Problème de riche

Dans mon entreprise, je suis l’heureuse détentrice d’une place de parking qui me fut généreusement attribuée il y a quelques années par mon DRH (suite à des performances professionnelles tout à fait honorables, ai-je besoin de préciser) dans une ville où les précieux emplacements sont aussi rares que chers.

Il serait donc bien malvenu de ma part de songer à chicaner.

Mais quand-même.

Les vrais privilégiés, eux, ont une place dans le parking souterrain pour garer leurs rutilants cabriolets.

A l’ombre, au frais, et surtout PAS DANS LA COUR SOUS L’ARBRE OU UN CONNARD D’OISEAU PREND UN MALIN PLAISIR A DEFEQUER SUR MON PARE-BRISE DANS LE MEILLEUR DES CAS, ET TOUS LES JOURS DEPUIS UNE SEMAINE SUR MA PORTIERE MAIS COTE INTERIEUR.

Dommage collatéral de l’été. Saleté de volatiles.

C’est bon, je chicane pas. J’aurai dorénavant un sauna privé gratuit tous les soirs, de quoi je vais me plaindre, hein.

(Ouais, même les privilégiés ont leurs  -petites- emmerdes.)


Folie collective

Ca y est.

Les nanas sont dans les starting-blocks.

A partir d’aujourd’hui, les garçons peuvent s’occuper des ballons tranquilles, nous les filles on a une activité qui risque bien de nous prendre jusqu’à la finale, voire plus.

C’est que là c’est du sérieux : comment dépenser méga-plus en étant persuadée de faire l’affaire du siècle, ça se règle sur un divan de psy un truc pareil. (Surtout quand tu sais que t’es observé en train de consommer comme une souris de laboratoire dans sa cage et qu’après les gens à tas de chiffres te sortent le temps qu’il va faire cet hiver rien qu’au nombre de paires de tongs et de robes importables que t’as entassées dans ton armoire.)

Bref ce sont les soldes, nom masculin s’il vous plaît.

Mais la foule ne passera pas par moi, ou du moins, l’inverse. La cohue sur les paniers virtuels, très peu pour moi non plus. Je suis plutôt du genre à me dire que la perle m’attendra, tapie sur un portant, quand je me déciderai, d’ici deux ou trois semaines, à promener mon museau dans le fouillis de fringues gisant sur des étals dévastés.

(Non je n’en profiterai pas pour me ruiner dans les nouvelles collections, non non non – mantra répété – sans succès – chaque année.)

Mais cette année, moi, il me faut des soutifs un réfrigérateur (chérie, ça veut dire frigo). C’est bien un truc de saison, ça non ? Genre, dans deux mois, il fera polaire, et tu pourras mettre le mojito à rafraîchir sur l’appui de fenêtre sans te prendre la tête pour savoir si tu dois le mettre avec les bouteilles, ou dans la partie « froid rapide » (c’est que fait soif) ou dans la partie « froid délicat » (s’agirait pas non plus de choper une angine alcoolique).

Donc bref j’ai bon espoir de trouver un fridge avec une méga réduc.

Et attends, pas un de la collec’ 2007, so has-been, je te prie !


Le grand n’importe quoi du séminaire top-coat

T’as vu? Y a de la photo ici. Et pas de la daube, encore.

C’est qu’elle s’est pas foutue de moi, la Parisienne. Helmut Fritz en pense ce qu’il veut, moi j’ai qu’un truc à dire: y a bien un paradis sur cette terre.  Rien que la boîte, tu dirais que tu vas trouver des bas en soie Chantal Thomass dedans. Sauf que ça se mange. Le vert pomme, à la pomme, justement, est juste parfait. Et si quelqu’un peut me renseigner sur le goût du jaune vif… divin lui aussi…

Bref. La Miss CZ est aussi délicieuse et pétillante que ses macarons. La Baby Z est aussi jolie et craquante qu’une boîte entière de macarons. Mister Jack, euh, est pas doué du GPS, ça l’empêche pas d’être charmant (et d’un goût très sûr en matière de bague de fiançailles, je dois bien dire).

Bon, on a papoté tout plein, on a ri encore plus, on a dormi encore bien moins, puis comme ça donne soif, on a bu des mojitos, enfin, surtout moi. C’était le grand n’importe quoi, comme d’hab’, et c’était très bien comme ça. (Je crois qu’en même temps, je sais pas faire autrement.)

Et on a pas oublié l’objet de notre séminaire.

