Intiales: B. A.

Il t’a sûrement pas échappé que La fille aux yeux couleur menthe à l’eau, c’est pas mon vrai prénom. Ils ont pas voulu, à l’état civil. Alors mes vieux ils se sont rabattus sur Ile Flottante, mais c’est pas passé non plus. Bref. C’est gentil, un pseudo. Ca te permet de dire des bêtises sans que le DRH de la boîte où tu espères un jour devenir responsable photocopieuse vienne pas vérifier que tu n’as pas des honteuses manies, comme euh… attends, euh… nan je cherche j’en ai pas. Mais mettons que tu avoues sur ton blog que tu surkiffes te curer le pif dans l’espoir d’en sortir un vélo ou une 2 CV, ah ben du coup, tu loupes le job, aucune chance, parce que ton futur DRH il sait tout de toi rien qu’en demandant à Google.

Du coup, youp, je suis une B.A..

Une Blogueuse Anonyme.

Je dis des bêtises si je veux, quand je veux. Ce qui m’empêche pas d’en être responsable légalement. Et de flinguer à vue tout auteur de propos que j’estimerai déplacé, parce qu’ici, c’est chez moi, et que des fois, je rigole pas.

Puis y a un type, il est sénateur, il s’est dit « youhou, les blogs c’est top, c’est le nouveau pouvoir pub, THE filon pour faire parler de moi, et hop un pavé dans la fenêtre virtuelle. » Il s’appelle Jean-Louis Masson. Il a déposé, je cite « une proposition de loi visant à imposer à tous les blogueurs de ne plus écrire sous un pseudo mais sous son vrai nom, avec une obligation d’afficher ses coordonnées. »

Comme si les blogueurs n’étaient pas déjà identifiables par leur adresse IP, et par leur inscription chez leur hébergeur / sur les plateformes.

Je l’ai entendu hier soir, le Monsieur Masson. (Coming-out : j’écoute les infos de RTL, tu vois que j’ai quand même des honteuses manies à planquer tout compte fait. Appelle-moi Gédéon.). A la remarque que, si, en principe, les journalistes de la presse écriture signent leurs articles de leur nom, ça n’est pas pour autant qu’ils te filent leur adresse, il faisait déjà moins le fier. Bon alors faudrait donner l’adresse d’une personne responsable, qu’il a répondu, si on veut pas donner son vrai nom. Allo Maman ? Je peux mettre ton nom sur mon blog ? Oui, mon truc, là, sur internet. Non, pas mon bloc, mon blog. Mais c’est la même chose. Ton adresse, aussi, évidemment. Ah bah oui, comme ça quand je dirai des bêtises, c’est toi qui vas morfler, comme quand j’avais cinq ans, et que j’avais dit à Madame Michu qu’elle était très laide et que même c’était toi qui l’avais dit à Madame Nezcrochu (qu’était pas très belle non plus, entre nous, on peut le dire maintenant, puisqu’elle est décédée.).

Bon, je crois que tout le monde a compris. Encore un truc qui va faire pshiiit.

Par contre, la pub, on te l’a faite gratos, Monsieur Masson. Et anonymement.


Les cours de prévention routière à l’école, je suis contre.

Conduire avec un représentant XY à la place du mort sur le siège passager, c’est méga stressant pas super terrible. Rien qu’à attendre le commentaire qui va forcément venir, t’es tellement tendue que tu fais rien que des conneries.  Surtout si le représentant XY en question est d’humeur facétieuse et prend un malin plaisir à te donner les directions à prendre alors que tu connais très bien le chemin. C’est d’un déstabilisant pas possible. Surtout que moi, en général, sur le siège passager, y a que mon sac à main, et il cause pas tellement.

Mais y a pire.

Y a conduire avec des machins de moins d’un mètre trente sur le siège arrière, et qui font les petits malins parce que au choix, ils ont passé leur permis vélo la semaine dernière à l’école / monsieur le gentil gendarme est venu leur rendre visite à l’école / ils regardent trop la télé à l’école.

