Le premier jour où… j’ai passé la nuit à l’hôtel

Petite, nous avions l’habitude d’aller squatter chez des amis de mes parents ou dans la famille, agréablement disséminée du nord au sud de l’Europe.

J’ai ce souvenir flou d’un printemps de mes vingt ans, où je m’échappai en compagnie de mon amoureux pour un week-end sur la côte avant le long tunnel des examens de fac. Je me rappelle que nous voulions absolument une salle de bains avec baignoire… pas du tout de l’hôtel en question.

Les premiers souvenirs d’hôtel qui me viennent ensuite sont ceux, somme toute assez glauques, de déplacements professionnels dans des lieux pas toujours fascinants – du moins quand il faut y travailler, et que l’on s’y retrouve, le soir, seule et fatiguée.

Il y a cependant un hôtel qui a marqué à jamais mon esprit, celui d’un quartier pas très chic de San José, au Costa Rica, où je passai un bout de nuit vers la fin des années 90 après les nombreuses heures de vol en provenance de l’Europe. J’arrivais pour un mois de tourisme, et la correspondance à New York avait pris quelques heures de retard. Il faisait nuit noire quand je débarquai, donnai l’adresse au taxi. Je me rappelle du dédale de couloirs en bois, et enfin d’un lit, où je m’écroulai, assommée par le voyage et les heures de décalage, sans chercher à vraiment regarder autour de moi.

Je m’endormis sans montre, et m’éveillai sans doute quelques heures plus tard, à l’aube d’un voyage qui se promettait d’être fantastique, devant quitter la capitale pour la pointe de la péninsule de Nicoya dès le lendemain en ferry – après quelques heures de route. La première chose que je fis fut d’ouvrir la fenêtre et les volets. Je pense que la vue donnait sur une rue calme, je ne sais plus. Tout ce dont je me rappelle, c’est le ciel d’un bleu puissant, et le soleil éblouissant. Il était à peine six heures du matin, heure locale. Je partis ensuite à la recherche de mon petit déjeuner, que je pris sous les arcades d’un patio, jardinet où les plants d’ananas se disputaient aux orchidées. J’ouvrais de grands yeux, et savourai ces quelques heures d’ailleurs, avant de rejoindre le Pacifique.

Dans les semaines qui suivirent, je changeai de chambre d’hôtel presque tous les soirs, alternant lodge au milieu de la jungle, cabiñas de surfeurs en bord de Pacifique, auberge de jeunesse sur la côte caraïbe et hôtel de luxe, juste pour une nuit, juste pour voir ce que ça fait…

Depuis, de nombreux souvenirs ont marqué d’autres chambres d’hôtel, ailleurs dans le monde.

Mais toujours, en quittant ma chambre d’une nuit,  je fais mon lit.

Photos de Tulemar Bungalows & Villas, Parc national Manuel Antonio

Tulemar, Parc National Manuel Antonio, Costa Rica
(Photo TripAdvisor, mais j’ai la même… en argentique so ’99)

Chaque mercredi, la joyeuse troupe des premières fois composée de ZetteMHFCathyPapiluc, CambroussienneLilithJoufflettel’Herbe folleLaurentClem la matriochka, Cerysette des bois, Léia… se réunit pour disserter sur un sujet défini ensemble sur la page du groupe Facebook dédiée. Rejoins-nous!

Les commentaires

O-M

Quelle sensation extraordinaire de découvrir un tel environnement…moi aussi, je « retape » mon lit quand je quitte ma chambre :-))

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cleopat

joli récit j étais tellement dedans que j attendais la suite de cette journée au Costa Rica 😉 Pour ma part je me retiens de faire le lit mais je remets tout correctement, et je mets le moindre papier ou bouteille vide à la poubelle ! 🙂

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La Fille aux yeux couleur menthe à l'eau

Après j’ai loué un 4×4, j’ai pris l’autoroute, je me suis fait arrêter par les flics (comité d’accueil!) qui avaient décrété qu’à vue de nez je roulais trop vite, après j’ai pris le ferry, après la nuit est tombée, vers 16 heures, au moment où je débarquais, après j’ai traversé des gués, pris des pistes dans le noir, et après j’étais au bout du monde, et il m’a fallu attendre le lendemain à l’aube pour le découvrir. 😉

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Cambroussienne

Il y a quelques mois, NumberOne s’est vu offrir un WE. Au petit matin, à l’hôtel, en ouvrant les yeux ma soeur l’a observé. Il s’était levé et entreprenait de faire son lit. Il ne l’avait jamais fait avant, il ne le fait qu’exceptionnellement aujourd’hui.

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