C’est vrai, quoi. Faut jamais oublier l’essentiel, dans la vie.

La Miss (et compagnie), merci…

 


On boira des mojitos

L’ami,

Je suis sortie de la salle de bains, t’inquiète. Genre, il y a deux jours. Je suis pas Demis Roussos non plus, hein ! Ni Edward aux mains d’argent, d’ailleurs.

J’ai donc le mollet lisse, le dessous de bras glabre, le maillot impeccable, les ongles des pieds violet foncé (du Chanel 483, précisément) et les doigts fuch fuck fush fuschia fuchsia (pinaise, foutu mot à la con) (du Gemey Maybelline, suis pas sectaire).

J’ai aussi mis des fleurs dans les jardinières devant la maison. Hier soir à 22h30, pour être précise. Des fois, la nana est un peu impulsive comme ça. Outre que des fois elle se prend pour Alain. (Delon.) (Prost, ça le fait moins.)  Ca me faisait marrer d’imaginer la tête de la voisine ce matin : la première chose que fait la voisine le matin, c’est inspecter ma façade. La dernière chose qu’elle fait le soir, pareil. Du coup je te raconte pas le bug qu’elle a dû se prendre ce matin. (Fais moi penser à aller la réanimer en rentrant ce soir avec les merguez, tu seras gentil.)

C’est que ce soir, je reçois de la blogueuse parisienne  en mon modeste chez moi.

On a un week-end séminaire sur la pose du top coat.

(J’ai bien pensé aux miettes de biscotte dans le pieu, t’inquiète.)

Nan et puis sérieux, le marathon de juin de la mutlipare, c’est chouettos, mais un peu crevant aussi.

Ah et puis hier soir le docteur Neuneu, le seul docteur des zyeux que je connaisse à encore porter le nœud pap’ moche (si tant est qu’un nœud pap’ puisse être autre chose que moche), a décrété que j’avais des yeux sa foi fort jolis, mais que non, toujours pas besoin de lunettes, n’insistez pas.

Pas de verres pour la menthe à l’eau.

On boira des mojitos.


Triste cire et barricades

A force de l’attendre on n’y croyait plus.

Le vernis sensé transformer mes ongles de pieds en coquillages exotiques s’était fait la malle depuis longtemps, bien planqué au fond des chaussures fermées qui grattaient, grattaient jusqu’à l’abîmer. J’avais effacé ses bavures d’un coup de coton dissolvant rageur, le regard perdu sur les gouttes d’eau qui dégoulinaient le long des fenêtres de la salle de bains.

Je n’avais pas pris la peine de leur refaire une beauté. Je les avais enfermés dans mes Converse, et tant pis.

Il y a quelques semaines de cela, j’avais refait ami-amie avec mon pot de cire orientale Veet, et au bout de quelques heures douloureuses courageuses  de bien-être consacrées à ma beauté extérieure passées en tête à tête avec mes bandelettes (j’avais barricadé la porte de la salle de bain, pour prévenir tout débordement compromettant de marmaille / conjoint alors que j’avais l’aisselle / le mollet /le frifri englué et une position ridicule en équilibre entre le lavabo et la baignoire, le mollet gauche par derrière l’oreille droite),  je ressortais rouge de partout lisse « pour plusieurs semaines » (c’est marqué sur la boîte, à côté de « attention aux brûlures »), l’ongle pimpant, et le body conquérant, sûr de sa victoire sur la vile télécommande de la sournoise télémoche, machine hypnotiseuse de maris. (Il était juste trois plombes du mat’ et le mari était en sommeil paradoxal, mais c’est un infime détail.)

Quelques semaines.

C’est le temps que j’ai attendu l’été.

J’ai plus de vernis aux pieds.

J’ai le poil qui a repoussé.

Paraît que demain, la tenue réglementaire, c’est sandales et maillot de bain dans ton jardin, voire jupe ras le mariage si tu es chanceuse travailleuse.

Z’auraient pu prévenir. Genre, que je m’organise. Juste un chouïa.

Parce que là, bonjour la prise de tête dressing du matin: pas de sandales, pas de jupe, pas de sans-manches. Le tout pas trop chaud. Ah pas trop froid non plus, rapport à la clim’. (Je me demande si la burqua, tout compte fait, n’aurait pas certains avantages. Ou alors, soyons dingue, le look Alorom. Nan je rigole. Je me contenterai de la burqua. )

Ce soir, tu sais où me trouver.

Barricadée.