L’absent

Un baiser sur la terrasse, il fait encore nuit. Quelques larmes, parce que c’est plus fort que moi, et je retourne dans mon lit.

Je me lève alors que ton avion est déjà loin. Dans la salle de bains, tes affaires ont disparu. Je profite de ton départ pour ramasser tes quelques vêtements dans le panier, les laver, comme si j’effaçais toute trace de toi, et je ne peux m’empêcher de penser qu’il y a une possibilité que je regrette un jour prochain ces gestes, trop vite accomplis.

 

La journée se traîne, mes repères sont flous. Tu es à présent dans les couloirs du temps, en route pour l’autre bout du monde, et nous restons sur le quai, indécis. Je pense aux femmes de soldats, je me trouve un peu ridicule,  mais tant pis. Avons-nous jamais été si loin l’un de l’autre, mais si proches par la pensée ?

 

Tu vis à présent une vie inverse à la nôtre, dans un autre hémisphère, au bout du bout des fuseaux horaires. Nous tâchons de trouver ça rigolo.

 

-Bonjour !

-Bonne nuit !

 

Une fois de plus je m’émerveille de la technologie, et je me moque des adversaires du téléphone portable. Nous, c’est toute notre histoire.

 

Je crois que les enfants ne réalisent pas trop que tu es réellement au bout du monde. Pour eux, j’accomplis la routine quotidienne, je suis leur rempart de normalité. Mes nuits sont faites d’insomnies, comme si je désirais vivre un peu de ta vie, les leurs sont peuplées de leurs rêves habituels.

 

La vie reprend son cours, doucement, sans toi, c’est bien, c’est nécessaire, mais cela m’horrifie. Quelque chose reste en suspens dans l’air, comme inachevé, et ne reprendra son cours qu’à ton retour. Où nous t’assaillirons de questions, voyageurs par procuration. Nous voudrons tout voir, tout savoir de cet endroit mythique où ta vie a fait un détour, alors que la nôtre filait droit.

 

Est-ce un endroit pour bosser, seriously?

Les commentaires

princessesoma

Je suis rentrée en France depuis lundi.
Mon homme nous rejoint dans 2 semaines & demi.
Le temps est déjà long, loin…
Apprendre à dompter le temps, que c’est difficile. Chaque jour qui passe est une petite victoire.

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La Fille aux yeux couleur menthe à l'eau

L’absence est là, le temps est long, c’est un fait, mais ça ne me pèse pas trop trop encore. J’avais plutôt envie d’écrire sur cette vie parallèle, cette vie qui continue de part et d’autre, et à laquelle on s’habitue effroyablement vite, préoccupés par le quotidien.
Courage à toi, après, quand on regarde en arrière, on se dit que ça a filé!

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Fredauboulot

Et vu que le voyage dure déjà 4 jours aller-retour, il ne pouvait décemment pas partir moins longtemps…
Mais c’est vrai qu’un décalage horaire aussi important, ça aide pas pour pouvoir se joindre.
Courage.

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MrsB

Non, ce n’est pas un endroit pour y travailler, c’est un endroit pour pêcher son repas du soir, pourtant de nombreuses personnes y travaillent pour que le barnum à touristes soit conforme au dépliant touristique. 😉

MrsB, membre de la sauvegarde des milieux naturels

A propos d’ histoire d’amour et de lieux mythiques faut lire ou voir The Descendants.

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Bismarck

Té, il laisse sa femme enceinte jusqu’aux yeux pour aller au bout du monde? Il y a vraiment des mecs qui ne pensent qu’à leur boulot… (Mais au moins, le tien, il téléphone!)

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cleopat

Heureusement skype existe !pas toujours facile j’imagine! mais le retour, j espère pas trop lointain, n’en sera que plus extra 😉

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O-M

Pas facile à accepter quand on à 3 gamins1/2….mais le monde du travail est dur (au moins la destination est colorée).
Le pire ce sera le soir…. où poser tes petons tout froids ????

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Mère Blabla

Le Père Truc ici part souvent mais moins loin et moins longtemps. Barcelone il y a 2 jours, Londres cette semaine… Et oui je suis d’accord la vie continue même si elle est moins belle à mon goût.

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benichou

mon histoire depuis 3 ans, des separations, des retrouvailles plus ou moins longues.5 heures d’avions nous séparent… Vives les nouvelles technologies et skype mais que c’est dure

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Marinouaustralie

Je comprends si bien ce que tu ressens … 6 heures de décalage horaire nous séparent lui et moi. Et oui c’est dur mais pas insurmontable!
Bon courage

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Covima

La vie quotidienne qui continue malgré tout est bien décrite. Nous maintenant ce n’est « guère plus » que 2-3 jours d’absence, mais à ceux qui me demandent, je dis que je ne m’y habitue pas. Mais sa destination est quand même bien sympa, ça mérite la distance j’imagine…

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