critiquer une mère-ma-sœur. (Même si dis donc, j’en pense pas moins, des fois.) Surtout si elle vouvoie son rejeton (j’ai toujours été un peu snob). Nous poursuivons donc gentiment.

 

Les hurlements redoublent alors, et il devient impossible de les ignorer. Je n’en peux plus, je me risque :

-Tu devrais pas t’occuper un peu de lui ? Tu veux que je raccroche ? Il veut peut-être être changé ? Il a mal ?

– ???? Ben non, il discute. Allez, Petit Poilu, discutez, c’est une interview pour la télévision étrangère!

 

 

 

 

 

Les commentaires

Cambroussienne

Bon bah, je ne sais pas quoi dire… Ah si ! J’ai appris que malgré son jeune âge PP fait déjà le grand écart entre Delpech & Guetta, et qu’il semble être xénophobe ou téléophobe (j’hésite entre les deux)….

Réponse
Poulette Dodue

Petit Poilu est so hipe Guetta fait des duos qu’avec des very famous !!! Pis il a pas hérité des goûts (douteux ;-D) de sa daronne ça c’est une qualité !

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