Pervers

Hier matin, j’ai vu une bite. De près. Très.

 

Ce n’était pas la première, et j’espère pas la dernière, mais disons que je n’avais rien demandé. Et que dans le cas contraire, je n’aurais probablement pas utilisé le mot « bite ». Et je ne l’aurais certainement pas raconté ici.

 

Elle a tourné le coin de la rue, et s’est approchée de ma voiture, où je posais un sac dans le coffre, avant de m’installer au volant. Il ne fait pas bon se garer à l’ombre des églises encore endormies le dimanche matin, sans doute. J’ai levé bien haut le majeur de la main gauche, il faut répondre à la finesse par la finesse, n’est-il pas. La bite, la main droite qui la malaxait, et le type à qui tout le foutoir appartenait, se sont alors collés à ma fenêtre en me murmurant des mots que je n’ai pas compris. Je crois que c’est parce que j’étais trop occupée à lui hurler de dégager, gros dégueulasse. Il est possible qu’emportée par mon élan, j’aie ajouté sale porc. J’avais pris le soin d’entrouvrir ma fenêtre pour qu’il me comprenne bien, lui. Même si tout porte à croire que non.

 

Parce que mon problème, c’est que ma fille de sept ans et demi aussi a vu une bite, hier matin. Enfin, elle a plutôt dit « le monsieur a montré son zizi » parce qu’elle n’a que sept ans et demi, justement, et que jusque là, elle pensait que les bites ne couraient pas les rues, et puis jusque là c’était un peu le plus beau week-end de sa vie.

 

J’ai fait ce qu’il y avait à faire – verrouiller les portes, gueuler en l’insultant un peu, pas trop vulgairement, démarrer pour abréger la scène, pendant que ma Douce Amie appelait la police. J’étais bien lancée pour lui péter les dents une à une, voire l’émasculer, mais il paraît que ça ne se fait pas, surtout devant une petite fille blonde comme les blés qui me demandait ce que faisait le monsieur et s’il était fou. J’ai dit que oui, certainement, évidemment, et que ça n’allait tout de même pas nous gâcher ce week-end parfait entre filles made in Normandie.

 

Je me suis aussi demandé à quel moment les mecs inconnus pouvaient penser qu’un dimanche matin vers neuf heures, à l’ombre d’une église normande, quelqu’un avait envie de voir leur bite, leurs mains dessus, et leur sale gueule de pervers, soyons franche. Je veux dire, à que moment ils se disent que la technique peut marcher. Enfin, je suppose qu’ils ne pensent pas. Je suis bête, aussi.

 

C&H life

Les commentaires

La fille de l'encre

Beurk !!!
Je crois que j’aurai eu envie comme toi de lui faire avaler ses dents, si ce n’est ses attributs masculins 🙂
Je crois que cela relève plus de la maladie d’ailleurs que d’autre chose mais vraiment, c’est intolérable !

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La Fille aux yeux couleur menthe à l'eau

Mais il aurait fallu le toucher pour ça, et non, beurk, vraiment 😀

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Bismarck

En réalité, je crois avoir lu quelque part que ces malades n’ont aucun intention de passer à l’acte. Ce qui n’excuse rien et ne rend pas l’acte moins violent (pour une petite comme pour une grande fille; c’est peut-être mieux que la tienne y ait été confrontée, la première fois, avec des adultes pour l’entourer?).

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La Fille aux yeux couleur menthe à l'eau

Honnêtement? je ne veux pas le savoir. Je n’ai pas eu peur. Je suis juste en colère.

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Fugu

A un moment donné du récit, j’ai cru que tu allais nous expliquer que tu lui avais coincé son appendice dans la fenêtre de la portière. C’était bien entendu avant que je lise que ta fille était avec toi bien sur, mais mon coté sadique a aimé la punition imaginée… 🙂

Pour le reste, rien que de le lire, je suis colère, alors je n’ose imaginer ton état à toi.

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Sophie

J’ai malheureusement croisé ce genre de personnage plusieurs fois dans ma vie. Deux fois dans le train quand je rentrais plus tôt du lycée, une autre fois dans le métro. A chaque fois je me suis enfuie, rouge de honte, parce que pas du tout prête (comme si on pouvait l’être d’ailleurs) à rencontrer ce genre de pervers. Mais la dernière fois, j’avais 20 ans de plus, et c’était dans un bus parisien, un double. Il était installé au fond, tout son bazar à l’air. Le bus était quasiment vide, mais comme il était près de 17h, il allait rapidement se remplir de gamins sortant de l’école. J’ai fait demi-tour. Je me suis assise 2 secondes. Et finalement j’ai bondi vers le chauffeur pour le prévenir. Celui-ci s’est garé, l’a attrapé et l’a fait sortir du bus en l’injuriant. J’étais toute secouée ! J’avoue que j’en ai un peu voulu aux deux femmes qui m’ont vu me diriger vers le fond du bus, et qui me regardait avec des yeux grands comme des soucoupes pour me prévenir mais sans vraiment le faire. Je comprends qu’une ado ne sache pas comment réagir, mais un adulte ! Bref tout ça pour dire que personne ne réagit de la même façon, et que, cette fois-ci, je suis contente d’avoir fait quelque chose.

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La Fille aux yeux couleur menthe à l'eau

Je veux croire qu’à force de réagir, on se sentira plus fortes pour le faire, et qu’eux aussi vont se dire qu’on ne peut plus nous emmerder impunément… En tout cas, bravo à toi, comme tu le soulignes, ce n’est pas évident.

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