Alors qu’il y a eux

 

Vous n’écrivez plus? me demande-t-on et si vous saviez, si, comme j’écris, comme les mots se bousculent dans ma tête, les mots du quotidien et puis les mots du bonheur, les cheveux ébourriffés d’Ultime au réveil, les baies d’automne sur les arbres au bord des chemins, les devoirs de maths comme autant de victoires, et puis cette grande aventure tous les six imprimée dans nos coeurs et qui me portera encore longtemps, les petits, les grands bonheurs entremêlés.

Les larmes aussi, parfois, la rage, la fatigue, la frustration, la douleur, la peine, les doutes,  parce qu’on n’est qu’humains après tout, que voulez-vous, tout ne va pas toujours très bien même si on s’efforce de prétendre le contraire et d’y croire, de toutes ses forces.

Mais comment pourrais-je écrire tout cela, tout ce moi, alors qu’il y a eux, dans mon esprit, à chaque seconde de nos vies confortables de nantis, qui échouent ou s’échouent, alors que de nos radios se déversent tant de mots de rejet, de mesures, de quotas et de murs qui me font tellement honte. Ce sont nos frères, nos soeurs, nos enfants que nous regardons mourir ou espérer. Il n’est question que d’humanité, comment peut-on la leur refuser? Comment prétendre qu’on ne savait pas? Comment se regarder dans la glace?

J’écrirai, encore, quand leurs visages et leurs cris de terreur cesseront, momentanément sûrement, de me hanter si fort. J’écrirai, parce que bien sûr nos vies continuent et qu’il en est ainsi. Parce qu’il y a la place pour tout le monde, parce que je ne peux pas me résoudre à croire que nous allons rester là sans rien faire, parce que nous aurons toujours assez à partager,  allez, entrez, on va se serrer.

 

Les commentaires

Elise

Comme souvent vous me tirez des larmes. Comme souvent vos mots résonnent en moi comme si vous vous logiez parfois dans un coin de ma tête.
Comme souvent mon cœur a mal de constater que malgré la si jolie façon que vous avez de nous l’exposer, la réalité est bien grise en cette fin d’année 2015.
Comme souvent quand je vous lis, je me dis qu’il est permis d’espérer.

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Lisbei

A croire que les gens préfèrent rester aveugles et sourds, en pensant que rien de semblable ne peut leur arriver … qu’ils préfèrent s’accrocher à ce qu’ils ont plutôt que de partager …
Mais nos enfants sont là pour nous faire espérer qu’un jour nous réussirons à changer non pas le monde, mais les êtres humains …

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La Fille aux yeux couleur menthe à l'eau

Je ne comprends pas. Partager enrichit, et non le contraire.

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