Les dimanches à la campagne

tumblr_ne9zehn83r1qhavevo1_500

 

 

Je me souviens encore de cette époque où je découpais les coupures de presse qui parlaient d’elle comme une natural born psychopathe, où je lisais en sous-marin ses mots en me disant qu’un jour, je voudrais écrire comme elle – avant de comprendre qu’on écrit comme on vit, comme on respire, chacun-e à notre manière, qu’il faut juste le temps de laisser mûrir les émotions et les mots qui les disent, et que c’est très bien comme ça toute cette diversité.

 

Et puis voilà, les années passent, les internets magiques et ses Birkenstock léopard dans ma cuisine un dimanche, les cris les rires de la ribambelle d’enfants qui emplissent la maison. Les vieilles maisons de la campagne ont ça de merveilleux qu’elles semblent attendre endormies ces moments de vie intense qu’elles gardent ensuite gravés dans leurs murs, elles sont faites pour les tablées chahuteuses, les courses effrénées, les verres renversés et l’odeur du gâteau qui cuit dans le four.

 

Les piques à brochettes destinées à confectionner de ravissantes brochettes apéritivo-diététiques ont disparu au dernier rangement de la cuisine ? Qu’à cela ne tienne, elle arrive les bras chargés de gâteaux salés, gagnant ses galons de meilleure mère de l’univers – les chips à l’oignon se marient très bien, paraît-il, à la pâte à gâteau aux mirabelles crue (sondage réalisé sur un échantillon représentatif d’un enfant de moins de trois ans).

 

Il fait moche un dimanche d’août? Nous mangerons dedans. L’eau de la piscine est un peu froide, un peu trouble, nous laissons la marmaille à ses plongeons et nous nous réfugions à la cuisine pour boire des litres de thé, reprendre un peu de gâteau aux mirabelles cueillies ce matin au jardin, comparer nos culottes et nos vies de mères de famille nombreuse. Chez elle tout pareil, le panier à linge sale n’est jamais vraiment vide, les papiers d’emballage n’arrivent jamais tout à fait jusque dans la poubelle, le sol de la cuisine est à nouveau sale avant même que la serpillère n’ait fini de sécher, les chambres en bordel et la petite dernière un peu relou des fois, mais c’est ça qui est chouette, un peu, aussi. Surtout.

Et on n’échangerait pour rien au monde nos vies pour d’autres plus photogéniques.

 

Les commentaires

La Fille aux yeux couleur menthe à l'eau

Oui, on se voit régulièrement, et c’est toujours doux.

Réponse
filledesbrumes

Les hasards et les coïncidences…. Morceau choisi: je te lis régulièrement, le plus souvent en silence, avec beaucoup de plaisir et d’émotion. Alors ton billet hier matin m’a intriguée et je suis revenue ce soir, avec un peu plus de temps, pour savoir qui était cette talentueuse psychopathe qui suscitait ton admiration. Un peu plus de temps mais pas beaucoup quand même, j’ai une salle de bain à peindre et des valises à boucler. Avisant la pile de livres qui trône sur mon fauteuil de bureau (livres empruntés hier en coup de vent à la bibliothèque, laissant ma main trainer sur les rayonnages, et mes yeux sur les couvertures), je choisis de me faire toute petite, de rentrer mes fesses, et de cohabiter avec elle le temps de lire quelques extraits. Je clique donc sur le lien. Découvre l’ambiance. Me demande par où je vais commencer. J’aime commencer par le début mais c’est souvent très long de remonter à l’origine d’un blog. Une fois n’est pas coutume, je clique sur le titre du billet le plus récent. « My favourite book of all time #3 ». Je lis les premières lignes. Jusqu’au titre du livre (le favourite #3, sélectionné par la lectrice Hellvis) Je m’arrête. Ma main gauche tâtonne derrière mon dos et porte à mes yeux le premier livre de la pile. Je lis « Noeuds et dénouement », E. Annie Proulx.
Ainsi se télescopent des univers.
Et si je ne suis pas convaincue qu’ils existent, les hasards m’ont toujours fait sourire. 🙂

Réponse
La Fille aux yeux couleur menthe à l'eau

Merci d’avoir pris le temps de venir raconter ça, je voudrais que la vie soit toujours faite de ça: de jolies rencontres: en vrai, en mots, en livres, en sourires, en petites traces de vos passages ici, tous et toutes, en émotions silencieuses aussi: je suis sûre qu’on s’y rencontre quelque part.

Réponse
Crevette d'ODouce

Une rencontre magnifiquement retranscrite. J’aime vos deux univers. Après m’être imprégné du tien je file vers le sien pour ces instants lectures de fin de vacances.

Réponse
fabiennelepicdelaglaviouse

Oh je l’avais raté celui-ci ! La faut à l’internet girondin qu’on n’a pas… ça te va bien d’écrire sur elle et ça vous va bien d’être amies. Par contre je rigole doucement sous cape (pas en liberty mais plutôt en toile cirée même pas vintage) parce que vous êtes HYPER photogéniques, vous et vos vies et vos fleurs et vos robes.

Réponse

Laisser un commentaire