Nos vies parallèles

C’est son mari qui nous a présentées. Elle a toujours un jeton de manège dans son sac à main, ou une sucette, ou le dernier gadget du marchand de journaux, qu’elle dégaine pour rendre les enfants heureux pendant que leurs parents parlent trop. Elle lit plus vite que son ombre. Nous ne partageons pas toujours le même avis et passons des heures à échanger sans tenter de nous convaincre mutuellement. Elle a une culture phénoménale et je l’écoute avec passion, et aussi désespoir d’arriver un jour à sa cheville. Elle prétend qu’elle apprend la trompette pour m’accueillir à la gare la prochaine fois, mais je crois que c’est du pipeau.

 

Elle a encore plus d’animaux et de tatouages que d’enfants, et croyez-moi ce n’est pas peu dire. Elle n’a qu’un seul défaut, celui de ne pas prêter les cargaisons de livres qu’elle engloutit. Elle met du beurre des deux côtés des croque-monsieur parce qu’on n’a qu’une vie avant l’Apocalypse. On boit des litres de thé en se plaignant de nos enfants, pendant que ceux-ci s’embrassent sur la bouche dans notre dos.

 

Elle a le coeur sur la main et il a la forme d’une île. Elle est généreuse avec tous, et impitoyable envers elle-même. Elle a grandi seule, sans rien devoir à personne. Elle grave ses mantras sur sa peau pour ne rien oublier de la fierté, de la droiture, jamais. Elle ne fait jamais les choses à moitié, pas même les conneries.

 

Elle avait dix-huit ans la première fois, et c’est un bonheur de la voir grandir et s’embellir, comme si j’y étais pour quelque chose (non). Elle est blonde comme les blés et a le plus joli sourire des hôpitaux. Elle poursuit ses rêves malgré les tempêtes, les naufrages et les nuits d’insomnie. Elle a toujours une petite attention qui réchauffe pour chacun. Elle a l’intelligence du coeur et fait le bonheur d’une petite fille blonde de huit ans à qui elle écrit « mon petit chat » de ses voyages.

 

Elle a quinze ans et c’est moi en mieux, beaucoup mieux. Elle me bluffe, elle m’épate, elle illumine ma vie. Son coeur est un chantier en construction, avec des ruines encore fumantes, mais des fondations solides. Elle a des convictions, des rêves, des idéaux, et elle ne laissera personne lui dire que ses combats sont vains. Elle est la meilleure partenaire de Pictionary du monde, et la plus chouette grande soeur. Elle réussit tout ce qu’elle entreprend, à corps perdu.

 

J’ai connu son mari bien avant elle, mais entre nous il n’y eut besoin de rien: nous nous sommes rencontrées par hasard. Toujours en mouvement au point de s’oublier, elle ne compte jamais le temps qu’elle consacre à ses élèves, à ses amis dans le besoin. Elle accueille les rires et les larmes avec la même patience, sa parole est sagesse, mais elle n’a jamais appris à dire non.

 

Elle a sonné à ma porte au bout de quatre ans, et elle a dit « j’habite une, deux, trois maisons plus loin » en les comptant du bout du doigt. Elle est celle qui est toujours là quand on en a besoin, d’urgence. Elle a toujours une infusion prête sur le coin du feu, et des oeufs en chocolat en novembre.

 

C’est un peu leur faute si je me suis mise au running. Ils sont là, toujours partants pour une idée folle, toujours prêts à traverser le pays pour peu qu’on rigole un coup, à m’appeler pour me dire « tu ne t’inquiètes pas, on gère ». Ils font la paire depuis dix-sept ans, il serait temps qu’on les marie, juste pour faire une fête d’enfer, et pour que je puisse dire qu’elle est ma soeur sans mentir un peu.

 

On a failli se faire virer il y a vingt ans par le Mime Marceau parce qu’on avait un fou rire bruyant et inextinguible. On s’est perdus de vue du temps d’avant les portables et d’avant internet. On a passé les dix-huit dernières années à quelques centaines de mètres l’un de l’autre sans le savoir. Je l’ai reconnu sur une photo de mariage. On s’est retrouvés la semaine dernière. On a repris nos rires là où ils étaient restés.

 

Elle préfère les chats aux enfants, mais les enfants l’adorent. C’est la meilleure au blind test, à la photo et à la déco (elle est très énervante). C’est la reine du Bon Coin, la star des internets, elle ronchonne beaucoup mais en vrai elle finira nue d’avoir donné sa chemise.

 

 

Ma bande, mon gang, mon crew, ma famille. Nos vies parallèles, et perpendiculaires parfois. Nos coeurs avec les doigts. Nos différences. Ma richesse.

 

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Au frais!