Alors que t’es pépère avec Henri Dès Calogero à fond les ballons dans ta caisse pour avoir la paix et pas entendre les chamailleries de la marmaille, ça rate jamais.

-Maman, tu roules à combien?

-Maman, c’est limité à combien ici?

-Mais Mamaaaaaan, tu roules trop viiiiite!!!

-Maman, un 7 et un 0, ça veut dire que c’est limité à 70, pourquoi toi tu roules à 74?

-La police elle va venir et puis elle va t’arrêter et puis tu vas aller en prison!

-Maman, t’as pas le droit de téléphoner!

-Maman, raccrooooooche!

-Mamaaaaaaan, t’as pas le droit!

-Maman, tu dois mettre ton clignotant!

-Maman, tu le doubles, l’escargot, là?

-Mais pourquoi tu le doubles pas?

-On ne peut pas dépasser par la droite.

-Pourquoi dans les bouchons on a le droit de dépasser par la droite?

-Là il y a une ligne blanche alors on peut pas dépasser.

-Maman, tu roules au milieu!

-Maman, attache ta ceinture AVANT de démarrer!

-Maman, on doit rouler à droite!

-Maman, quand tu tournes tu dépasses un peu de l’autre côté!

-On peut pas rouler sur la ligen blanche là.

-On peut se garer ici?

-Tu as mis un sou dans la machine?

-Pourquoi tu mets pas de sou dans la machine?

-Maman, pourquoi tu dis des gros mots?

-Maman, pourquoi tu dis que le monsieur c’est un gros con?

-Maman, c’est quoi une pétasse?

-Maman c’est quoi un permis de conduire?

C’est ce bout de papier que j’ai trouvé  dans un paquet de Bonux, à t’entendre…


Homard m’a tuer (le dos)

Ne rien faire est un vilain défaut au même titre que la gourmandise – du moins pour ceux qui n’en ont pas l’habitude.

Du coup, conjuguer les deux, ça pouvait que mal finir.

Ce week-end, j’avais décidé de glander que le minimum syndical (qui comprend tout de même remplissage dominical du frigo, siège hebdomadaire de la machine à laver, entretien minimal des pelouses et entreprise de taxi générale pour la marmaille), rapport que la météo pour une fois allait enfin être en phase avec le week-end. (Ouais, d’habitude, c’est quand on est derrière les carreaux, c’est quand on bosse que le ciel est beau… ça, c’est pour la scie habituelle dans ton petit crâne, ne me remercie pas, comme ça au moins c’est fait pour la journée. Cette fois c’est pas que je suis vicieuse, mais carrément sadique.)

J’avais vérifié douze fois, tu penses, avant de prendre cette décision de la plus haute importance. J’avais consulté tous les augures médiatiques de l’art météorologique : ils étaient tous d’accord, c’était un temps à rien foutre. Ce que je fis religieusement (sans passer par la case église, même s’il fait frais dedans, ça va moyen pour le barbeuque.)

Ah ben ça a pas manqué : passer l’après-midi à baffrer des cerises au jardin en écoutant des conversations en partie atterrantes, genre qui c’est qui crache le noyau le plus loin, tu le paies tout de suite.

Ou en tout cas quand tu décides d’aller te coucher et qu’il y a plus personne pour te passer de la Biafine sur le dos.


Il était moins dix

Ce matin, alors que je me levais au radar comme d’habitude après une nuit de folie – tu penses, j’avais dormi huit heures de rang, ce qui ne m’était pas arrivé depuis… ah ben, depuis dimanche, tiens – bref une nuit de folie, j’avais plus encore que d’habitude les yeux au milieu des genoux et la tête je sais pas où, mais ailleurs.

Un coup d’oeil sur la pendule Louis XV le coucou suisse l’horloge Diddle d’un goût douteux de la cuisine (oui, je pense clairement qu’un coucou suisse eût été un choix plus classieux, c’est dire), m’avertit qu’il était moins dix. Tranquille, je pouvais ralentir encore un peu le rythme, pensai-je au dedans de moi-même avec mon unique neurone éveillé.

