Le premier jour où… j’ai rencontré quelqu’un de célèbre

Je n’ai jamais été très people. Je n’ai jamais été abonnée à OK Podium, jamais accroché aux murs de ma chambre des posters grands format de Roch Voisine du temps où il faisait de la pub pour Pepsodent. D’ailleurs, moi, quand j’allais à la plage, y avait toujours du monde, et j’évitais de mettre les yeux dans l’eau, ça pique l’eau de mer.

A l’âge où mes copines me vrillaient les tympans de leurs Patriiiiiiiiick énamourés, moi, je faisais tous les concours pour gagner des places gratuites pour les concerts d’Indochine – mes parents ne pourraient alors pas refuser de m’y laisser aller. Mais toujours dans la sobriété, il n’y avait que des chevaux camarguais courant dans le coucher de soleil sur mon papier peint.

Etudiante, des copains m’ont proposé de leur filer un coup de main dans un centre culturel où ils étaient bénévoles. Je fus affectée à l’équipe technique lumière (quand j’arrivais, seule fille de l’équipe, à échapper au poste « repassage des costumes »). A l’époque, il s’agissait surtout de trouver la bonne «gélat’ », la feuille de couleur qui venait se placer devant les projecteurs pour créer l’ambiance colorée exigée par le metteur en scène. Chaque couleur précise portait un numéro, c’était facile et amusant. C’était bien avant l’ère du tout électronique, du commandé à distance, du tout programmé à l’avance sur ordinateur.

Cette occupation me permettait surtout de voir les spectacles gratuitement, souvent de discuter avec les artistes, comédiens ou chanteurs,  dans leur loge, parfois de les accompagner au resto post-représentation. La plupart étaient absolument charmants avec notre équipe de jeunes non-professionnels.

Mais ceux qui gardent une place particulière dans ma mémoire, ce sont Raymond Devos, avec qui nous avons bien sûr longuement joué sur les mots, et le Mime Marceau, qui, révélation, avait aussi une voix, dont il se servit, après m’avoir fait un baisemain des plus élégants, pour me dire :

 

Mademoiselle, vous avez des yeux magnifiques. Des yeux… menthe à l’eau.

 

 

 

Les commentaires

Fredauboulot

Comme quoi, il n’est pas nécessaire de parler beaucoup pour dire des choses importantes…

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O-M

Quelle délicatesse ce Marcel…et comme je t’envie d’avoir jouer avec les mots de Raymond….

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O-M

…moi par contre, je n’ai pas fait joujou avec le dico , idiote !!!!
« je t’envie d’avoir joué »

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cleopat

comme j aurais aimé rencontrer Raymond Devos! mais je n aurais pas su trouver les mots à la hauteur du Maître !
quant au mime Marceau quel compliment !d habitude l admiration fait perdre la voix!
toi tu as donné l’ envie de parler à un mime et quel mime!!
tes yeux doivent avoir un sacré pouvoir :)charmeuse va 😉

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zetteandthecity

Ohhhhh comment c’est joli!
Un sans mot qui inspire un avec mots!

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Kandra

Il y a bien des façons d’exprimer les choses ; le Mime se révèle aussi poétique en paroles qu’il l’était en gestes. Merci pour cette jolie histoire. Tu as bien eu raison de garder cette formule comme pseudo !

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Bismarck

Ouais, mon pseudo à moi, c’est juste le nom de feu mon lapin, ça en jette carrément moins.
(Et Roch, pardon mille fois mais je m’excuse, c’est les PIEDS qu’il avait dans l’eau; c’est beaucoup moins drôle, je sais.)

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papiluc

merci pour ce récit, merci de m’avoir associé au soleil, fut-il captif sur un papier peint. Il remonte à ma mémoire plein de rencontres fabuleuses, mais ce n’étaient plus les premières.

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