Le Futuroscope et nous, c’est une histoire d’amour qui dure depuis très longtemps. Pour nous, c’est vraiment LE parc du rire et de l’émerveillement en famille, du plus petit au plus grand. L’an dernier, nous y sommes retournés pour passer Noël, afin de découvrir les nouveautés de 2016.

Si les enfants ont retrouvés avec bonheur leurs chouchous, les Lapins Crétins (faites donc 800 km de voiture avec un enfant de trois ans qui crie BWAABWAAAAAH toutes les 3 minutes <3), ils étaient aussi très impatients de découvrir la nouvelle attraction L’âge de Glace.

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Nous étions le 25 décembre, il faisait 26 degrés au soleil, mais à l’intérieur, brrrrrrr! contents d’enfiler nos peaux de bête en synthétique véritable pour retourner au Temps des Dinosaures!

 

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Dedans c’est joli, Scrat vient chatouiller ceux qui ne font pas de belles grimaces au Photobooth, et  tout le monde se balade dans sa moumoute, ils ont dû adorer cet été.

 

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Après, ça secoue, ça démonte, y a du vent, du blizzard, il neige (la 4D, c’est géant), ça fait un tout petit peu peur aux tout petits qui crient de joie parce qu’ils adorent ça, Y A UN BEBE MAMMOUTH TROP MIGNON JE VEUX LE MÊME A LA MAISON. Bien sûr je ne vais pas spoiler, hein, mais enfin tout de même, après un supsense de folie,  tout ira bien qui finit bien. Il paraît même que le bébé reste petit toute la vie, comme nos enfants à nous. Hum.

Et sinon, le Futuroscope à Noël, c’est désert, on peut prendre le temps de visiter les expos, de refaire plusieurs fois une attraction, le personnel est aussi gentil et souriant que d’habitude, les angelots sont rigolos:

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Et puis il fait noir tôt, le coucher de soleil est somptueux, il y a des lampions, des décorations partout, on est fourbus en fin de journée mais le parc semble tout de même à taille humaine: les grands s’y promènent seuls  – ou hum, vont faire leur vingtième Danse avec les Robots à la suite « parce que j’ai pas encore eu cette musique-là ».

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Cette année, j’ai vu qu’ils ont changé le spectacle nocturne… On va être forcés d’y retourner, non? (et moi je lorgne sur le semi-marathon, hi hi).

J’en connais quatre qui vont être contents de trouver leurs entrées au pied du sapin!
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PS il y a des chambres communicantes (jusqu’à 6 personnes du moins) au Novotel, et le buffet du petit-déjeuner est à lui seul une attraction 🙂

 


Les gaufres du goûter

On est arrivés bien trop tôt, le portail était encore fermé, parce que j’avais oublié que l’heure avait changé, depuis quelques années. On est revenus sur nos pas, elle a demandé si je resterais avec elle, et elle a serré ma main un peu plus fort, et moi aussi, quand je lui ai répondu que non, mais elle n’a rien dit. Il s’est présenté, elle a rosi un peu, s’est dandinée dans sa robe rose, timide un peu, pour mieux cacher le feu en elle encore quelques instants. Elle a dit « encore un câlin, et puis maintenant tu peux partir », et je n’ai pas eu le temps d’être émue, parce qu’avec elle, tout va trop vite, tout est si naturel, et puis aussi, sa sœur attendait dans le couloir, avec sa jolie robe rose elle aussi, identique à sa petite soeur.

 

Fidèles à la tradition, je l’ai emmenée saluer sa nouvelle maîtresse, et surtout retrouver ses copines, un dernier baiser posé sur la tempe, et la cloche a sonné. Avec les grands, nous sommes rentrés faire des gaufres, une montagne de gaufres, la rentrée vaut bien ça. Quand elles sont rentrées pour le déjeuner, la petite a dit « c’était trop bien », et la grande a dit « la maîtresse est trop gentille ». Il y avait au menu du poisson rose, des pâtes et des tomates qui sentaient encore l’été, et on se serait crus encore un peu en vacances, il a fallu expliquer qu’il faudrait y retourner l’après-midi, que l’école après une matinée c’était pas déjà fini pour toute la vie.

Quand elles sont rentrées, entre deux bouchées, il y eut les premiers cartables jetés dans l’entrée, les premiers devoirs, les cahiers tout neufs qu’on étrenne, les habituelles fiches de renseignements à remplir, les dessins qu’on sort du sac tout chiffonnés, et puis le temps de parole à partager pour les histoires de chacune.

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Le lendemain, c’était au tour du Collégien, cet âge où on le suit de loin, du regard seulement, en se demandant si tout ce qu’on a semé depuis toutes ces années va fleurir cette année. Lâcher sa main, me suis-je murmuré à moi-même, comme un encouragement.

