La chatte à Britney

Ce week-end, j’ai vu la chatte à Britney.

Quelques instants plus tôt, j’avais aperçu Brigitte et Jackie nues. Ca ne m’avait pas fait le même effet. Presque, mais pas tout à fait. La faute au zoom sur l’endroit stratégique, sans doute. Si j’avais effectivement pu constater que les mœurs épilatoires et les diktats de minceur avaient bien changé en quarante ans, il fallait me rendre à l’évidence, les stars d’alors affichaient une certaine élégance, même en tenue d’Eve. Et cette élégance n’émanait pas seulement du grain des clichés argentiques ou du noir et blanc qui patine les défauts et le temps. Plus les décennies de photos s’égrenaient au fil de l’exposition, plus une certaine décadence devenait évidente, plus la vulgarité des attitudes devenait criante.

Evidemment les enfants avaient ricané. Evidemment la voisine dirait que ce n’était pas des choses à leur montrer. Evidemment je rétorquerais qu’on est tous faits pareils, après tout.

Et pourtant. Cette exposition de photos plus ou moins volées nous laisse avec un malaise diffus. Bien sûr, Britney n’a qu’à mettre une culotte pour sortir. Certes. Mais qui sommes-nous pour avoir envie de regarder sous sa jupe ? Que sommes-nous devenus ? En quoi voir nos célébrités diverses à poil, en famille, en balade nous intéresse-t-il ? Qu’avons-nous à en faire, à quoi cela nous sert-il, que cela nous apporte-t-il ? Pourquoi la plupart de ces clichés indécents concernent-ils des femmes? La place des acteurs n’est-elle pas dans les films, des chanteurs sur les CD ou sur les scènes, des princesses comme les moules sur leur rocher ?

Finalement, voir ces photos que nous ne devrions pas voir, prises par des gens qui n’auraient pas dû les prendre, nous pose question sur nous-mêmes.

 

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Les commentaires

fabiennelepicdelaglaviouse

Cela dit je n’ai pas plus envie de voir la bite à Brad que la chatte à Britney. Et cela me rappelle une exposition magnifique au palais de Tokyo où nous n’avions pas bien lu les avertissements et sommes rentrés (avec enfants) dans un kaleidoscope géant d’origines du monde de toutes natures, origines et âges. Souvenir cuisant d’avoir du courir façon hiéroglyphe avec un bras sur les yeux du petit pour visiter une autre salle…

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La Fille aux yeux couleur menthe à l'eau

Mhmmm si ça peut le dégoûter des filles jusqu’à 45 ans et que tu restes l’unique femme de son coeur, ça vaut le coup non? 😀
(Moi non plus je veux pas voir Brad Bite)

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Sandrine

Dans Voici, c’est du people mais dans un grand musée, on appelle cela de l’art …

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La Fille aux yeux couleur menthe à l'eau

Epargne toi les 10€ d’entrée, c’est assez triste je trouve ce que ça nous dit sur nous-mêmes.

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Paf ! le P.A.F

Tous nos actes quotidiens ont des conséquences. De la même manière que choisir de consommer bio, local, équitable, de manger moins de bœuf, ne pas acheter les magazines qui contiennent ces images contribuera à les voir disparaître, puisqu’ils ne sont là que pour répondre à une demande. Chaque fois que l’on achète ce type de « presse », on contribue à rémunérer ceux qui traquent les « people » pour voler ces images. Tu illustres ton article d’une œuvre d’art, je ne crois pas qu’il y en ait des masses dans ces revues.

À l’instar des images que tu décris, notre société est décadente, c’est à dire -littéralement- qu’elle s’achemine vers sa perte, il faut être aveugle pour ne pas le voir.

C’était mon militantisme du soir.

Et tant que j’y suis : http://www.youtube.com/watch?v=TfCgdOfdYKw&list=UUhr5O2aamBLN1ZVkiIj8FdQ

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La Fille aux yeux couleur menthe à l'eau

Le pourquoi de l’illustration: j’ai donc emmené les enfants voir l’expo Paparazzi! du Centre Pompidou. A côté de la photo en question, un pastiche de Courbet avec l’intimité de Britney. Vraiment n’imp.

Sinon, je suis parfaitement d’accord avec toi, je revendique même le côté vieille France de ta conclusion sur la décadence de notre société.

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