Pousser la porte. Elle grince un peu. Souffler sur la poussière qui s’élève en milliers d’étoiles minuscules dans le rayon de lumière.
Les enfants ont grandi. Moi aussi. C’est le mot qu’on utilise pour dire joliment qu’on vieillit, comme si les cheveux gris étaient une insulte, comme si les années ne nous donnaient pas une forme de sagesse, du moins, une forme de distance face aux choses et aux événements.
Parlera-t-on encore et indéfiniment du temps qui passe, me demande Papa Lion, revenu lui aussi d’on ne sait où. Je lui réponds que l’eau coule toujours au ruisseau, mais que nous ne mettons plus si souvent nos bottes pour aller sauter dans les flaques. Je ne sais pas quand c’est arrivé, ce moment où les enfants ne le sont plus tout à fait, mais encore un peu, le temps de quelques portes qui claquent, des grands doutes et des grandes questions quand on croit encore réellement que les choix qu’on fera sur un formulaire de papier blanc décideront de toute une vie.
Le temps se meut et se tord, on ne fait plus autant de photos, on ne compte plus les dents perdues et les négociations qui s’ensuivent, on n’a plus peur d’oublier un premier pas, un premier mot, et on a tort, évidemment. Parce que demain, bien sûr que j’aurai oublié que l’une rentre plus tard, et je m’inquiéterai, et que l’autre ramène une copine à dormir, et j’aurai oublié de faire quelques courses. Bien sûr.
Quel plaisir de retrouver cette plume !
Toujours aussi touchant. Droit dans le mille, en plein cœur. Merci.
Ooooh quelle heureuse surprise!
Nous nous avons vieilli, pas votre plume ☺
Toujours aussi beau…
Tu écris beau, Mentalo.
Et que dire quand ton petit a un petit à son tour… C’est gentil de venir faire un petit coucou 😉
Oh, quel bonheur de cliquer « juste pour voir » et de voir: si, elle est de retour!