 

Puis, l’Ado s’est résignée à refaire sa valise, il y eut des cris de joie dans le couloir, des retrouvailles bruyantes, le foutoir déjà dans la chambrée, les habitudes qu’on reprend, une vie en parallèle, et les parents qui disent « bon, ben, à vendredi », avec un infime tremblement de la voix, avant de retraverser la cour en pressant le pas, pour conjurer sans doute ces années qui filent et nous les voleront bientôt.

 

Pourrais-je un jour écrire l’enchantement de ces jours passés avec eux, à les remettre tout doucement sur les rails, comme quand on leur apprend à rouler à vélo, et qu’on ne tient plus la selle que du bout du doigt. J’ai aimé chaque minute de ces jours-là, j’ai gravé leurs regards et leurs sourires, leur vie qui bouillonne, et le soleil de l’été pour les jours sombres de l’hiver, quand il fera nuit au moment de les lever, quand il fera si froid au moment de sortir, quand on butera sur une leçon, quand il faudra recommencer un devoir. J’étais si heureuse d’être là.

 

Pour le goûter, il restait des gaufres.

 

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 (Les tatouages éphémères viennent de Cultura et tiennent super longtemps.)


Le temps hémophile

Alain S. en boucle dans ma tête « et le temps hémophile coule » et qu’il est doux ce temps de rien, ce temps suspendu, ce temps distendu entre leurs va-et-vient d’enfants. Ces sacs qu’on fait et qu’on défait pour quelques jours, ces centimètres qu’ils semblent avoir pris quand on les retrouve ou même chaque soir. Ces aventures qu’ils vivent sans nous et celles qu’on partage, de mercredi en samedi. Ces kilomètres parcourus et ces amis de passage, pour quelques heures ou pour une nuit. Ces messages qu’on envoie pour dire tout va bien que c’est joli par ici et qu’il est doux d’oublier le quotidien qui retrouvera bien trop vite ses droits.

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Il n’aura pas fait si beau, il n’aura pas fait si chaud, mais qu’importe, il ne nous en faut pas tant pour faire ce qu’il nous plaît. Voir une douzaine d’ados heureux et sains faire la fête jusqu’au petit matin dans le jardin, donner rendez-vous à l’amoureux sur une terrasse, ressortir à l’heure d’enchaîner les douches et les couchers pour grimper sur les balles de foin ou pour écouter les voisins parler du temps d’avant, celui des châteaux des abbayes des pavillons de chasse dont il ne reste au mieux que quelques pierres, un nom de rue mystérieux.

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On aura bu on aura trinqué à l’amitié, on aura couru à travers bois et sur le bitume du circuit, on aura lavé des museaux des mains des pieds tout noirs d’avoir trop joué, lavé quelques croûtes de sang séché, fait la tronche un peu parce que le temps n’a pas fini de nous apaiser, on aura beaucoup chanté et trop peu dormi aussi, comme toujours, alors qu’on s’était promis le contraire.

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On aura battu les tapis et délogé la poussière, trié les placards et rangé les cahiers dans les cartons au grenier, changé quelques meubles de place et dansé au milieu du salon pour s’approprier à nouveau l’espace. On aura arraché les mauvaises herbes et un peu volontairement oublié de laver les baies vitrées, il est urgent de ne rien faire soudain. On aura vécu à leur rythme et vécu pour leurs sourires. On aura partagé des moments que personne ne nous reprendra. On aura apprécié la douceur de l’été et levé le pied, avant que tout ne recommence, le tourbillon des livres et des cahiers, l’heure du bus et des papiers à remplir à signer, le temps des responsabilités qu’on avait un peu oublié, les rendez-vous sur le calendrier le solfège à travailler les leçons à réciter.

Pour la première fois les cartables sont prêts et les chaussures neuves attendent dans l’armoire d’être étrennées, devient-on plus sage avec l’âge ? On n’oubliera pas les rires qui résonnent et les larmes qu’on tente de sécher lors de cet invincible été, les mots qu’on a dits et ceux qu’on n’aurait pas dû prononcer, les mauvaises nouvelles et les autres plus jolies, les déceptions aussi, mais surtout, surtout je me souviendrai de la générosité de cet été.  On s’était dit qu’il durerait toujours, l’été suspendu, et le temps hémophile coule...

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Quatuor

Il est à peine plus de sept heures et tu es dans mon lit depuis quelques minutes déjà. J’ai sûrement soupiré pour la forme, en entendant tes petits pieds nus sur le plancher comme des pas de souris. J’ai ouvert un demi-œil juste à temps pour apercevoir ta tête ébouriffée du matin, tes joues rosies par la nuit, tes lapins sous le bras, et ton rire déjà quand je soulève la couette pour que tu te glisses encore quelques instants dans ma chaleur, le temps de nous réveiller. Vois-tu, c’est mercredi, ou dimanche, et qu’est-ce que je suis heureuse de passer cette journée avec toi. Et ton frère, et tes sœurs.

