Le premier jour où… j’ai pris la parole en public

Du plus loin que je me souvienne, dans les saynètes de classe, je me faisais oublier lors de l’attribution des premiers rôles. Moi, j’aspirais à celui de figurant, quitte à être déguisée en poubelle sur un coin de la scène, voire à celui de public. Silencieux, le public.

Quand il fallait un volontaire pour lire un texte devant la classe, j’étais très absorbée dans le taillage de mes crayons de couleur. Surtout le blanc. Celui qu’on ne voit pas.

Si l’école attendait une visite officielle, et que le directeur désignait un élève pour le discours de bienvenue, j’approfondissais l’étude scrupuleuse des joints du carrelage.

La technique ne me réussissait pas trop mal, à quelques exceptions près… Contrainte et forcée, j’émettais des croassements, bafouillais, devenais plus rouge qu’une tomate bien mûre… un jour, je fus même poussée dans le dos : mon nom avait été appelé, et je me concentrais tellement à espérer qu’il n’en fut rien, que je ne l’avais pas entendu.

J’aimais parler, mais pas en public. En grandissant, ça ne s’est pas vraiment arrangé.

J’avais vingt-et-un ans quand un ami très proche me demanda d’être témoin de son mariage. On n’attendait pas de moi un discours digne de comédie romantique américaine, j’acceptai. (Surtout pour le chignon.)

Une semaine avant l’événement, sa dulcinée m’envoya alors ce mail qui ne souffrait aucune contradiction :

Chéri-Chéri m’a dit que tu étais partante pour lire un texte lors de notre messe de mariage, le voici donc. Encore merci !

L’église était immense. Je m’avançai comme une condamnée dans le couloir de la mort. Je suppose que j’ai bafouillé. J’espère ne pas avoir pleuré. Je crois bien que j’ai chuchoté, et que personne n’a rien entendu. A vrai dire, j’occulte un peu le souvenir, c’est préférable. je me souviens juste que c’était un extrait du Cantique des Cantiques.

Quelques années plus tard, en pareilles circonstances, je n’hésitai pas à emmener lâchement ma fille alors âgée de six ans par la main (que je lui massacrai à force de la serrer) pour lire mon texte. De trois lignes, cette fois. J’avoue que j’avais même tenté de la soudoyer pour le faire à ma place, c’est dire. Elle a dit non: « c’est MA marraine, mais c’est TON amie. »

Les commentaires

tournicotiton

En public ou en petit comité, je n’aime pas ça… je bégaie… Par contre, quand on me demande de lire un texte, sur lequel je suis concentrée, que j’ai lu et relu maintes fois avant, ça se passe bien… il paraît même que j’ai une bonne élocution…

Réponse
Olivia Billington

Exactement comme toi ! Je suis terrorisée à l’idée de prendre parole en public. Ce qui ne convient pas trop pour certains aspects de mon métier, ces derniers mois j’ai eu droit à une interview sur un podium, avec micro, et un jeu de questions/réponses avec des lecteurs. J’ai stressé des jours à l’avance… 😆

Réponse
Fredauboulot

J’étais pareil. Tremblements, écarlate et bafouillis! Puis, je suis partie vivre à l’étranger. Un jour, on m’a demandé de faire un petit discours (que dis-je, une présentation d’1h30!) pour présenter la France, à des personnes qui ne parlaient pas le français. Après avoir bien paniqué pendant la préparation, je me suis dit que de toute façon même si je faisais des erreurs de langue, l’important était que je me fasse comprendre. Du coup, ça m’a complétement libérée et on a même du m’arrêter à la fin. Depuis, même en français, je n’ai plus peur de prendre la parole en public.

Réponse
Memy

J’ai appris avec le temps, surtout le boulot qui m’a aidée en fait. Quand tu diriges des projets, tu as plutôt intérêt à avoir confiance en toi !

Réponse
Brodeuse du Phare

Si ça peut te rassurer, personne n’écoute jamais les textes dans les mariages (en plus c’est toujours le même, on me l’a déjà fait lire 4 fois !!).

