Le premier jour où… j’ai aimé Pâques

Il y eut les chasses aux oeufs auxquelles nous nous adonnions de bon coeur, sans pourtant être dupes. L’allée du jardin, au pied des rosiers, des narcisses et du pêcher qu’ils ont depuis coupé, le massif de pivoines qui faisait l’angle, nous connaissions chacune de leurs cachettes. Et pas seulement parce que nous les observions de la fenêtre du palier.

Il y eut ensuite la relève, nos enfants qui à leur tour parcoururent l’allée du jardin des grands-parents. Il y eut le chocolat qui fondait au soleil sous le cellophane. Il y eut nos sourires, à nous, les grands, quand nos souvenirs d’enfance revenaient. Il y eut les mêmes paniers, près de trente ans après. Il y eut les mêmes mains maculées, les mêmes bouches tachées, les mêmes fraisiers piétinés.

Et avant cela, bien avant, il y eut Ninie. Qui s’en allait chercher les oeufs au poulailler, les vidait soigneusement en pratiquant deux trous invisibles. Et les transformait avec quelques bouts de laine, un bouchon en plastique en guise de couvre-chef, quelques traits de crayon habiles, un col fait de rouleau de papier toilette, recouvert d’échantillons de papier peint. Mademoiselle récupérait tout, absolument tout ce qui pouvait servir à son loisir favori, à ses chefs d’oeuvre qui lui ont longtemps survécu. Et il y avait moi, qui la regardais avec passion.

Les commentaires

cleopat

Joli moment de poésie qui me rappelle la Tante Rose qui habitait au bout de la rue et m’offrait des dragées, à moi toute fière d être accueillie chez elle, car elle recevait peu !
Sans oublier Mémé et Pépé H. mes voisins,Cette mémé aussi curieuse, voire un peu mêle tout,qu’attendrissante, ses beaux cheveux blancs soigneusement coiffés en un chignon maintenu par un filet..sa blouse ..sa buanderie à l’odeur toute spéciale de linge lavé à l ancienne!D’ailleurs ne jamais la déranger le jour de lessive ! 😉
et Pépé que j admirais : il avait un petit atelier dans le jardin, il s’y rendait en enfilant ses sabots qui l attendaient à la porte du jardin.
Dans l’atelier le massicot m’impressionnait, et l’odeur du cuir, de la colle faite maison et du vieux papier me remplissaient de joie. Il me montrait , son art de la reliure (dommage , encore trop petite pour apprendre!)
Ce pépé formidable avait donc des doigts d’or, et il d ailleurs il tricotait! il confectionnait ainsi les “lavettes” pour la vaisselle au crochet !ça semble ridicule aujourdhui !mais pour lui qui avait connu l apparition de l électricité dans les rues, dans les maisons,lui qui n avait pas encore une véritable salle de bain, c était une chose tout à fait normale …

Désolée je m’égare dans mes souvenirs couleur sépia des années 60-70 ! c est toi qui les a réveillés Merci pour ces instants de magie 🙂

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zetteandthecity

Ah oui effectivement… Pâques-passion, Pâques-émotion!
J’aime pas Pâques, mais j’aime les tiennes.

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