Homard m’a tuer (le dos)

Ne rien faire est un vilain défaut au même titre que la gourmandise – du moins pour ceux qui n’en ont pas l’habitude.

Du coup, conjuguer les deux, ça pouvait que mal finir.

Ce week-end, j’avais décidé de glander que le minimum syndical (qui comprend tout de même remplissage dominical du frigo, siège hebdomadaire de la machine à laver, entretien minimal des pelouses et entreprise de taxi générale pour la marmaille), rapport que la météo pour une fois allait enfin être en phase avec le week-end. (Ouais, d’habitude, c’est quand on est derrière les carreaux, c’est quand on bosse que le ciel est beau… ça, c’est pour la scie habituelle dans ton petit crâne, ne me remercie pas, comme ça au moins c’est fait pour la journée. Cette fois c’est pas que je suis vicieuse, mais carrément sadique.)

J’avais vérifié douze fois, tu penses, avant de prendre cette décision de la plus haute importance. J’avais consulté tous les augures médiatiques de l’art météorologique : ils étaient tous d’accord, c’était un temps à rien foutre. Ce que je fis religieusement (sans passer par la case église, même s’il fait frais dedans, ça va moyen pour le barbeuque.)

Ah ben ça a pas manqué : passer l’après-midi à baffrer des cerises au jardin en écoutant des conversations en partie atterrantes, genre qui c’est qui crache le noyau le plus loin, tu le paies tout de suite.

Ou en tout cas quand tu décides d’aller te coucher et qu’il y a plus personne pour te passer de la Biafine sur le dos.


Voici venu le temps du vendredi

(Au passage, ne me remercie pas pour la scie du jour dans ton petit crâne, c’est gratuit.) (Je suis vicieuse, je sais.)

Je suis une fille d’un ennui sérieuse. Je ne lis pas la presse pipole – si on est d’accord toi et moi de convenir que ELLE c’est pas du pipole, mais de pipole-déguisé-en-culturel, donc qui a un alibi pour persifler lâchement – sauf chez le coiftifs, et là, au vu de ma crinière, ça doit faire trois mois que je l’ai pas vu, donc tu voudras bien prendre pour postulat que lire la presse pipole quatre à cinq fois par an ça compte pas. (En vacances, je lis Tolstoï. Si. Sur la plage, ça fait un bon oreiller sous ma serviette. Puis ça m’évite de me faire enquiquinner, aussi. Tout de suite, ça vous pose une nana: l’enquiquineuse, c’est moi.)

Donc j’ai toujours pas compris pourquoi Voici a commencé tout d’un coup, et persiste chaque matin, à m’envoyer sa bouse-lettre, sur ma boîte mail pro en plus. La  plupart du temps, ça passe dans la boîte poubelle tout seul, pour ne me laisser que des trucs incompréhensibles par le commun des mortels (y compris moi, d’ailleurs) à lire.

(C’est moi où je prends de mauvaises habitudes d’introductions foireuses et à rallonges?)

Ce matin, je ne sais pas pourquoi, on va dire parce qu’il fait beau, c’est toujours une excuse valable, ça, il fait beau, j’ai ouvert le truc d’un clic distrait.

Ah on peut dire que je fus pas déçue.

Je lis:

(je peux pas t’insérer des images là tout de suite, donc je copie-colle)

Laurence Ferrari enceinte : TF1 confirme
La première chaîne a confirmé la grosse de Laurence Ferrari à l’AFP.

(déjà là je commence à hurler de rire) (Si tu vois pas pourquoi, lis et relis ce que tu vois ci-dessus, pas ce que tu CROIS voir.)

J’allais pas m’arrêter en si bon chemin, faut surtout pas se priver de rigoler, moi je dis.

Céline Dion : intarissable sur ses jumeaux et sa grossesse
Dans une interview accordée à Paris Match, Céline Dion et René Angelil se confient sur l’arrivée de leurs jumeaux.

Purée. Le niveau. (En même temps, hein, fallait s’y attendre.) Bon, tant qu’elle chante pas…

Je continue.

Amy Winehouse a un nouveau petit ami
Exit Blake Fielder-Civil le junkie. Amy Winehouse lui a trouvé un remplaçant nettement plus clean.

 

Ginette aussi a un nouveau petit ami, bien propre sur lui. Je dis ça, je dis rien.

Allez, encore une, pour sauver l’honneur bafoué de la France qui se vautre dans la luxure et la photo cochonne:

Geneviève de Fontenay ovationnée par le public
L’élection de Miss Yvelines organisée hier dans le centre commercial de Parly 2 a prouvé que Geneviève de Fontenay avait su garder une place de choix dans le coeur du public.

 

On est sauvés, les gens. M’étonnerait pas qu’elle fasse un bon score à la présidentielle, à ce train-là.


Il était moins dix

Ce matin, alors que je me levais au radar comme d’habitude après une nuit de folie – tu penses, j’avais dormi huit heures de rang, ce qui ne m’était pas arrivé depuis… ah ben, depuis dimanche, tiens – bref une nuit de folie, j’avais plus encore que d’habitude les yeux au milieu des genoux et la tête je sais pas où, mais ailleurs.

