La douleur

Elle ne me quitte pas, depuis quatre jours maintenant. Quatre jours et trois nuits. C’est long, quatre jours et trois nuits, quand la douleur vous vrille la tête et brouille la vue.

Cette fois-ci, elle a commencé à droite, deux longues journées: A la fin de la troisième, elle se déplace, en sens inverse de son habitude, vers lagauche, signifiant ainsi que les prochaines heures seront intenses, et puis le vide, enfin, ce vide mou, cotonneux de l’après.

C’est long quatre jours. Au fil de la descente dans la douleur, mes pensées vagabondes, toujours plus profondes, mélancoliques, terrifiantes. Parallèlement, je m’inflige la lecture audio d’Un roman français, de Frédéric Beigbeder, en voiture. Au milieu de la décadence triste de la jeunesse dorée de belle ascendance, quelques réflexions ne me font finalement pas regretter le voyage. Mon mépris se mue lentement en compréhension – parfois, il suffit de m’expliquer les choses. J’aime avoir à changer d’avis, j’aime l’idée d’en être encore capable, et surtout heureuse.

Au bout de quatre jours au tréfonds de moi-même et du noir, je me dis parfois qu’il serait tellement plus facile d’en finir, pour ne plus souffrir, jamais – je crois que c’est au moment de sa garde à vue où Frédéric Beigbeder envisage de se coincer la tête dans le soupirail pour en finir qu’il m’est devenu sympathique. Coïncidence ou synchronicité.

On est terriblement seul dans la douleur. Seul à la ressentir, tandis qu’autour de soi la vie continue, au delà des murs d’incompréhension. Seul à la comprendre. A savoir combien, comment, tout le temps, sans qu’elle nous laisse le moindre répit. Le réveil, implacable, qui sonne et nous ramène à la conscience de la douleur implacable, le corps engourdi de médicaments, mais elle, là, qui cogne encore.

Un jour, quand la douleur s’estompera, il faudra revenir au monde. Sortir de mon côté sombre.

 

Minolta DSC

 

 

 

Les commentaires

Elise

Tu n’as pas de traitement de crise qui fonctionnent sur toi? Les neuro/riza triptans ont tout simplement changés ma vie. Bon courage à toi, je compatis… Je connais ça.

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La Fille aux yeux couleur menthe à l'eau

Il faut que je refasse un point avec le médecin. Mais du coup, tu vois, j’ai pris rendez-vous.

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Elise

Je prends du maxalt depuis plusieurs d’années et enfin je peux stopper les migraines! Je revis! J’espère que tu trouveras quelque chose qui te fasse oublier ces s****** de migraines.

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CaroSelky

Arfff, les migraines… Je ne connais pas, mais la douleur est ingérable au quotidien, quelle qu’elle soit… COurage

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Élodie (mVmHmE)

Tu as tout à fait raison, la douleur nous éloigne parfois un peu des autres car ils ne comprennent pas. La douleur ronge et fait de nous quelqu’un d’autre certains moments. Bon courage à toi, en tout cas. Je sais ce que c’est (moi, ce sont de très vives douleurs au dos)

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chaourcinette

j’aurais pu écrire tes mots sur la douleur….sur ce qu’elle provoque, sur l’envie parfois d’en finir….Je n’ai pas de migraine mais je souffre du syndrome d’alcock (nerf pudendale) et aucun antalgique ne fonctionne….Seule la position allongée me donne un peu de répit….
Courage !

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La Fille aux yeux couleur menthe à l'eau

Courage à toi, entre les crises, moi je vais bien!

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La Fille aux yeux couleur menthe à l'eau

Courage à toi. Pas facile en effet de gérer la douleur.

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Geneviève Martin

C’est si affreux que cela ? Allez-vous mieux maintenant ? Je vous embrasse et pense à vous.

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La Fille aux yeux couleur menthe à l'eau

Merci Geneviève.
La crise a été assez moche, physiquement et moralement (mais l’écriture soigne), ce n’est malheureusement pas encore fini, et j’avoue que j’en ai marre là.

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Shaya

C’est impossible de faire comprendre aux autres la douleur qu’on ressent. Il n’y a que ceux qui l’ont vécu qui comprennent vraiment.
Courage. Je t’embrasse.

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Nicole

Les migraines, je connais très bien, mais pas aussi terribles que les tiennes, visiblement. Je ne peux que compatir et envoyer par la même occasion une flopée d’ondes positives (ça ne sert à rien, mais ça ne coûte rien).
Courage !

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La Fille aux yeux couleur menthe à l'eau

On se sent toujours moins seule avec des tas d’ondes positives, merci Nicole.

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fredauboulot

J’ai la chance de ne pas connaitre cette douleur. Je te souhaite du courage pour supporter ces crises mais j’espère que ton médecin trouveras vite un traitement pour te soulager.

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audrey

Oh oui ca doit etre long ! mon triste « record » est à 3 jours et c’est terrible. Les crampes dans le cou à force de rester allonger du meme coté, les nausées, les vomissements, le schoot des médocs, les idées noires, la culpabilité de ne pas etre la pour ses proches. Et les enfants : c’est fini maman t’as plus mal à la tête ? »
… alors courage, le seul avantage : on ressort booster pour profiter de la vie quand on est en forme…
audrey 20 ans de migraines…
Et comme je n’avais jamais laissé de com ici, respect pour ta magnifique plume pleine d’emotions

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