Le grand n’importe quoi du séminaire top-coat

T’as vu? Y a de la photo ici. Et pas de la daube, encore.

C’est qu’elle s’est pas foutue de moi, la Parisienne. Helmut Fritz en pense ce qu’il veut, moi j’ai qu’un truc à dire: y a bien un paradis sur cette terre.  Rien que la boîte, tu dirais que tu vas trouver des bas en soie Chantal Thomass dedans. Sauf que ça se mange. Le vert pomme, à la pomme, justement, est juste parfait. Et si quelqu’un peut me renseigner sur le goût du jaune vif… divin lui aussi…

Bref. La Miss CZ est aussi délicieuse et pétillante que ses macarons. La Baby Z est aussi jolie et craquante qu’une boîte entière de macarons. Mister Jack, euh, est pas doué du GPS, ça l’empêche pas d’être charmant (et d’un goût très sûr en matière de bague de fiançailles, je dois bien dire).

Bon, on a papoté tout plein, on a ri encore plus, on a dormi encore bien moins, puis comme ça donne soif, on a bu des mojitos, enfin, surtout moi. C’était le grand n’importe quoi, comme d’hab’, et c’était très bien comme ça. (Je crois qu’en même temps, je sais pas faire autrement.)

Et on a pas oublié l’objet de notre séminaire.

C’est vrai, quoi. Faut jamais oublier l’essentiel, dans la vie.

La Miss (et compagnie), merci…

 


On boira des mojitos

L’ami,

Je suis sortie de la salle de bains, t’inquiète. Genre, il y a deux jours. Je suis pas Demis Roussos non plus, hein ! Ni Edward aux mains d’argent, d’ailleurs.

J’ai donc le mollet lisse, le dessous de bras glabre, le maillot impeccable, les ongles des pieds violet foncé (du Chanel 483, précisément) et les doigts fuch fuck fush fuschia fuchsia (pinaise, foutu mot à la con) (du Gemey Maybelline, suis pas sectaire).

J’ai aussi mis des fleurs dans les jardinières devant la maison. Hier soir à 22h30, pour être précise. Des fois, la nana est un peu impulsive comme ça. Outre que des fois elle se prend pour Alain. (Delon.) (Prost, ça le fait moins.)  Ca me faisait marrer d’imaginer la tête de la voisine ce matin : la première chose que fait la voisine le matin, c’est inspecter ma façade. La dernière chose qu’elle fait le soir, pareil. Du coup je te raconte pas le bug qu’elle a dû se prendre ce matin. (Fais moi penser à aller la réanimer en rentrant ce soir avec les merguez, tu seras gentil.)

C’est que ce soir, je reçois de la blogueuse parisienne  en mon modeste chez moi.

On a un week-end séminaire sur la pose du top coat.

(J’ai bien pensé aux miettes de biscotte dans le pieu, t’inquiète.)

Nan et puis sérieux, le marathon de juin de la mutlipare, c’est chouettos, mais un peu crevant aussi.

Ah et puis hier soir le docteur Neuneu, le seul docteur des zyeux que je connaisse à encore porter le nœud pap’ moche (si tant est qu’un nœud pap’ puisse être autre chose que moche), a décrété que j’avais des yeux sa foi fort jolis, mais que non, toujours pas besoin de lunettes, n’insistez pas.

Pas de verres pour la menthe à l’eau.

On boira des mojitos.


Triste cire et barricades

A force de l’attendre on n’y croyait plus.

Le vernis sensé transformer mes ongles de pieds en coquillages exotiques s’était fait la malle depuis longtemps, bien planqué au fond des chaussures fermées qui grattaient, grattaient jusqu’à l’abîmer. J’avais effacé ses bavures d’un coup de coton dissolvant rageur, le regard perdu sur les gouttes d’eau qui dégoulinaient le long des fenêtres de la salle de bains.

Je n’avais pas pris la peine de leur refaire une beauté. Je les avais enfermés dans mes Converse, et tant pis.

