(G)rève

Déficit cruel de candidats au concours du précieux capes, entendé-je ce matin. Normal : plus personne n’a envie de faire ce boulot ingrat et mal payé (les deux n’étant pas synonymes, dans le sens où c’est le combo parents-élèves qui est ingrat, et l’Etat qui les paie mal). Certes. Loin de moi l’idée qu’enseigner 18 heures par semaine à une horde de morveux / de collectionneurs de cartes Pokemon / d’ados prépubères / de jeunes adultes qui savent tout mieux que toi, alors qu’une mère au foyer lambda se déverse déjà chaque jour à dix heures sur son blog pour crier que ô misère humaine, c’est vraiment trop duuuuuur de s’occuper de ses propres mioches. (Le stérilet c’est pas fait pour les pommes.) (Pardon.) Oui, ok, plus une bonne vingtaine d’heures à préparer les heures de torture, oui, je sais, je ne l’oublie pas. Peinard chez soi, quand même. (Oups, pardon,  ça m’a échappé.  Tu comprends, depuis six heures ce matin, j’ai pas eu de pause pipi.)

 

C’est un métier dur ? D’accord. Les parents sont aussi chiants que les élèves, voire plus ? Encore d’accord. Y a plus aucun respect ? D’accord aussi. Je serais vilaine, je dirais de part et d’autre, d’ailleurs. *

 

Mais je vais te dire : moi aussi ça me fait chier de monter dans ma bagnole tous les matins pour aller me foutre dans les bouchons bosser. Moi aussi, mes clients, internes comme externes, des fois, ils me donnent des envies de meurtre. Moi aussi des fois j’en tombe malade. Moi aussi des fois ils m’agressent. Moi aussi des fois faut que je me fasse respecter. Et même, des fois, c’est BigBoss, sensé être un allié, qui est une vraie pourriture. Moi aussi j’aimerais travailler moins pour gagner plus. (Ah merde, du coup faudrait que j’ouvre un blog pour me plaindre de mes mômes. Qui sont quand même, pour Jules et moi, la meilleure chose qui nous arrive dans la journée – c’est te dire le niveau de ras-le-bol du reste, des fois. )  

 

Comme tout le monde, non ?

 

Juste, je crois que le mot grève n’existe pas au vocabulaire de ma profession. Ni réclamation, ni revendication. Ni droit de retrait. Ni 35 heures. Tous ces mots n’ont qu’un synonyme ici : démission. Ou burn-out, fin de carrière, salut, bisous. Il suffit de le savoir et de vivre avec.

 

Est-ce qu’il y a un métier facile, aujourd’hui ?

 

Ou est-ce que c’est devenu hype de se plaindre de tout ?

 

 

Edit : Gentil prof qui grince déjà du clavier, c’est pas toi que je stigmatise. Si tu veux, je recommence la démo avec un employé de la SNCF / Air France / beaucoup d’autres.

 

Edit 2 : en toute honnêteté, je gagne plus qu’un prof, certes. Et j’ai le cul carré de pas dévisser de ma chaise.

Edit 3 : On est encore d’accord que tout accepter, c’est pas la solution non plus. Encore faut-il rester décent, je crois, dans ses revendications.

 

 

*A noter que je serais élève aujourd’hui, le respect envers un prof qui crie tout haut que ça le fait chier de venir enseigner, je sais pas mais je crois que ce serait pas évident.

 

 

Les commentaires

La Nana

J’avais mes deux parents profs et j’ai arrêté de parler de ca avec eux au bout de la n-ième fois où ils me sortaient « oui mais toi, tu peux aller faire pipi/écrire un mail privé/aller faire une pause café quand tu veux ». Maintenant, ils sont à la retraite. Ouffffffff!

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La Nana

J’entends bien, mais comme par hasard dans ma famille il y en a beaucoup qui font ce métier-là je l’ai également pris comme exemple. Comme tu le dis également dans une réponse, le métier idéal où il n’y a pas matière à râler ne doit pas exister. Après, faut juste savoir si on exprime ou non ce « râlage » 🙂

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Kiara

Ca me fait rire, lundi j’ai publié un mini coup de gueule sur les stéréotypes sur les profs! J’ai même pas grincé du clavier dis donc! Je suis prof (pour le moment) et je n’ai jamais fait grève en 4 ans. Et j’ai pesté contre la SNCF et son « droit de retrait ».