Réponse
Madame Moustick

Je déteste cela et peux-tu croire que c’est en quelque sorte mon métier … du coup je suis commise d’office pour toutes les fêtes / célébrations, et c’est l’enfer !

Réponse
Blonde paresseuse

J’ai lu je ne sais plus quoi lors du mariage de ma soeur. Un truc à petits strophes de quatre phrases. Il me semble.
En revanche, je me souviens qu’au bout de deux paragraphes, je sanglotais tellement que ma voix n’était plus qu’un infâme gargouillis au fond de ma gorge.

Je me suis arrêtée. J’ai respiré deux fois profondément, en m’accrochant au pupitre. J’ai continué le plus bravement possible et j’ai fini comme une loque.

Mais…

Chanter « Besoin de rien, Envie de toi », en live à la soirée de Noël de la boite devant 250 personnes, ben, je vois pas où est le problème.

So wht ? Ben, ça dépend du contexte, finalement… 😉

Réponse
gaellinou

En CE2 on a fait une soirée cabaret avec plein de saynettes pour financer un voyage. J’étais tellement contente d’être la seule de la classe à ne pas avoir du tout de rôle ! Mais quand le maître s’en est aperçu, il m’a demandé de présenter toutes les saynettes. Au micro. Devant le public. Je suis incapable de dire comment ça s’est passé, c’est le trou noir…
Et maintenant, il m’arrive d’animer des réunions publiques (même si j’ai toujours cette grosse boule dans le ventre avant) 😉

Réponse
zetteandthecity

Mais c’est quoi ces enfants qui ne soutiennent même pas les parents?
Non mais on se demande pourquoi on les fait.
Sérieux.

Mais je te trouve trop modeste, tu n’oses pas avouer que tu refuses de voler la vedette aux autres, tellement tu éblouis et occultes tout le monde quand tu parles.

AVOUE!

Réponse
chaourcinette

j’ai dû prendre la parole à un congrès d’un grand syndicat (dont je ne citerai pas le nom lol ! veux pas faire de pub !!) sur le thème : « la place des femmes dans la société… »
je n’avais jamais fait de discours, hormis devant mes poupées, et ne savait pas du tout qu’il y aurait un bon millier de personne…..j’avais peaufiné mon texte depuis des jours, et quand je suis arrivée dans la salle….et que j’ai vu tout ce monde, j’ai failli m’évanouir….je suis devenue muette, la sueur au front.. Faut dire que dans la salle à majorité masculine, ça rigolait gras à l’idée de manger toute crue la petite jeunette qui allait s’exprimer…..
On m’a propulsé vers un micro….et là, j’ai tout oublié…mon texte , s’était fait la malle par terre, et j’étais là, terrorisée dans un soudain silence impressionnant….
Eh bien, je ne me suis pas dégonflée…j’en voulais tellement à ceux qui m’avaient balancée devant tout ce monde sans préparation, que j’ai improvisé durant 10 minutes, (et c’est long 10 minutes!!)…..je les ai fustigé, tous ces mecs qui prenaient leur femmes pour des bobonnes tout juste bonnes à rester à la maison…..
les mots venaient tout seul, et le silence devenait gêné…ça m’a fait un bien fou..surtout les applaudissements je dois dire !!!
depuis, je suis capable de tout…..

Réponse
O-M

J’adore ça !!! (je vais me faire lyncher ?)
Mariages, baptêmes, enterrements, félicitations, présentation d’une journée-promenade, je suis oratrice dans l’âme (mon grand-père était comédien…ça peut s’expliquer ????)

Réponse
Cathy

Quand ma meilleure amie m’a demandé d’être son témoin de mariage j’ai dit oui à la condition de ne pas lire de texte. Je suis incapable de lire à voix haute mes yeux vont plus vite que ma bouche …

Réponse
Lilith

C’est dommage que quelqu’un qui est capable de produire de si jolis textes ne puisse pas les proclamer =)

Réponse

Laisser un commentaire