Paillettes

Hier soir, j’ai mis une couche de paillettes pour rattraper mon vernis framboise qui commençait un peu à faire la gueule (j’avais pas le temps de me refaire la totale) après un WE classique fait de ménage, taxi, cuisine, vaisselle. Moment d’égarement sans aucun doute, certitude de l’instant de toucher au Graal du rajeunissement furtif… (le vernis pailleté en question appartient à la Collégienne) (en même temps, c’est la faute à Pshiiit, aussi. Clique et tu peux mourir, ensuite.)

Las ! Ce matin, au moment de partir, j’ai constaté que la Collégienne en sautant le pas de la porte pour attraper son bus avait oublié ses clés. N’écoutant que mon bon cœur de mère, et ignorant toutes les sirènes d’avertissement qui se mirent à sonner en même temps dans ma tête, je décidai de lui apporter au collège, ça ne me faisait qu’un petit détour, et sur son trousseau, les clés de son casier censé soulager son dos au cours de ce lundi, journée hyper chargée (= elle a piscine, puis sport, puis cours, puis flûte traversière – encore heureux qu’elle ne joue pas du trombone, tu me diras.)

Je traversai les cours du collège à sa recherche, croisai certains visages connus, d’autres non. Sur tous, les stigmates de l’adolescence. Et quand le regard restait vif pour un lundi matin tôt et la peau plus ou moins nette, les ravages de trop de temps passé le matin devant le miroir étaient bien visibles. Je te le donne en mille : avec mes paillettes aux doigts, je fais pas ado attardée, je fais siècle dernier. La mode ado est au vernis mangé, noir ou violet, qu’on se le dise. Et surtout, au putain de trait d’eye-liner mal fichu et à la frange trop longue plaquée à grand renfort de gel qui fait le cheveu gras sur le côté – pour les filles, ça va de soi, alors que chez les garçons, on observe la tendance Bieber versus légionnaire à piques.

Je te vois déjà ricaner, eh bien sache que ma Collégienne a été ravie de me voir, et m’a gratifiée d’un câlin public, et d’un merci plein d’amour. Il n’est pas encore venu apparemment le temps où sa reum lui fichera la teuhon.

Et toc.

Puis ça devait être le petit vent frais qui m’a mouillé un peu les yeux, juste après.

13 réflexions sur “Paillettes

  1. c’est beau une mère qui ose affronter les yeux hagards et charbonneux des copains de sa fille dans la cour d’un collège….!! j’aurais jamais osé…….chapeau bas Madame!!

  2. Elle est adorable ta gamine, ça se voit dans ses yeux ( je connais son regard…) et je vais te dire admirativement ( attention tes chevilles mentalo !), elle est tout simplement bien élevée.
    Sans commentaire

  3. Dire que mon fils de huit ans ne veut déjà plus que je lui fasse la bise devant l’école! (Ce qui ne l’a pas empêché de pleurer pour avoir sa maman, hier en salle de réveil.)
    Sinon, je constate que les tendances diffèrent un peu, de ce côté-ci de la France, et que tu auras peut-être ce comm’ en double, parce que le premier vient d’être refusé…(J’essaie une autre adresse?)

  4. C’est pas de l’inconscience. Au contraire. Au fond de toi, tu savais qu’elle ne t’en voudrait pas et c’est parce que tu as manifestement une magnifique relation avec ta fille. Tu me laisse rêveuse pour l’avenir (ma fille n’est qu’en CE2…)
    Tiens, c’est marrant, il doit y avoir du vent dans mon bureau aussi…

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