On a d’abord pensé que ça n’avait pas d’importance. Que la vie parfois prend des chemins de traverse, et que l’accepter, c’est arrêter de vouloir tout contrôler pour se laisser, parfois, porter par les flots qui auraient pu nous noyer autrefois.
On ne savait pas bien quoi faire de ces sentiments, en vérité. On les a tus, longtemps. Et puis c’était lui, et puis c’était moi, moi et elle. Et il fallait avancer, surtout, reconstruire sur les ruines encore fumantes, éviter de regarder en arrière, éviter de regarder en bas. Se lancer, advienne que pourra. Plonger.
Dans les contes de fées ou les romans pas chers, ils furent heureux et eurent beaucoup d’enfants, dès la page 150. Nous, on a écrit des brouillons, effacé, tenté en vain de repasser sur l’écriture ancienne. Déchiré, recommencé. Mouillé nos taies d’oreiller de larmes de ne pas y arriver. Failli renoncer. Compris enfin que rien ne serait jamais acquis, et que l’important n’est pas ces cailloux sur lesquels on trébuche, mais l’horizon qu’il faut toujours regarder, un peu comme quand on apprend à rouler à vélo. Et chaque matin écrire quelques lignes de cette histoire qui nous appartient, sans gommer les ratures. Chercher le mot juste, longtemps, pester parfois de ne pas le trouver. Laisser passer du temps et revenir corriger une faute, améliorer une tournure. Ne rien écrire quand le cœur n’y est pas, la musique des mots est aussi dans les espaces entre les lignes comme celle de Mozart dans les silences entre les notes. Ne jamais oublier que l’inspiration peut-être demain aura fui, alors écrire tant qu’il en est encore temps ces choses de notre vie.
Page 1400, ils sont heureux et ont beaucoup d’enfants.
Et c’est bien le principal…
J’ai envie de dire que c’est un de tes plus beaux billets mais j’ai l’impression de le dire à chaque fois, bigre.
Voilà… 😉
Paradoxalement, moi je n’en suis pas du tout satisfaite par contre…
(A toi je peux le dire ;-))
Jusqu’au prochain rebondissement littéraire ! On vous souhaite bcp de bonheur !
<3 C'est si joliment écrit. Avec pudeur.
J’essaye d’écrire chaque matin quelques lignes de notre nouvelle histoire. La mienne en est presque à la 365ème page…
Et tous les jours on se dit simplement « je t’aime jusqu’à demain ». Parce qu’après, personne ne sait de quoi la vie sera faite…
C’est tellement fin, ciselé, subtil et à la fois précis… Un bijou ! Merci !
Oui encore un bijou où tout est évoqué sans être dit, où chacun peut avec son imagination partir vers ici ou là… Un vrai talent ici d’écriture, de sensibilité, de vie, la vraie 🙂
20,50 euros le dernier roman à l’eau de rose Elle & Lui (rien que le titre vaut son pesant de roudoudou en coeur) de ML, 396 pages certes, mais tu trouves que ce sont des romans pas chers ? Moi si 😉
Eh, mais tu as deux jours d’avance sur la Saint-Valentin!
Je vais retenir la phrase au sujet des cailloux et de l’horizon en vélo.
Le texte est beau, mais alors LA TASSE, n’en parlons même pas. Je veux la même.
Et il fallait avancer, surtout, reconstruire sur les ruines encore fumantes, éviter de regarder en arrière, éviter de regarder en bas. Se lancer, advienne que pourra. Plonger.
Comme ça me parle 🙂
putain merde…alors c’est bien ça la vie de couple ? qu’est ce que c’est difficile ! ce texte me parle tellement tellement ! Merci.