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La Fille aux yeux couleur menthe à l'eau

Je l’ai lu et j’étais morte de rire.
Je répète encore une fois que ce billet m’est venu du point de départ inscrit au capes, mais j’aurais entendu une chronique ce matin sur « un tas d’annonces d’emplois de boulangers ne trouvent pas preneur », j’aurais rédigé mon billet autrement, mais dans le même sens: bien sûr que c’est pas marrant de se lever tôt etc… Ce que je tente de dire ici, c’est que râler est devenu une profession, voire une religion. On n’est jamais contents 😉 Quelle perte de temps! 😉

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Kiara

Plus personne n’est attiré par ce métier et ceux qui le font songent à se reconvertir… et je fais partie de cette catégorie, après seulement 4 années de bons et loyaux services!
Je suis bien d’accord avec toi : dans tous les métiers c’est pareil : tout le monde râle pour rien…

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cmoicpalui

Je lis souvent ton blog, sans laisser de message, mais cette fois mon clavier me démange! Alors, pour avoir fréquenté beaucoup de prof, je te donne mon avis. Quand les enseignants se mettent en grève, ce n’est pas seulement pour protester contre leurs conditions de travail, c’est aussi, et surtout pour défendre … l’éducation des élèves! Parce que ces conditions, les restrictions budgétaire, le manque d’enseignants, etc.., ça ne profite pas aux élèves non plus, ça dégrade les conditions dans lesquelles ils apprennent, cela renforce les inégalités sociales. La colère des enseignants vient de l’impression qu’on ne leur permet pas faire leur travail correctement, que les réformes se font au détriment des élèves.

Alors, même si cela parait trop fréquent, n’oublions pas que souvent, quand des fonctionnaires se mettent en grève, c’est pour défendre la qualité du service public, c’est à dire l’intérêt de tous.

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La Fille aux yeux couleur menthe à l'eau

Je ne le conteste absolument pas.
Je suis partie du constat que plus personne n’est attiré par ce métier. C’était juste un point de départ. J’aurais pu très bien en prendre un autre, en fait. J’aurais peut-être dû poser la question: mais quel est le métier idéal? QUI est content d’aller bosser chaque matin? Que la minorité silencieuse s’exprime 😉 Ma conclusion, en gros, est que tout le monde a des raisons de râler, plus ou moins bonnes selon le point de vue.
Merci de ton intervention! 😉

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faithfullyyours

Très honnêtement, je pense que se lever contre les grèves en disant « moi aussi mon travail est chiant et je ne fais pas grève est une mauvaise raison ». Il faudrait plutôt s’indigner en disant « Mes conditions de travail sont inadmissibles et j’exige que mon droit à la grève soit respecté ». Ensuite, je veux bien croire que parfois, le droit de grève puisse paraitre un peu utilisé à tort et à travers. Mais il faut aussi voir que les grèves ne servent pas qu’à gagner plus / travailler moins / rater un jour de travail. Le but est aussi souvent de pouvoir continuer d’assurer un service public de qualité ne serait-ce que pour les usagers, et puis parce que c’est bien plus gratifiant de pouvoir exercer son métier comme il faut. Et pour terminer sur le droit de retrait, je pense aussi que les agents de la fonction public représentent l’état, et quand de ce cadre ils s’en prennent parfois (souvent) un peu plein la gueule, ce qui n’est pas forcément le cas dans le privé.

Je tiens à préciser que je n’ai pas du tout mal pris ton billet, que je ne me sens pas agressée et que je ne cherche à agresser personne, juste que tu as ouvert une porte à la discussion et que je m’y engouffre, avec calme et fair-play hein! (ouais, j’y vais à tâtons sur les billets polémiques moi, pas envie de me faire lapider!)

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La Fille aux yeux couleur menthe à l'eau

Mais tu fais bien de t’y engouffrer (d’autant plus qu’on ne se fout jamais sur la gueule ici, sinonje dézingue tout le monde :-D)

Le fond de ma pensée, c’est qu’on n’entend jamais que ceux qui râlent. Bon, on va pas faire un JT des gens contents, ça serait pas génial en termes d’audimat. Mais il y a des profs motivés et super chouettes ET AUTRES METIERS qui le font avec coeur, motivation, entrain… pourtant ils ont les mêmes conditions que les autres, non? C’est quoi la différence alors? L’approche, je pense. Dans service public, y a service, ne l’oublions pas. J’ai pas à me plaindre de mes conditions dans la mesure où si je n’ai pas forcément choisi de bosser là où je suis (pur hasard), je choisis d’y rester depuis de nombreuses années déjà. Donc je l’accepte dans le package avantages / inconvénients. Personne m’oblige. (mais je veux pas ouvrir un blog de MAF qui pleure :-D). Comme tout le monde, pour tous les métiers. Avec oui, bien sûr, cette limite à mon raisonnement que bon, on fait pas toujours comme on veut, et souvent comme on peut. 😉

