Le premier jour où… j’ai mangé de la galette des rois

Il y a longtemps loin d’ici, j’ai fréquenté quelques temps, pas beaucoup, en raison d’une actualité familiale difficile, l’école maternelle. Je me souviens de m’y plaire, tout en me demandant bien ce que je faisais là, entre deux longues absences. Je crois que c’est à cette période que j’ai développé un handicap sévère qui allait plus tard freiner ma vie sociale en m’empêchant de danser le YMCA ou la Macarena sans m’emmêler les pinceaux (et je te cause même pas de Madison) (oui je sais on a des plaisirs simples à la campagne): impossible d’apprendre la chorégraphie de « Savez-vous planter des choux? » quand on passe son temps à courir après sa mère dans des couloirs de gare, pour pas louper la correspondance. J’ai eu une enfance difficile, voyez.

Un jour de janvier dans cette école, la maîtresse partagea une galette, distribua les parts, et le temps que je comprenne l’enjeu de l’histoire, un de mes petits camarades bondissait déjà, triomphant, la quenotte douloureuse et la fève dans la main. Aussitôt, il fut pressé de choisir sa reine, et dans mon petit coeur de cinq ans, je dus comme les autres espérer secrètement être choisie. Tu t’en doutes, le morveux ne m’a même pas calculée, et la couronne me passa à côté. Mais pourquoi on veut toujours avoir une breloque sur la tête, que ce soit couronne des rois, diadème de Miss France ou de Duchesse de Kensington, alors qu’un bonnet à pompon suffit largement au bonheur?)

Des années après, quand je fus en âge de manier le four à gaz familial sans le faire exploser une fois de plus, ce qui obligeait mon père à chercher les petits ressorts à quatre pattes dans la cuisine, je pris l’habitude de confectionner moi-même la galette et de repérer où je planquais la fève, faut pas déconner non plus.

Aujourd’hui, je repère toujours où je planque la fève. Parce que ce midi, la Pili-Pili est rentrée de l’école bien tristoune: évidemment, point de fève pour elle dans la galette partagée au goûter, et les yeux du petit Loan se sont arrêtés sur la petite Madison. Alors ce week-end, je serai bien obligée de faire une galette, et de lui réserver la meilleure part, celle qui donne droit à la couronne sur la tête, à la joie d’un jour, au baume au petit coeur toujours.

 

Et pour ma recette, rendez-vous il y a deux ans.

 

 

Chaque mercredi, la joyeuse troupe des premières fois composée de ZetteMHFCathyPapiluc, CambroussienneLilithJoufflettel’Herbe folleLaurentClem la matriochka, Cerysette des bois, Monette, Raquel, Léia,… se réunit pour disserter sur un sujet défini ensemble sur la page du groupe Facebook dédiée. Rejoins-nous!

 

 

Les commentaires

Fredauboulot

Tu m’as mis les larmes aux yeux. Je revois mon tit dernier ce week-end, si déçu que ce soit sa sœur qu’il l’ait. Mais elle a été sympa, elle lui a prêté sa couronne (chez nous, celui qui trouve la fève récupère la couronne puisque moi je récupère la fève après; ça évite un 2e drame, celui de voir qu’on n’a pas été choisi…).
Aujourd’hui, c’était galette à la cantine. On verra ce soir…

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Cathy

La frustration comme l’ennui font partie de l’apprentissage de la vie. Nous y avons survécu mais c’est déchirant lorsque nos enfants y sont confrontés. Vive la princesse !

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La vie en presque rose

La première fois que l’héritier a mangé de la galette des rois, il avait 9 ou 10 mois. Je lui en ai donné un tout petit morceau, détaché de ma propre part… et il a failli s’étouffer : yavait la fève dedans !

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O-M

On ne se rends pas compte que ces fèves engendrent des blessures ( pas dentaires) mais sentimentales. Pov’ Pili-pili je suis certaine qu’un jour elle trouvera son roi…..avec une grosse galette !

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charlotte

Pourrais-tu m’expliquer comment tu fais pour écrire aussi bien avec comme sujet « la galette des rois »! Tu aurais dû te décerner à toi même le menthalo d’or 🙂

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