Nous descendons sans faire trop de bruit, je grille les tartines, je fais chauffer le lait, pendant que tu vas saluer le lapin et le libérer de sa cage. Tu me racontes tes rêves, tu me racontes ta vie, les deux se mélangent un peu, je ne cherche pas à les démêler, c’est bien plus joli ainsi. Tu tiens à étaler le miel, à mélanger ton cacao. Je te regarde grandir à vue d’œil et je suis si reconnaissante de pouvoir assister à cette métamorphose, d’avoir pris le temps d’être auprès de toi.

Bientôt ton frère,  l’autre lève-tôt, apparaît, la magie de notre duo se brise, nous réinventons un trio sur le champ. Avec lui, point de rêveries, il veut savoir ce que nous ferons, où nous irons, ce que nous mangerons aujourd’hui. Bien sûr il y aura l’entretien nécessaire de la maison, puis après nous nous échapperons, une journée de juillet sans courir sur les sentiers n’est pas une vraie journée de vacances. Peut-être irons-nous rejoindre vos cousins à la recherche du Rocher des Nutons, écouter votre oncle nous en raconter les légendes, vous expliquer qu’une légende, on ne sait plus trop bien s’il faut y croire, c’est comme le yéti ou le dahu, après tout, personne n’en a jamais vu – si! moi! criera bien une petite voix –  construire une cabane, ou pique-niquer dans les bois (avez-vous remarqué que le saucisson a toujours meilleur goût quand on le sort d’un sac à dos ?), barbouiller nos mains, nos lèvres et même nos joues de myrtilles. Peut-être ferons-nous un concours de plongeons, si le temps le permet. Ou un jeu de l’oie, s’il fait vraiment trop froid. Un gâteau au chocolat, évidemment. Certainement, la salle de jeux aura l’air d’avoir été soufflée par une explosion ce soir, et je râlerai que si c’est comme ça, tout ce qui traîne encore dans dix minutes sera confisqué et donné au centre de réfugiés comme la dernière fois.

Votre sœur marmotte émerge à son tour en douceur, il lui faut toujours un peu de temps, avant de s’indigner sur une règle de jeu mal respectée, ou le menu du midi qui contient décidément bien trop de courgettes à son goût.

J’ai hâte à présent de voir se lever la grande, il n’est pas impossible que je passe l’aspirateur juste sous son plancher pour accélérer les choses. Ou qu’on mette la musique un peu fort, en bas, pour chanter et danser juste sous ses fenêtres, promis, on n’a pas fait exprès, mais c’est plus chouette quand tu es là.

 

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La fratrie est au complet maintenant, on ramasse les miettes, les équipes se forment, mouvantes,  en fonction des occupations, pleines de vie. On vote à mains sûrement poisseuses levées et à grands cris de joie et peut-être un peu de grognements déçus – j’ai toujours le pouvoir de veto, je sais c’est moche mais je suis la plus grande, hé hé –  le programme de la journée. Enfin, quand vous aurez effacé vos moustaches de chocolat, lavé vos dents et peigné vos cheveux, je ne sors pas avec des petits sauvageons.  Après le vélo, il va bien falloir remplir le frigo. Après les Lego, tondre la pelouse, laver les vitres, ramasser les pièces du puzzle avant d’en perdre. Eponger un verre de lait renversé. Arbitrer un conflit. Se cacher dans l’angle du mur pour  vous regarder tous les quatre jouer à Hôtel de Luxe, avec la petite qui fait la banque avec le plus grand sérieux. Obliger certains à monter se laver, en obliger d’autres à sortir de la douche pour faire la place au suivant. Raconter une histoire. Se coucher enfin. Lire quelques pages et piquer du nez. Et demain, recommencer.

Ne jamais regretter, ne jamais douter, si ce n’est d’être assez douée pour arriver à faire de vous des gens bons, des gens bien. Dans votre corps et dans vos idées. Chaque matin sur le métier remettre l’ouvrage, et se dire que c’est là une bien belle aventure, riche jusqu’à l’indescriptible. Certainement pas une famille Ricoré, il y a bien trop de couacs, de décibels et de larmes parfois dans la même journée. Mais la même joie, à chaque fois, de la passer avec vous, cette journée boule à facettes, cette journée qui dure mille vies, cette journée qui commence parfois bien trop tôt, mais à quoi bon la passer à dormir?

Je ne suis pas fatiguée de vous. Je ne suis pas fatiguée de la vie. Du temps que je vous consacre et qui passe toujours trop vite.

Je ne suis pas fatiguée.

 

 

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Pour Peach.