C’est là que les 300.000.000 (au bas mot) neurones masculins qui partagent mon cassoulet quotidien me sortirent de ma torpeur:

– oh ma grande, pas sept heures moins dix. Minuit moins dix!

-gné? purée tu m’étonnes que je suis crevée!

-faudrait penser à remplacer la pile…

Misèèèèèrrrre.  Histoire de me donner le temps de me remettre de mes émotions, j’entrepris de changer la pile dudit machin de mauvais goût qui tiquetaque en principe dans son coin, mais ce matin, tout mouru qu’il était, gardait obstinément le silence. Pour une fois, ne résonnait pas non plus dans ma tête le lancinant « En retard! En retard! » du foutu lapin de l’autre blondasse.

Et là, je sais pas ce qui me prit, mais la philosophie me prit par surprise (et par derrière, vu mon état végétatif avancé).

Et si le temps avait décidé de s’arrêter, un peu?

Et si moi j’avais rien compris? Que c’était un signe?

Nous sommes toujours en train de courir derrière ce temps qui jamais ne ralentit. Voilà qu’il fait une pause, et moi qui lui saute dessus pour le réanimer.


Le temps aujourd’hui vaut plus cher que l’or.

J’ai remis une pile dans l’horloge. C’est que j’ai pas que ça à faire, hein, le matin.  J’ai pensé que je serai très riche si j’avais du temps à revendre.

Mais que l’argent ne fait pas le bonheur. Le temps, si. Le temps qu’on a pour soi. Celui qu’on a à passer avec ceux que l’on aime, toujours trop court.

Toute la journée, j’ai eu l’image des « Montres molles » de Salvador Dali en tête. Autant te dire que toute la journée, j’ai eu la tête à l’envers.


Le Ministère de ma Santé Mentale (a du boulot)

Fumer tue. (A la rigueur, j’aimerais mieux l’hilarant « Le tabac t’abat. »)

Pour votre santé, bougez plus. (La pose de top coat, ça compte ?)

Pour votre santé, arrêtez de grignoter. (Comment ils savent ?)

Pour votre santé, mangez cinq fruits et légumes par jour. (Les Tic Tac vert et orange, ça compte pour combien ? )

Pour votre santé, ne mangez pas ni trop gras, ni trop salé, ni trop sucré. (Un salade de concombres à l’air, ça convient?)

Pour votre santé, attention à l’abus d’alcool. (Ca commence où, l’abus ? Sachant que moi, je coûte pas cher à rendre pompette, un verre, ça va, deux verres, bonjour les dégâts, trois verres, je rentre pas).

Interdit aux femmes enceintes. Aux personnes de moins d’1m30. Autoroute limitée à 110 km/h.

Ne pas avaler. (Pourquoi? Ca va très bien en apéro, la Javel!)

Ne pas inhaler. Ne pas percer ou brûler, même après usage.  (Des fois que y aurait besoin de préciser, ou qu’on soit vraiment très cons.)

Ne pas laisser à la portée des enfants de moins de trois ans. (Si ton môme à trois ans il continue à bouffer les Playmobaïle, c’est qu’il a très faim / rien compris / rien dans le crâne. Ou la tubulure assez large pour que ça lui pose pas de problème, donc on s’en tape. Oh et puis démerde-toi, hein. Fais lui boire du Destop.)

Non mais c’est pas bientôt fini, oui ? On nous prendrait pas un peu pour des idiots?

Pour ma santé (mentale), attention à l’abus de conneries, oui. Si je bouge le gros orteil gauche, ça ira, je risque rien ? Y a pas un Ministère du Gros Orteil Gauche qui va me prévenir de ma mort inéluctable et imminente ?

Ca me rappelle un truc, ça.

« Tombe pas dans la cave ! » Non mamaaaaaaaaaaaaaan !!!!

Ce qu’on pouvait rigoler, avant ! Et qu’est-ce qu’on vivait dangereusement, maintenant que j’y pense, pfiou.