Le premier jour où… j’ai tremblé aux présidentielles

Je suis arrivée en France au printemps 2002. Soit, si tu calcules bien , pile poil il y a deux quinquennats. Je suis tombée, tel un cheveu dans la soupe au tapioca, en pleine campagne électorale. De quoi me faire apprécier à leur juste valeur mes tout nouveaux concitoyens, et tout ce dont ils étaient capables. De promettre, de médire, de beaux discours et de mauvaises pensées. Oui, déjà.

C’était le temps de Chichi avec son pantalon remonté sous les aisselles, c’était le temps de la cohabitation, c’était le temps de Jojo dont la chevelure me faisait furieusement penser à un mouton prêt à tondre. Et pour cause: ce fut aussi, très vite, le temps de Jean-Marie, de son succès incroyable d’un soir et du choc qui nous anéantit tous…

Pendant quinze jours, nous fûmes comme hébétés.  Très vite, les manifestations s’organisèrent. La gauche mit son honneur dans sa poche, au nom de la tolérance et de l’humanisme, et il devint à peu près clair qu’un sursaut de fierté animerait le peuple français dans l’isoloir. Ce dimanche 5 mai, vers 20 heures, comme des milliers d’autres, je retins mon souffle. 82% et des poussières, c’était le prix de l’espoir.

Les commentaires

Cambroussienne

J’ai toujours des relents de nausée en pensant à cette soirée (et l’une de mes soeurs qui n’avait pas voté pour aller « à la pêche » a depuis voté à chaque élection). Ce même malaise m’a étreint lors des résultats du second tour.

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Covima

Tu es toute jeune sur le territoire alors ? 😉 Mais tu as bonne mémoire, je ne me souvenais plus des chiffres. A tout prendre, oui surtout ne pas donner de voix aux extrêmes. Faut croire qu’en 10 ans, bcp se sont assis sur leur fierté (et dans un mois, elle aura quelle couleur, l’Assemblée ?)

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Anonyme

Ca a eu le merite de reveiller les partis .. a force d’ignorer les inquietudes du peuple et de les cacher sous le tapis….. ca fini par ressortir de facon violente. « Faut croire qu’en 10 ans, bcp se sont assis sur leur fierté ». Ce genre de commentaire est condescendant poiur les gens qui ont vote aux extreme. Et ca aussi ca participe a la montee des extremes. Desolee mais c’est la verite….

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Covima

Désolée, mon commentaire n’avait pas pour but d’être condescendant envers qui que ce soit. Chacun vote pour qui il veut, quand je disais « beaucoup » je pensais surtout aux partis politiques qui n’ont pas eu autant de scrupules cette fois qu’il y a 10 ans, c’est à ça que le « sursaut de fierté » m’a fait penser. Je pense que les extrêmes ne sont bons ni dans un sens ni dans l’autre, c’est mon avis. Moi la condescendance, c’est quand on parle du peuple justement, chacun ses critères…

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las artes

L’idée de mettre JP Pernaud dans un bled perdu, soi-disant représentatif de « la France profonde » pour nous faire entendre les réactions des habitants était ridicule ; quant aux débats sur le plateau, très brouillon, personne ne s’écoutait, tout le monde braillait et le téléspectateur ne comprenait rien : les deux animatrices moulinaient des bras mais ne maîtrisaient rien : une cour d’école sans professeur. Nul : j’ai changé de chaîne et suis passé sur Canal qui, à ma grande surprise, avait une super soirée électorale, présentée par Denisot et Anne S Lapix, classe et sérieuse. Impeccable !

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