Là haut

Je me suis tue trop longtemps, encore une fois. J’ai pris l’habitude de faire danser les souvenirs et les émotions dans ma tête et dans mon coeur, respirer profondément fermer les yeux et y être une fois encore en rêve avant d’essayer de les écrire. Je les chéris tellement que je les garde pour moi encore un peu, et puis, et puis il me semble trop tard ensuite. Trop laborieux. Et pourtant qu’il est doux de revoir ces photos, de se souvenir du soleil qui brûle nos peaux, du petit vent frais le soir, de l’odeur mouillée d’une cascade, de la couleur des fleurs. Des jambes qui font mal le matin au réveil des pas innombrables de la veille, et qui pourtant une fois encore nous porteront au sommet sans faillir. De nos plaisanteries bêtes et de nos rires encore plus puisque plus rien ne vient nous interrompre. Des silences entre nous. La douce chaleur de la pierre dans notre dos, couchés sur un rocher quelques minutes pour reprendre notre souffle.

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L’odeur de vache du délicieux fromage blanc du refuge Entre-le-Lac et l’explosion sous la dent des myrtilles délicatement posées dessus. Les jeux des marmottes sur les pentes herbues, leurs cris d’intimidation (pardon de vous emprunter ce rocher pour poser mon séant le temps de mon déjeuner). Le bruit de la neige qui craque sous mes pas, le cri du vent tout là-haut sur les crêtes, le sang qui bat fort dans mes tempes tandis que ma respiration s’accélère. Un pied après l’autre, silencieux et concentrés, sur une crête. Un juron quand je glisse à la traversée d’un énième névé. L’amusement enfantin à chaque ruisseau traversé les pieds dans l’eau, les mots plus forts quand les cascades couvrent nos voix, la pureté et la fraîcheur de l’eau du torrent sur nos visages que nous aspergeons à pleines mains, que nous buvons à grandes gorgées au concert des cloches du troupeau en contrebas. La sueur mêlée de poussière qui nous pique les yeux, bien vite oubliée quand nous parvenons en haut d’un col d’où la vue est sublime. Le goût si particulier d’un simple sandwich quand il est dégusté après l’effort, là tout en haut, face au soleil ou au Mont-Blanc, ou en contrebas du Mont Pourri.

 

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C’est tout ça la randonnée. Quelque chose d’infiniment simple, et fabuleux à la fois. Jouir de ce qui est à portée de main, gratuit si ce n’est l’effort, à la portée de tous.

 

Quelques-uns d’entre vous m’ont demandé des conseils. Je ne sais pas trop quoi leur dire, sinon de bien se préparer.

De bonnes chaussures de randonnée montantes pour soutenir vos chevilles (privilégiez une marque renommée – nous sommes fidèles à Salomon, à vous de trouver la vôtre) , de bonnes chaussettes de randonnée (j’insiste, vous me remercierez). Une tenue respirante. Des lunettes de soleil, un chapeau. Dans le sac à dos: un vêtement de pluie, une polaire, la crème solaire (attention à la nuque et à l’arrière des genoux…), une trousse de secours (pansements, désinfectant,…), de l’eau (au minimum un litre par personne, plus c’est mieux), à manger (quelque soit la durée – souvent imprévisible – de la randonnée, on n’est jamais à l’abri d’un coup de mou), une carte IGN sur laquelle on aura pris soin de repérer son itinéraire (et appris à la lire: distances, mais surtout courbes de niveau et repères, refuges etc). A propos d’itinéraire, on ne se surestime pas, on reste réaliste sur ses capacités sportives: une randonnée en montagne ne se mesure pas en kilomètres, mais en mètres de dénivelé positif (D+) et en heures de marche (théoriques). Si besoin, on demande conseil (nous avons par exemple renoncé à franchir un col trop enneigé et donc dangereux sans crampons).

 

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Dans la mesure du possible, on ne part pas seul loin des sentiers fréquentés, et/ou on prévient de ses intentions. On emporte un téléphone portable, même s’il y a de grandes chances qu’il n’y ait pas de réseau là-haut. On vérifie la météo, on ne prend pas de risques. On privilégie les départs tôt le matin (moins de risques d’orages – on se familiarise avec le comportement à adopter en cas de survenue d’un orage en montagne).

On part en petit groupe, calme et silencieux, si on a envie de pouvoir observer la faune. On ne détruit rien, on ne cueille pas de fleurs, on ne laisse évidemment pas de détritus. On ne se baigne pas dans les lacs: d’abord l’eau est très froide et on risque l’hydrocution, mais surtout, c’est criminel pour leur écosystème fragile (pensez à la crème solaire dont vous venez de vous enduire!).

Dernière chose: en montagne, on se pousse pour laisser passer les plus rapides, et on salue tous ceux qu’on croise!

Ensuite, il ne reste qu’à mettre un pied devant l’autre. Et savourer. Vous viendrez me raconter?

 

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Merci à La Fille de l’Encre et aux Villages Clubs du Soleil! 

Photos prises à l’iPhone, pour des raisons évidentes d’encombrement.

Les commentaires

La Fille aux yeux couleur menthe à l'eau

C’est tellement apaisant. Bonnes vacances à toi!

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Blonde paresseuse

Tes images sont magnifiques… Pourtant, j’ai un peu une sensation de malaise. Je ne suis pas sujette au vertige, enfin je ne crois pas mais là, c’est quand même très très haut… 😉

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La Fille aux yeux couleur menthe à l'eau

Oui, là, on a clairement profité de notre liberté pour aller très très haut 😉

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Olivia Mahieu

Tes photos sont superbes ! Et quelle joie de me dire que c’est un peu grâce à moi 😉
C’est un des magnifique privilège du blogging, pouvoir faire plaisir aux autres !

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