Eloge du rien

Ce samedi-là, l’agenda était encore plus serré que les autres. Les enfants enchaîneraient qui une audition publique de danse, qui des examens de musique. Les parents ne se croiseraient que sur la route du conservatoire – réussissant même l’exploit de s’arrêter à mi-chemin, chacun d’un côté de la route, pour s’échanger Ultime tels de vulgaires trafiquants d’enfants.

Il est revenu ébloui par la grâce de sa petite ballerine de sept ans et demi. Elle a partagé le stress, souri pour encourager, eu le ventre noué, et, comme toujours, les larmes aux yeux en entendant les notes filtrer sous la porte de la salle d’examen, écouté les commentaires toujours bienveillants des jurys, félicité les héros du jour, séché les larmes du stress qui retombe, fait des muffins aux pommes et à la cannelle qui font tout oublier aussitôt que leur parfum s’échappe du four.

Le soir venu, un barbecue avec des amis, sous une pluie tellement forte que les sardines auraient pu venir à la nage, serrés à l’intérieur, le soleil était sur la grande télé où défilaient les photos de cette grande aventure de l’été dernier. Bien sûr on s’est couchés trop tard, bien sûr un peu trop avinés, bien sûr Ultime s’est malgré tout levée bien trop tôt, et il a fallu ruser pour qu’elle n’aille pas sonner du clairon chez ses frère et soeurs. L’après-midi, nous avons promené nos jolis habits du dimanche dans les allées d’un concours hippique très chic, admirant la technique, l’élégance et la fougue réunies, nous enflammant pour les cavalières plutôt que les cavaliers, attendant chaque obstacle le coeur battant, laissant nos glaces à la fraise fondre et couler sur nos mains.

Dimanche soir, il a eu ce mot qui m’a laissée songeuse: « Encore un week-end où on n’a rien fait! » Rien, comprenez les corvées le ménage les courses les travaux de rénovation les obligations qui font ressembler nos journées à des marathons. Rien. Rien. J’ai tellement aimé ne rien faire ce week-end. Ce rien plein de nous, ce rien plein de temps qui file et peu importe puisque nous sommes ensemble, ce rien si plein de tout.

 

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Les commentaires

fredauboulot

Je vois qu’on a les mêmes agenda chargés en cette fin d’année scolaire, sportive et culturelle. 🙂
J’aimerais aussi pouvoir ne rien faire ces week-ends là mais il nous est impossible de faire les corvées en semaine, donc…
Et merci pour le fou-rire avec les sardines! 😀

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La Fille aux yeux couleur menthe à l'eau

Ben les corvées, elles nous ont attendu pour les soirs de semaine, du coup 😉

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Eve

Et imagine un week-end à ne vraiment RIEN faire, pas une sortie, pas une invitation, rien du tout, juste traîner en slip sur le canapé en lisant des blogs et des BD ? (mon rêve)

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La Fille aux yeux couleur menthe à l'eau

Je ne sais même pas comment c’est possible, ça, à part dans un monde parallèle.

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CaroSelky

Ils sont bons ces week-end durant lesquels, mine de rien, les riens prennent toute la place !!
Le mois de juin est tjs méga chargé histoire de finir l »année en apothéose !!

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La Fille aux yeux couleur menthe à l'eau

Je propose qu’on commence par abolir les fêtes et spectacles scolaires, tiens 😉

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flofeenix

C’est là qu’on se rappelle vaguement qu’à une certaine époque il n’y avait pas d’enfants, on avait nos rythmes, on choisissait tout à la dernière minute, on se fichait des échéances, et ça nous paraît surnaturel non? Et j’ai nettement moins d’enfants que toi alors je n’ose imaginer…..

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La Fille aux yeux couleur menthe à l'eau

J’ai beau essayer, je ne me rappelle pas comment c’était 😉

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fabmpoiriers

un weekend remplis de jolis riens…qui vous remplissent mieux le cœur que se débarrasser de la poussière et faire du rangement…
j’aime beaucoup votre blog

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