A la montagne

 

A la montagne, t’as pas besoin de te justifier pour manger de la raclette tous les trois jours. En alternant avec tartiflette et fondue. Et saucisson pour faire bonne mesure. Le tout, local, va sans dire.

 

A la montagne, tes poils (de partout) poussent plus doucement. A moins que ce soit le fait qu’ils soient planqués sous douze épaisseurs de thermolactyl, que du coup tu les vois pas ?

 

A la montagne, t’as toujours le brushing impeccable. Du moins, c’est ce que tu prétends, et les copains n’ont aucune chance de vérifier, sous ta chapka.

 

A la montagne, quand t’es un peu fatigué ou mou du genou, tu dis que tu as froid ou que tu ne supportes pas bien le changement d’altitude / de météo soudain, et tu te finis au viennois sur une terrasse au soleil. (J’ai dit au viennois, pas au Viennois, nuance. De taille.)

 

A la montagne, tu passes plein de temps avec la Pili-Pili, quand le Jules arrive à s’échapper sans qu’elle lui réclame une piste verte à descendre en hurlant de joie. Ce qui te permet de constater qu’elle a étendu son vocabulaire à « C’est quoi ce bordel ? », « J’ai besoin de pisser » et « t’as des crottes dans ton nez » (quand tu mesures 1m70, se méfier globalement de tout qui mesure moins d’1m50).

 

A la montagne, tu peux faire une étude sociologique comparée des prénoms en vogue sur les cimes enneigées par rapport au Carrefour de la vallée. Au-delà de 2000 mètres d’altitude fleurissent les Clovis, Elia, Pollux et Bertille. Avantage social futur certain sur les Donovan et autres Deborah de la France d’en bas.

 

A la montagne, tu trimballes un barda qui pèse quatre tonnes, qui finit toujours par te péter les doigts, les ongles ou les oreilles, mais bizarrement t’es heureux. Ca doit être parce que tu paies cher pour ça.

 

A la montagne, 18 heures c’est tout à fait une heure décente pour l’apéro. 17h55 aussi, d’ailleurs. Rapport que tu te couches à 21 heures maxi : le grand air, le sport, tout ça.

 

A la montagne, t’es au courant de rien. Je veux dire, encore moins que d’habitude. A la montagne, point de campagne, point de rubrique chiens et gens écrasés, le seul bulletin qui t’importe vraiment, c’est le météo. Local. Que tu constates en levant le nez et en y repassant une couche de crème solaire avant qu’il ne pèle.

 

A la montagne, y a toujours un tas de beaufs qui croient que parce que tu avances tout doucement avec une Pili-Pili d’à peine un mètre qui ripostera pas, ils peuvent la bousculer / décapiter avec leurs skis / éborgner avec leurs bâtons / dépasser sans vergogne. Ils finissent souvent par se rendre compte que, contre toute probabilité scientifique, le yéti existe vraiment : c’est sa mère.

 

A la montagne, quand il tombe trente centimètres de neige en une seule journée, tu pousses des cris de joie en imaginant la neige moelleuse qui accueillera ton fessier le lendemain. A la différence de la vallée, ou tu enfiles les jurons comme les perles du chapelet de Bernadette, rapport au trajet pour le taf.

 

A la montagne, tu constates que ton fils est en fait le fils caché de Jean-Michel Apeuprès. Pour lui, un « assortiment de fromages », c’est le truc pour le gratter, là (aka une râpe, pour les lents). C’est aussi le roi du bruitage digne du cinéma pour raconter ses exploits dans la télécabine. Récit assez obscur par ailleurs, traduit en simultané par sa sœur, heureusement.

 

A la montagne, tu te rends compte que ta Collégienne a grandi. Pas parce qu’elle skie désormais nettement mieux que toi. Mais plutôt quand, après l’avoir laissée pour son slalom géant nocturne (elle a fait un temps de ouf, ndlr), tu la retrouves deux heures plus tard au bar d’un hôtel : elle allait pas se les cailler en attendant que tu viennes la repêcher. (Tu fêtais l’anniversaire de son frère dans un autre resto.)

 

A la montagne, il y a une loi bizarre qui autorise le Jules à toujours choper la meilleure place en terrasse, pile poil face soleil. Ce qui fait qu’au retour il est buriné comme un berger corse, alors que toi t’es restée plutôt formage de brebis.

 

A la montagne, le temps n’est pas suspendu au fil du télésiège, malheureusement.

 

 

 

 

 

La blanche.

Les commentaires

Marion

Hummm les vacances à la montagne…. c’est pas pour moi…. 😉 je suis plus mojito sur la plage en fait…
Bises !!!

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Fredauboulot

Et ben moi, je suis pas à la montagne, mais j’ai prévu une petite tartiflette cette semaine. Y a pas d’raison! (c’est en hommage à mon collégien qui, lui, y est).

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Gaëlle

J’aurais pas dit mieux !
Et pour moi qui n’aime pas le ski, les raclettes, fondues, et autres bières, ça a tourné à plein régime.

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cleopat

on sent bien que ce séjour t a donné une de ces pêches! super! 🙂
mais j’avoue que la montagne je la préfère l’été :/

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O-M

J’aime pas la neige, j’aime pas et j’aime pas…mais j’aime à constater les progrès (fulgurants) de langage de la Pili-pili…mazette !!!!

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bismarck

Mon grand-père, quand il jurait, disait « bon sang de bois ». Ca m’est revenu hier, quand je songeais que mes enfants commencent à parler vraiment mal.
Et sinon, la montagne, c’est beaucoup trop loin d’ici; et en plus, le ski m’est déconseillé.

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