Puces

Bribes de vie étalées sur un bout de trottoir, vestiges improbables d’un autre siècle.

A même le sol, les souvenirs des jours heureux, délaissés à présent au profit de jouets plus modernes.

Les bébés ont grandi, les vêtements devenus trop petits, les poussettes inutiles, les baignoires superflues.

Les enfants sont partis au lycée ou faire leur vie, et dans la chambre vide, pourquoi garder encore ce qui ne trouvera plus grâce à leurs yeux.

Sortis de la bibliothèque, les livres d’une autre époque prennent la poussière,  attendent une nouvelle vie, d’autres mains pour les feuilleter.

Quelques verres dépareillés espèrent venir compléter une étagère dont leurs congénères ont autrefois chu, provoquant désespoir ou colère d’une maîtresse de maison.

Objets d’un autre âge, fers à repasser anciens, appareils photo d’époque, trouvent l’œil des connaisseurs, voisinent avec tant de choses qui ont vieilli trop vite, passé de mode avant même de s’abîmer vraiment.

Les badauds se pressent, en quête de la bonne affaire, indifférents à la nostalgie qui suinte de partout.

Les vendeurs attendent, espèrent quelques piécettes, et surtout, le soir venu, ne pas avoir à ranger une fois encore dans le coffre de la voiture les cartons qui reprendront leur place à la cave, en attendant un autre dimanche, ailleurs, dans un autre village de campagne.

Les commentaires

tournicotiton

J’aime savoir qu’un objet, un meuble, un jouet, soit passé dans d’autres mains… ça lui donne une histoire!

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La Fille aux yeux couleur menthe à l'eau

J’ai encore un peu de mal avec les jouets qui sont si cracras sur les brocantes ici… mais oui, je déteste l’idée de jeter un objet et le priver d’une autre vie (mais je donne, je suis pas assez courageuse pour étaler ma vie sur le trottoir ni attendre le chaland).

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Mme Statler

j’adore faire les puces, et prendre en photos toutes ces choses improbables qu’on peut y trouver
comme cette patère faite d’une planche en bois pourrie, grossièrement repeinte en blanc avec deux clous rouillés pour les vêtements, vendue pour la modique somme de 90€

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chaourcinette

Barbara, l’a si bien chanté que je ne résiste pas à t’en susurrer quelques mots :

« Dans les paniers d’osier de la salle des ventes
Une gloire déchue des folles années trente
Avait mis aux enchères, parmi quelques brocantes
Un vieux bijou donné par quel amour d’antan

Elle était là, figée, superbe et déchirante
Ses mains qui se nouaient, se dénouaient tremblantes
Des mains belles encore, déformées, les doigts nus
Comme sont nus, parfois, les arbres en Novembre

Comme tous les matins, dans la salle des ventes
Bourdonnait une foule, fiévreuse et impatiente
Ceux qui, pour quelques sous, rachètent pour les vendre
Les trésors fabuleux d’un passé qui n’est plus……… »

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