Il y a quelques semaines de cela, j’avais refait ami-amie avec mon pot de cire orientale Veet, et au bout de quelques heures douloureuses courageuses  de bien-être consacrées à ma beauté extérieure passées en tête à tête avec mes bandelettes (j’avais barricadé la porte de la salle de bain, pour prévenir tout débordement compromettant de marmaille / conjoint alors que j’avais l’aisselle / le mollet /le frifri englué et une position ridicule en équilibre entre le lavabo et la baignoire, le mollet gauche par derrière l’oreille droite),  je ressortais rouge de partout lisse « pour plusieurs semaines » (c’est marqué sur la boîte, à côté de « attention aux brûlures »), l’ongle pimpant, et le body conquérant, sûr de sa victoire sur la vile télécommande de la sournoise télémoche, machine hypnotiseuse de maris. (Il était juste trois plombes du mat’ et le mari était en sommeil paradoxal, mais c’est un infime détail.)

Quelques semaines.

C’est le temps que j’ai attendu l’été.

J’ai plus de vernis aux pieds.

J’ai le poil qui a repoussé.

Paraît que demain, la tenue réglementaire, c’est sandales et maillot de bain dans ton jardin, voire jupe ras le mariage si tu es chanceuse travailleuse.

Z’auraient pu prévenir. Genre, que je m’organise. Juste un chouïa.

Parce que là, bonjour la prise de tête dressing du matin: pas de sandales, pas de jupe, pas de sans-manches. Le tout pas trop chaud. Ah pas trop froid non plus, rapport à la clim’. (Je me demande si la burqua, tout compte fait, n’aurait pas certains avantages. Ou alors, soyons dingue, le look Alorom. Nan je rigole. Je me contenterai de la burqua. )

Ce soir, tu sais où me trouver.

Barricadée.


Des bleus et des bosses

Il aura  fallu aller jusqu’au sud de l’Afrique pour faire étalage au monde du raffinement français le plus élégant, au creux d’un hôtel que la majorité des Français ne pourront jamais se payer (et dans lequel apparemment on s’emmerde ferme, forcément, quand on le paie pas soi-même, on a plus de mal à apprécier).

Il aura fallu attendre d’avoir les caméras du monde entier rassemblées plus serrées que les pauvres dans une banlieue du Caire.

Pour être bien sûr que personne n’en perde une miette. De l’élégance à la française.

Pour mettre la cerise sur la montagne de chantilly de notre ridicule national. Et je suis gentille.

Parce que moi aussi, mon chef, je pense très fort que c’est un gros con. Mais bon, c’est mon chef, quoi.  D’où que je me retiens de le lui dire, même gentiment, même poliment. Et c’est pas qu’une question d’en avoir ou pas. C’est un vieux truc qu’on appelle la politesse, ou le respect, je crois, je sais plus bien, c’est un peu vieux-jeu comme concept.

Et que même si je lui disais, je me demande même pas si mes collègues feraient grève, si, conséquemment, on me priait bien gentiment d’aller m’épanouir ailleurs, et sans préavis. La réponse est non.

Comme quoi, avec les gros sous, c’est dommage qu’on pense jamais à s’acheter une bonne éducation. Ca doit être parce qu’on perd son temps à s’entraîner à foutre des coups de boule aux copains.

(Ah, on me dit que ça s’achète pas, en fait.)


Elle

Elle dort la fenêtre ouverte pour s’endormir en écoutant les oiseaux.

Elle se lève au radar, encore dans ses rêves de papillons.

Elle sourit, et son chant emplit la maison.

Elle élève des escargots dans un jardin japonais sur l’appui de fenêtre de la cour de récré.

Elle aime les princesses, les chevaux et les dauphins comme toutes les petites filles.

Elle vit pour la musique et danse comme personne.

Elle traverse la vie comme on saute à cloche-pied sur une marelle.

Elle a fait de moi une maman.

Elle a bouleversé ma vie quand elle a plongé son regard vert dans le mien.

Elle a neuf ans ce matin.

(Il est temps de cueillir les tomates.)