Le premier jour où… je suis partie en vacances

Quand mon père avait encore les cheveux noirs et ma mère les trésors de patience requis à l’organisation d’ateliers créatifs, ça ne date pas d’hier, donc, ils passaient toutes leurs vacances de jeunes enseignants en Suisse, où ils animaient des colonies de vacances. D’abord, à deux, puis, progressivement flanqués de leur joyeuse progéniture.

C’est ainsi que quelques semaines après ma naissance, on flanqua mon Moïse dans un compartiment de train couchettes. Je ne me souviens malheureusement pas si mes compagnons de voyage eurent à subir mes pleurs de nourrisson, ou si, comme à cette bonne époque des 70’s, ma mère rusa en me filant une tétine trempée dans du miel (paie tes caries, ton obésité et ton botulisme, c’est la version 2012). Personne ne se posa non plus la question de l’opportunité d’un bébé de six semaines en altitude, c’est ainsi que je fis mon premier séjour en montagne, sans trop de dégâts, apparents du moins.*

Je n’en ai évidemment aucun souvenir. Par contre, je me souviens très bien d’autres trajets vers la même destination, dans les mêmes trains couchettes, les années suivantes. Je me rappelle de la neige. Des gants oubliés. Du téléférique rouge. De la luge. De la mer de glace. Je ne comprenais pas, on m’avait bien promis la mer? Où étaient donc les vagues?  Je me souviens de la balançoire accrochée à une branche, de mon frère plus âgé qui me faisait croire qu’elle était pour les biches, quand nous avions le dos tourné. Des joues rouges d’avoir couru au grand air. De mon père qui me promet des edelweiss, tout là haut, si tu marches bien.

 

Et surtout, surtout, je me rappelle de ce jour où le groupe partit visiter l’usine de chocolat Nestlé. Agée de pas tout à fait trois ans, je ne fus pas autorisée à pénétrer comme les autres au coeur de l’usine. Je fus alors confiée à deux hôtesses qui m’assirent dans un énorme fauteuil orange, et mirent à ma disposition plus de plateaux de chocolats que ne pourraient en avaler une classe entière sans crise de foie. Je me souviens de mes petits doigts qui hésitaient au moment du choix. Ma mère, elle, se souvient surtout des moustaches de chocolat qui ornaient mon visage quand elle me récupéra deux heures plus tard, et d’avoir béni les gênes qui m’avaient donné un foie en béton armé.

 

J’ai jamais pu choisir, alors je goûte tout.

 

*Quelle époque de guedin bénie où on ne se prenait pas tant la tête, quand même!

 

 

Chaque mercredi, la joyeuse troupe des premières fois composée de ZetteMHFCathyPapiluc, CambroussienneLilithJoufflettel’Herbe folleLaurentClem la matriochka, Cerysette des bois, Léia… se réunit pour disserter sur un sujet défini ensemble sur la page du groupe Facebook dédiée. Rejoins-nous!

 

Les commentaires

O-M

Je ne sais pas si tu as pu, décemment ,en manger autant que moi, mes parents étant épiciers, mais ce qu’on appelait « épicerie fine », j’avais tout à portée de mains et mon plus grand plaisir était d’en faire fondre sur ma langue, de badigeonner l’intérieur de mes joues et d’aller souffler dans le nez de ma soeur aînée, qui détestait le chocolat….même une fois en vacances, elle a eu droit également au trop-plein de la journée directement sur la chemise de nuit….elle en parle encore !

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Cambroussienne

Je me souviens en effet que ma soeur, de moins de 4 ans ma cadette, voyageait dans un couffin en paille tressée, lequel n’était bien évidemment pas attachée, les ceintures étant facultatives !

Je me souviens également d’une visite dans une chocolaterie (il me semble que c’était Cémoi). A l’époque, il semble que ce ne soit plus le cas à présent, nous passions presque au-dessus des cuves chocolatées. Je suis ressortie avec un écoeurement du chocolat qui n’a cessé qu’après ma première grossesse (et encore).

Réponse
MHF

En fait c’était en avril… Mais le temps depuis à Paris est tellement moche que j’ai vu passer l’hiver !!!!

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