Le premier jour où… j’ai fait un truc de fou

C’était à la fin de l’été 2005.

J’étais en possession d’une charmante fille de tout juste quatre ans, d’un bébé de six mois, et de quelques mois de congé parental devant moi. Je m’étais fait une joie à l’idée de cet été idyllique de liberté, des promenades, des excursions, du temps passé avec mes petits. Nous prenions à peine notre rythme de croisière, les premiers mois du Moelleux avaient été très difficiles, les séquelles de sa naissance longues à guérir pour nous deux. Cet été devait être l’été de la renaissance.

En fait de renaissance, cet été avait été copieusement arrosé, largement trop froid, épouvantablement trop gris, absolument pourri.

J’avais donc entrepris de repeindre un plafond, poncer et lasurer les volets… en regardant la pluie tomber. Nous avions prévu quelques jours de vacances en montagne en septembre, mais que le temps semblait long, enfermés à la maison.

C’est ainsi qu’un jour de la fin août, je préparai les bagages pour les vacances, et les laissai dans un coin du garage. Je préparai ensuite un grand sac et y fourrai mon copain le Babycook, quelques affaires, repliai la poussette, fourrai le tout dans le coffre de la voiture et traçai la route vers le sud. Pour la première fois, toute seule, avec des petits, un truc de fou.

Six cent kilomètres plus tard, je trouvai le soleil et m’arrêtai pour une semaine. J’eus l’impression de revivre, de sécher mes ailes, et de commencer une nouvelle vie. Le Jules nous repêcha, chargé de nos bagages, pour des vacances tous ensemble cette fois. Depuis, chaque année, sans vraiment le planifier, quand ça me prend, quand ça me démange, j’embarque les enfants pour des vacances un peu bohèmes, un peu improvisées, mais toujours avec le même sentiment de liberté.

Parce que depuis ce jour d’août, je sais que je peux le faire, et que quelques milliers de kilomètres ne m’arrêtent pas.

Les commentaires

cécile

Alors là !!!!!!!!!! Chapeau ! Pendant mes 5 années de mère célibataire, j’en ai eu envie bien souvent mais je n’ai jamais osé faire ça !!!! Tu as toute mon admiration …

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Madame Ordinaire

Je comprends ce sentiment, ce lâcher prise, cette envie de courir contre le vent pour voir si après on trouve un peu d’air frais… Je l’ai fait aussi, une vraie folie quand j’y repense mais tellement de satisfaction à l’arrivée. Je suis partie seule avec mes demoiselles (l’aînée presque trois ans, la petite dix mois), 1.600 km aller-retour, du soleil à l’arrivée, des conversations avec une personne qui m’est chère, du temps pour m’asseoir et me sentir écoutée… Je le referais sans nul doute…

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La Fille aux yeux couleur menthe à l'eau

Depuis 2005, chaque année, au gré du vent, je réserve quelque part, j’ai plus de congés que le Jules. Ca nous fait des souvenirs extraordinaires, et ça montre à mes filles que oui, une femme peut le faire (contrairement à ma mère qui n’a jamais mis le pied dehors sans mon père).

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O-M

Je n’ai jamais pu faire ça avec mes marmots…mais parfois je l’ai fait seule et quelle déception, j’ai besoin de mon jules à mes côtés pour partager.
Par contre j’adore être toute seule une journée entière à la maison, où je vis à mon rythme !

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Maman d'hiver

Ah, cet article est une super belle idée!
J’adore ces coups de folie, ces coups de tête où on se sent libre et légère, pleine de vie et le coeur chaud.
Faire partager ça à ses enfants ça doit être magique ! Leur montrer que la vie et ses petits bonheurs peuvent être si simples…c’est chouette 🙂

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Laora

han t’as vraiment fait la folle pour le coup ! rien que de penser aux heures que tu as passé toute seule en voiture avec les enfants… j’en ai des sueurs froides ! en tout cas c’est une super jolie histoire !

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