Oh juillet

Il faisait chaud ce soir d’été là, et si noir déjà. La mère avait bien emporté les gilets dans un panier, mais elle passerait la soirée à le traîner au gré de ses déplacements. Il y avait du monde, presque tout le village était là, tout étonné encore qu’il s’y passe exceptionnellement quelque chose susceptible de les rassembler tous, quelques jours après tout le monde.

 

La petite était perchée sur les épaules de son père pour mieux voir. Sa mère l’avait prévenue qu’il y aurait du bruit, de ne pas avoir peur, et avait gardé dans la sienne sa main toute moite d’avoir trop dansé déjà sous les lampions. Par précaution, elle couvrit brièvement ses oreilles de ses mains, rentra légèrement la tête entre les épaules.  Mais d’abord il y eu du silence, une minute environ, dont certains profitèrent pour donner leur avis circonstancié, avant que la musique ne reprenne, un peu plus fort, un peu plus vite, accompagnant les détonations.

 

La petite ouvrit tout rond ses grands yeux sombres et chuchota Je n’ai jamais vu quelque chose d’aussi merveilleux dans un souffle, sans quitter le ciel du regard. Les fusées se succédaient, sifflaient, virevoltaient, embrasaient le ciel, l’illuminaient de leurs couleurs, crépitaient des étoiles. Elle ne perdit pas une miette du spectacle et applaudit de tout son cœur quand il n’y eut plus au-dessus du terrain de football local que des volutes de fumée qui se détachaient dans la nuit noire. Elle retourna ensuite sur la piste de danse, infatigable.

 

C’était son premier feu d’artifice, oh oui comme c’était merveilleux. Nous étions le seize juillet, et le bonheur de l’enfant était si pur et insouciant, tandis que les grands s’efforçaient de ne penser à rien d’autre, sans grand succès.

 

 

heart

 

 

 

Les commentaires

Sarah

J’ai beaucoup aimé la conclusion de votre texte. Je me demandais où vous nous meniez. C’est si juste. Et si compliqué.

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