Fin novembre

La clé tourne doucement dans la serrure et elle se raidit, imperceptiblement. L’enfant dans ses bras fige son sourire et l’interroge de ses yeux muets, si verts, les mêmes que ceux de sa mère.

Il entre. L’enfant est prête, elle l’embrasse et la pose dans sa coque, l’harnache, se concentre sur la tâche pour ne pas penser, surtout ne pas penser, ne pas trembler, ne pas lui montrer qu’elle a peur.

Elle va dans la cuisine chercher les biberons, les petits pots qu’elle a préparés pour le week-end. Il la suit, s’arrête dans l’ouverture de la porte. Elle veut ressortir, il ne bouge pas. Elle ne comprend pas. Il ne dit rien. Machinalement, elle protège son visage d’une main, pendant que l’autre tient le petit sac isotherme, et passe la porte, alors qu’il ne bouge toujours pas.

Sa main s’abat, et avec lui la puissance de son bras. Il a cru qu’elle allait le frapper quand elle a levé la main au dessus de son visage, alors il l’a devancée.

Soudain tout est noir. Dans sa coque, au salon, l’enfant hurle.

Il s’arrête enfin, la laissant à terre, saisit la coque, le sac,  et disparaît dans le couloir.

Elle reste seule avec ses larmes, et le doudou tombé par terre dans l’entrée. Elle se traîne jusqu’à lui, le ramasse, le respire, il sent le bonheur brisé d’un bébé.

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Les commentaires

kiarapapillon

Les coups, les mots qui blessent, qui tuent. Faire mal à l’autre pour se sentir supérieur. Tout cette violence…

Réponse
Polina

Quand j’ai vu ce film, je me suis dit que c’était quand même incroyable qu’une personne puisse en arriver à ce stade de « victime ». Manipulation, remarques insidieuses, tout semble fait pour que cette fille se perde elle-même. Même sans l’avoir vécu, cette réalité est glaçante.

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