Persévérance

Hey, gens, tu croyais que j’allais me dégonfler? Mais pas du tout! (dans tous les sens du terme, d’ailleurs). 

 

19h30: je me demande si le boursin à l’ail est compatible avec la pratique intensive d’abdominaux. Dans le doute, j’en remets une couche sur ma tartine, et je coiffe le tout d’un beignet rapporté par ma fille de chez les voisins. On ne sait jamais.

19h45: je monte me changer. J’ai la flemme de changer de soutif.

19h55: je démarre en trombe. Quitte à aller au sport, autant que ce soit sportif, hein.

20h00: il pleut des chats et des chiens, alors je fais ma crâneuse, je cours d’un pas léger et délié jusqu’à la salle.

20h05: je me rappelle que j’ai promis à ma copine S. de trouver les mots pour la motiver. Je me demande ce que je vais bien pouvoir trouver.

20h10: alors que j’enchaîne les tours de salle, le boursin à l’ail se rappelle à mon souvenir.

20h15: alors que j’ahane, je décide de faire un minute par minute de mes derniers instants de dignité.

20h16: quand la prof dit « vous pouvez vous asseoir », je m’affale comme une bouse, et je mets cinq secondes à capter que la position désirée est plutôt « dos droit et menton fier » que méduse échouée. Je me reprends, faudrait pas que je dégoûte S. non plus.

20h17: je m’emmêle un peu, qui c’est qui m’a foutu autant de bras et de jambes, hein?

20h19: le tapis glisse sur le sol lisse, et je me vautre. L’élégance gymnique et moi, on n’est pas copines, c’est évident.

20h20: ça fait pas assez mal, j’en conclus que je ne dois pas faire l’exercice comme il faut. J’évite cependant d’approfondir la question.

20h24: je remarque que la garce devant ma compagne d’infortune a les ongles vernis assortis à son tish de sport. Pourtant j’avais dit que je regardais pas. En même temps, ça m’occupe. M’en fous, moi j’ai une alliance qui brille.

20h29: même sur les genoux, même des demies, des pompes pour moi c’est toujours des pompes. On appelle ça comme on veut, moi j’appelle ça de la torture.

20h32: le port du balconnet est déconseillé quand on fait des pompes. Ou l’inverse. Mon sein gauche vit sa vie en dehors de tout corset et se croit en mai 68.

20h33: j’enjoins à ma féminité d’éviter de s’exprimer dans cette position désavantageuse, rapport à ma réputation, quand-même.

20h34:  la prof explique aux nouvelles quels muscles nous travaillons. Je me dis que comme ça, au moins, je sais où je vais avoir mal cette semaine.

20h36: je maudis l’inventeur du boursin à l’ail. Je voue aux gémonies l’inventeur du beignet.

20h40: je constate que les abdos, finalement, ça va beaucoup mieux que début septembre. J’ai dû y aller six fois, et je vois déjà du changement. Un bon argument à vendre à S. En attendant, je crache mes poumons.

20h45: finalement, le portage de gamin pot de glu de 12 kilos, c’est pas du vrai sport, rapport que mes bras implorent pitié.

20h49: mes fesses me font savoir que no way je pourrai m’asseoir dessus cette semaine si je continue de les maltraiter comme ça.

20h54: je m’avise que ma position des plus élégantes me rappelle furieusement mon dernier accouchement. Ne pas penser à son dernier accouchement, ne pas penser, ne pas penser…

20h57: je me demande où je n’ai pas mal encore, pour savoir quel muscle sera la cible du prochain exercice.

20h59: je bannis à vie et pour les quarante prochaines générations le boursin à l’ail et les beignets du menu du mardi soir. Ca attendra le mercredi, la prochaine fois.

21h05: à la faveur d’un étirement, je constate que mon épilation du mollet droit laisse à désirer.

21h09: je suis aussi rouge que mon tish.

21h12: étirements. Je reprendrais bien un beignet, moi.

21h16: si au moins ça ne me tirait pas comme ça derrière les genoux!

21h19: heureusement que la prof est aussi douce que gentille, on ne peut même pas lui en vouloir.

21h24: je lui dis que je penserai à elle tous les jours de la semaine. A chaque fois que mes courbatures me le rappelleront.

21h30: je rentre à la maison, je m’enfile un beignet, je fais péter la douche et je saute au lit, la vie reprend ses droits.

 

 

J'ai oublié ma culotte.

Les commentaires

Olivia Billington

En fait, tu suis ces cours de sport uniquement dans le but de nous faire rire. Diabolique !
Des tas de phrases m’ont éclatée, dont celle-ci : « L’élégance gymnique et moi, on n’est pas copines, c’est évident. »
Trève de rigolade, respect ! Parce que je n’ai pas autant de courage que toi, loin s’en faut.

Réponse
cambroussienne

« le tapis glisse sur le sol lisse », joli !

Je constate que malgré la séance, à 21h30 tu as toujours l’énergie pour « sauter au lit »… Mes compliments, quelle santé ! Finalement, tu aurais pu l’intituler « endurance » ton billet, non ?

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