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marie

concernant les profs… les prof français sont quand même mal lotis, mal payés, trop d’enfants dans leurs classes, pas de budget pour organiser des sorties, trop de contraintes et plus aucune liberté d’enseigner… une mauvaise formation qui formate à la grève avant de former à la pédagogie… j’ai beaucoup d’amis prof et je les admire… je ne ferais pas ce métier en france et je les soutiens dans leur combat pour améliorer l’éducation des enfants… ces enfants sont les adultes de demain, c’est tout un pays qui s’effondre si le système scolaire s’effondre…
après, la ratp, sncf etc… ils sont un peu pénibles avec leurs grèves qui ne riment à rien… ah si, ils pourraient faire grève pour que les billets de train soient moins chers et que des wagons familiaux soient aménagés…
si le privé ne suit pas sur les mouvements de grève c’est justement parce que nous avons peur de perdre nos emplois, dans le service public ils n’ont pas cette peur… c’est très injuste…

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La Fille aux yeux couleur menthe à l'eau

Tu as parfaitement raison. Et pourtant, à côté de ceux qui se râlent, il y a ceux qui font leur boulot plus que correctement aussi (les deux catégories ne sont pas forcément incompatibles: on peut très bien faire les deux). Heureusement. C’est ce que j’essaie de dire: moi aussi, je subis, mais j’essaie de ne pas focaliser là dessus et de faire mon boulot bien et même mieux. Vu que j’ai choisi d’y rester (appelle moi Cohérence).

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teparlerdemavie

J’aime beaucoup ton style et aussi le fait que tu oses! Je ne crois pas que je serais capable d’oser dire ce que je pense vraiment de certains sujets sensibles.
Bravo!

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faithfullyyours

Mais on peut faire grève et adorer son métier! La différence entre le privé et le public, c’est quand même qu’on travaille pour des gens humains, on est tenu d’offrir un service comme tu dis, et de qualitay, c’est assez rageant de voir qu’on est souvent dans l’impossibilité de le faire! et je oense que ceux qui font grève avec conviction (oui, pas ceux qui éventuellement voudraient juste sécher) sont ceux qui aiment le plus leur travail! Après du coup, comme tu dis, on choisit le métier qu’on veut faire, et je peux comprendre que de moins en moins de gens choisissent de faire prof (par exemple)

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La Fille aux yeux couleur menthe à l'eau

Faire grève n’empêche effectivement pas d’aimer son métier (je ne crois pas avoir dit ça mais tu fais bien de préciser parce que tu as raison), au contraire… dans le meilleur des mondes.
Il y a également d’autres moyens, qui me semblent portent finalement plus leurs fruits (faire avec ce qu’on a et mouiller sa chemise, même si c’est aussi utopiste qu’épuisant, je le reconnais.) (je peux te dire que je sais de quoi je parle en ce moment même ;-))

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bismarck

Moi je ne fais pas systématiquement grève. Et j’avoue que parfois, je la fais surtout parce que je suis fatiguée, n’étant pas vraiment d’accord avec les slogans avancés. Souvent, d’ailleurs, ces slogans mêlent tout et n’importe quoi, et les motifs deviennent ridicules.
C’est vrai que la grève est un (des) privilège(s) des fonctionnaires…

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Poulette Dodue

Comme tu le sais point de « cul carré » pour moi, je suis tout en rondeurs …
Je kiffe mon (mes) jobs, et ce malgré mon salaire qui n’est pas à la hauteur. Pourtant , biensuuur je relativise car j’ai des compensations (horaires et looongs congés)
Par contre, je continue à râââler quand mes gnomes me cassent les noix (oui bon je râle dans ma caisse j’ai pas de blog !) ça défoule mordel !

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Xel0u le l0up

Moi, je kiffe mon job! Et je suis contente de me lever le matin pour aller travailler, même le trajet en RER me fait pas peur (et pourtant c’est pas peu dire avec les grèves SNCF :D)… J’ai pas un salaire de ministre mais bon, on peut pas tout avoir dans la vie, et je fais un métier que j’aime alors je pense que je m’en sors pas mal.

