A la mesure des possibles

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On avait dit qu’on prendrait le temps, le temps de quoi on ne sait plus déjà, le temps de souffler un peu, d’étirer les derniers jours de l’année jusqu’à la corde, de boire ses nuits jusqu’à la lie, et puis on n’a eu le temps de rien. Le temps de se battre en vain, cloués au lit, contre des armées de virus et de microbes est toujours du temps perdu – même quand notre seule ambition avouée était de fusionner avec les plumes.

On s’est dit qu’on ne pouvait pas être le 24 décembre, impossible, il faisait bien trop gris, bien trop mouillé, et pourtant nous étions là, rassemblés comme il y a si longtemps, à chercher une place dans le salon devenu trop petit, à finir cette histoire recommencée trois fois au gré des arrivées et du chapon au citron qui fume un peu tu ne trouves pas, à ensevelir sous les rires les cadavres des derniers jours, des derniers mois.

Ma filleule de huit ans m’a écrit ce matin Marraine j’ai vu le pull que tu as tricoté à mon papa (en 1997 selon toute vraisemblance, ndlr)  et je me demandais si tu voudrais bien me faire une robe et j’ai ri de tant de candeur, peut-être devrais-je envisager la taille 18 ans, moi qui n’ai pas terminé d’écharpe depuis si longtemps?

On avait dit qu’on ferait tellement de choses de ces deux jours, et finalement on était très contents de nos six photophores à base de verres de yaourts recyclés et de cartes de voeux ajourées de petits anges et d’étoiles.

Etre heureux n’est-ce pas parfois simplement réduire ses aspirations à la mesure des possibles?

 

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