Hors-saison

J’entre dans l’eau, elle est fraîche.

J’ai posé mes vêtements sur un rocher et je me suis avancée sans hésiter. Le froid mord brièvement mes cuisses, anesthésie la douleur. Bientôt je ne la sens plus. Je suis seule au monde, nue, et libre. Je danse avec le soleil qui rase l’eau transparente, je ris, la vie est faite de détours, mais elle est si jolie parfois. Souvent. Je mesure ma chance, vraiment.

Je n’ai pas envie de sortir de l’eau , de briser la magie de ce moment, alors je nage un peu vers le large, pas aussi loin que cet été, quand je rêvais de fuite en avant, d’évasion. J’entends mon prénom, je ris encore, sors moi de là si tu peux. Tu ne peux pas. Je choisirai le moment. de me remettre sur mes pieds sur la roche chauffée par le soleil. De revenir vers le rivage. De renaître à la vie. Tout cela, tu ne t’en doutes pas, tu me regardes danser dans l’eau, et tu souris.

Je n’ai même pas eu froid, je ne veux pas de la serviette que tu me tends, je veux sentir les rayons du soleil de la fin d’après-midi caresser ma peau, l’éclairer de ses reflets dorés. Frissonner un peu. Graver cet instant dans ma mémoire. Eternité.

Les jours suivants, je retournerai dans l’eau, chaque jour un peu plus fraîche en cette fin de novembre, retrouver la morsure, me sentir vivante à nouveau. Tu n’en sauras rien, de ce qui se jouait derrière mes rires.

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