Un coup d’oeil sur la pendule Louis XV le coucou suisse l’horloge Diddle d’un goût douteux de la cuisine (oui, je pense clairement qu’un coucou suisse eût été un choix plus classieux, c’est dire), m’avertit qu’il était moins dix. Tranquille, je pouvais ralentir encore un peu le rythme, pensai-je au dedans de moi-même avec mon unique neurone éveillé.

C’est là que les 300.000.000 (au bas mot) neurones masculins qui partagent mon cassoulet quotidien me sortirent de ma torpeur:

– oh ma grande, pas sept heures moins dix. Minuit moins dix!

-gné? purée tu m’étonnes que je suis crevée!

-faudrait penser à remplacer la pile…

Misèèèèèrrrre.  Histoire de me donner le temps de me remettre de mes émotions, j’entrepris de changer la pile dudit machin de mauvais goût qui tiquetaque en principe dans son coin, mais ce matin, tout mouru qu’il était, gardait obstinément le silence. Pour une fois, ne résonnait pas non plus dans ma tête le lancinant « En retard! En retard! » du foutu lapin de l’autre blondasse.

Et là, je sais pas ce qui me prit, mais la philosophie me prit par surprise (et par derrière, vu mon état végétatif avancé).

Et si le temps avait décidé de s’arrêter, un peu?

Et si moi j’avais rien compris? Que c’était un signe?

Nous sommes toujours en train de courir derrière ce temps qui jamais ne ralentit. Voilà qu’il fait une pause, et moi qui lui saute dessus pour le réanimer.


Le temps aujourd’hui vaut plus cher que l’or.

J’ai remis une pile dans l’horloge. C’est que j’ai pas que ça à faire, hein, le matin.  J’ai pensé que je serai très riche si j’avais du temps à revendre.

Mais que l’argent ne fait pas le bonheur. Le temps, si. Le temps qu’on a pour soi. Celui qu’on a à passer avec ceux que l’on aime, toujours trop court.

Toute la journée, j’ai eu l’image des « Montres molles » de Salvador Dali en tête. Autant te dire que toute la journée, j’ai eu la tête à l’envers.


Le Ministère de ma Santé Mentale (a du boulot)

Fumer tue. (A la rigueur, j’aimerais mieux l’hilarant « Le tabac t’abat. »)

Pour votre santé, bougez plus. (La pose de top coat, ça compte ?)

Pour votre santé, arrêtez de grignoter. (Comment ils savent ?)

Pour votre santé, mangez cinq fruits et légumes par jour. (Les Tic Tac vert et orange, ça compte pour combien ? )

Pour votre santé, ne mangez pas ni trop gras, ni trop salé, ni trop sucré. (Un salade de concombres à l’air, ça convient?)

Pour votre santé, attention à l’abus d’alcool. (Ca commence où, l’abus ? Sachant que moi, je coûte pas cher à rendre pompette, un verre, ça va, deux verres, bonjour les dégâts, trois verres, je rentre pas).

Interdit aux femmes enceintes. Aux personnes de moins d’1m30. Autoroute limitée à 110 km/h.

Ne pas avaler. (Pourquoi? Ca va très bien en apéro, la Javel!)

Ne pas inhaler. Ne pas percer ou brûler, même après usage.  (Des fois que y aurait besoin de préciser, ou qu’on soit vraiment très cons.)

Ne pas laisser à la portée des enfants de moins de trois ans. (Si ton môme à trois ans il continue à bouffer les Playmobaïle, c’est qu’il a très faim / rien compris / rien dans le crâne. Ou la tubulure assez large pour que ça lui pose pas de problème, donc on s’en tape. Oh et puis démerde-toi, hein. Fais lui boire du Destop.)

Non mais c’est pas bientôt fini, oui ? On nous prendrait pas un peu pour des idiots?

Pour ma santé (mentale), attention à l’abus de conneries, oui. Si je bouge le gros orteil gauche, ça ira, je risque rien ? Y a pas un Ministère du Gros Orteil Gauche qui va me prévenir de ma mort inéluctable et imminente ?

Ca me rappelle un truc, ça.

« Tombe pas dans la cave ! » Non mamaaaaaaaaaaaaaan !!!!

Ce qu’on pouvait rigoler, avant ! Et qu’est-ce qu’on vivait dangereusement, maintenant que j’y pense, pfiou.




J’accouche. (Sans douleur.) (Enfin, presque.)

J’ai bien choisi mon jour.

J’accouche sans péridurale et presque sans douleur de cette page blanche à ma disposition en ce jour de fête des mères.

Tu crois que j’aurai droit à mon collier de nouilles dans quelques années?

Les enfants sont d’un ingrat, de nos jours.

Ouais, parce que hier, à la librairie, y avait un panneau « offrez un livre à maman ».  Dessous, un éventail de livres divers. Dont un, montrant une Sophie Favier tout sourire, « Comment j’ai perdu 10 kg en 3 mois ».

D’une élégance, comme cadeau de fête des mères.

Le premier qui m’offre ça, il est privé de dessert.