Par contre, je pense qu’un métier, on l’accepte avec ses avantages et ses inconvénients, qu’on le sait, que ce soit un métier qui nous plaise ou qu’il soit alimentaire, et qu’on ne devrait pas se plaindre d’avoir des côtés « négatifs » à nos jobs. Moi je porte des cartons, j’ai mal au dos, mais en même temps, je peux avoir accès à des tonnes de livres, alors ceci vaut bien ça je pense ^^

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Mère Lacunaire

Je pense que chacun a ses limites et ses possibilités, et que si certains sont prêts à subir une vie de profs, c’est cool parce que pour moi c’est juste impossible à concevoir. Quant à mon propre poste, il a ses limites aussi, et tout le monde ne s’y retrouverait pas. Heureusement !

Maintenant, la France et la grève, c’est tout un programme ! Et comme le français est râleur par nature (à ce qu’y parait, j’dois pas être de ce pays alors mouhahaha) forcément, son droit de grève il en profite …

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Sandrine

Enseignante et lectrice de ce blog : évidemment, ce billet ne pouvait pas me laisser indifférente… Je reconnais que certaines professions donnent davantage la possibilité de faire grève que d’autres. Possibilité que certains usent (et abusent ?). Mais cette possibilité est-elle toujours utilisée à des fins personnelles pour défendre sa croûte de pain ou sa place bien au chaud. ? Au delà de la possibilité, n’est-ce pas parfois aussi une responsabilité ? Responsabilité de crier tout haut les dérapages et les incohérences d’un système tel que l’Education Nationale ? De dénoncer ce qui concernera, non pas seulement sa petite personne, mais les millions d’élèves que cela concerne ou que cela va concerner dans les années à venir ? Qui d’autre que les professionnels de ce système est à même d’alerter l’opinion publique – et les parents d’élèves – sur les dérives du système qui concernera leurs enfants et leur avenir ? Et par quel moyen le faire si ce n’est que pas une grève (dont on évalue pourtant bien le faible impact mais aussi la « remise » sur salaire) ?

Je « fête » mes 10 ans d’ancienneté dans l’Education Nationale et j’exerce un métier que j’aime. Pourtant, j’ai fait grève pour la 1ère fois en 10 ans en septembre dernier parce que l’inquitéude devient trop forte et mon fils n’a encore que 3 ans.

Alors bien sûr, une salle des profs, ce n’est pas le Pays des Bisousnours : il y a aussi des ch…., des râleurs invétérés comme partout ; certaines grèves, même chez les profs, sont parfois incompréhensibles …
Mais de façon générale, laisser faire, faire avec et se taire : ça tourne à l’irresponsabilité au bout d’un moment …

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La Fille aux yeux couleur menthe à l'eau

Complètement d’accord, Sandrine. Et si tous étaient comme toi…
Ce que je trouve dommage, au delà des conditions, c’est de poser ce constat: plus personne ne veut passer le capes à cause de ce qu’ils pensent trouver ensuite dans l’enseignement. C’est assez désespérant comme constat. Alors oui, je pense que c’est le grand chantier de l’avenir: faire un grand ménage dans tout ça pour redonner envie, des deux côtés. 😉

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Fleur

Fidèle lectrice de l’ombre, ce billet fait de moi une néo-commentatrice. J’attends évidemment de n’être pas d’accord avec ce que tu écris pour me manifester, ça doit être mon côté râleuse franchouillarde (oué, bon, mais je me suis quand même abstenue d’un commentaire à ton article pour gagner des places pour Grégoire alors que franchement, j’en pensais pas moins !)
Tout d’abord, je ne peux qu’applaudir des 2 mains la dernière phrase de Sandrine : « laisser faire, faire avec et se taire : ça tourne à l’irresponsabilité au bout d’un moment … »
Le 27 septembre dernier, mon sentiment a très nettement été que les profs qui ce jour-là avaient choisi de faire grève faisaient preuve d’un plus grand sens des responsabilités, d’un plus grand amour du métier et d’une plus haute estime du service public en général et de l’éducation nationale en particulier.
Et il me semble que ce qui cristallise la colère ou le ras-le-bol exprimé des profs, ça n’est pas exactement « les élèves sont chiants, les parents aussi… », mais plutôt « on ne me donne pas les moyens de faire correctement mon job, mon boulot est complètement dévalorisé (assez mal payé certes, mais aussi et surtout dénigré par le discours ambiant qui instaure insidieusement ce non-respect), tellement insignifiant qu’il ne mérite même plus qu’on me forme pour l’exercer… et parfois même je peux me sentir en danger ». Et surtout, putain, prof c’est pas comme consultant, employé de banque, coiffeur ou assistante de direction. Loin de moi l’idée de mépriser ces métiers (je ne suis pas prof et je fais un boulot on ne peut plus standard), mais la responsabilité n’est quand même pas tout à fait la même, non ? Ca me chiffonne pas mal qu’on juge inutile de former les adultes qui ont en partie entre leurs mains l’avenir de nos gosses (et encore davantage celui des gosses qui ne sont pas bien nés) et qu’on ne cherche pas à attirer les meilleurs vers ce métier. Et je pense que dans l’ensemble, les gamins ne perçoivent pas les profs qui font grève comme délivrant un message du type « ça me fait chier de venir enseigner ». Si le geste leur est expliqué, ils peuvent même éprouver un certain respect. Je connais très bien un prof – je veux dire vraiment très très bien, je partage 2 enfants et un pieu avec lui – et je peux t’assurer qu’il a beau faire grève dès qu’il le juge nécessaire (et que c’est possible financièrement aussi, il ne faut pas se leurrer) jamais je n’ai senti chez lui une once du ras-le-bol dont tu parles ici. Ca ne le fait pas chier de venir enseigner, ce qui le fait chier, c’est de voir ce qu’on fait de l’éducation nationale, de voir le virage managérial que prennent les chefs d’établissement, et de voir la soumission généralisée qui s’installe. Enfin, on est bien d’accord, peu d’entre nous vont travailler en sifflotant le matin, et jusque là ce n’est pas un drame, mais lire « Juste, je crois que le mot grève n’existe pas au vocabulaire de ma profession. Ni réclamation, ni revendication. Ni droit de retrait. Ni 35 heures. Tous ces mots n’ont qu’un synonyme ici : démission. Ou burn-out, fin de carrière, salut, bisous. Il suffit de le savoir et de vivre avec » me fait un peu froid dans le dos. Je ne me résous pas à accepter que la société broie 98% de la population pour en réjouir 2%. Alors non, il n’y a pas de métier facile aujourd’hui mais je ne vois pas au nom de quoi il faudrait se soumettre en silence. Et si les fonctionnaires, qui eux peuvent exercer leur droit de grève, peuvent œuvrer pour tirer un peu vers le haut les conditions de travail de tous, ben moi je dis d’accord.
Promis, la prochaine fois que je kiffe un de tes articles je tente un com aussi long !

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La Fille aux yeux couleur menthe à l'eau

On a tout à fait le droit de dire qu’on n’est pas d’accord, c’est même fait pour ça. Je veux juste rappeler une chose: je suis partie, peut-être un peu malheureusement, du point de départ du manque de candidats au capes pour illustrer mon propos. Donc ce n’était absolument pas une diatribe contre les profs en grève. Mais puisque le débat en vient là (c’est assez logique en même temps), je peux te dire que je suis tout à fait d’accord avec ce que tu dis. Etonnant, non? 😉 Sérieux, je suis persuadée, et heureusement, qu’il y a de super chouettes profs, comme Sandrine, comme ton conjoint peut-être. Des gens qui ont encore l’amour de la profession. Je sais qu’une partie de ceux qui sont découragés le sont pour des raisons venues d’en haut, et non d’en bas. Je suis tout à fait d’accord pour dire qu’il va falloir s’occuper de ce problème énorme, et vite.

Quant à la phrase de mon billet que tu cites, elle est absolument vraie. Ca ne veut pas dire que je me soumets à quelque chose qui va au-delà de mes limites. Le jour où ça ne me va pas, j’ai la liberté de prendre la porte. Je le sais, mais ma hiérarchie le sait aussi. Chacun tire sur la ficelle de son côté, c’est le jeu ma pôv’ Lucette. Il faut savoir faire la balance et être cohérent avec soi-même… (bon, bien sûr, il y a évidemment l’aspect « pouvoir de le permettre ou non » que je ne prends pas ici en compte. Ceci dit, si je sais aue je fais un boulot pour l’alimentaire, c’est aussi une raison d’en accepter certaines conditions.)

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