Début juillet, j’ai passé un week-end merveilleux à base de filles aussi intelligentes que belles, de pâtisseries orientales et de papouilles à des bébés qui n’étaient pas les miens. D’habitude, les enfants des autres, je les trouve mignons (au mieux), mais merci bien mais j’en ai plein à moi qui sont mieux, garde les, vraiment. J’étais donc assez étonnée de les trouver drôles, intéressants, bisouillables même. Mais pas un instant l’idée m’a effleurée d’en refaire un à moi, qui éclipserait tous les autres bien sûr, pour encore quelques années. Je ne m’émeus plus des doudous mignons, du linge de lit tellement twee, de la poussette dernier cri (au vu du prix, surtout), de l’écharpe de portage révolutionnaire, du jouet premier âge montessorien (la soupe aux cailloux, pesto d’herbe, croustillant de sable, est parfaite). Tout cela m’est devenu tellement étranger. Au contraire, je remplis des sacs entiers à destination de ceux qui en ont besoin, j’allège ma maison, sans nostalgie. Je remplis le grenier, pour la génération suivante. Il y a un temps pour tout, celui des taches de lait sur mon épaule est révolu. (Vivement que celui des Playmobil, cette invention de l’enfer, prenne fin lui aussi.)
La toute petite enfance de mon aînée ne fut pas pavée de roses, est-ce pour cela que je n’ai jamais sacralisé cet âge? J’ai aimé ces périodes, mon corps garde la mémoire de ce temps-là sans amertume, mais les voir grandir et interagir me comble et me fascine. J’aime ce qu’ils deviennent, aussi différents l’un de l’autre soient-ils. Quatre entités bien distinctes. Quatre esprits autonomes, quatre visions du monde, quatre voix au chapitre autour de la grande table – et les plus petits ne laissent pas leur part au lapin (à défaut de chien). Alors bien sûr c’est remuant, bien sûr c’est bruyant, mais c’est tellement passionnant.
J’apprécie particulièrement l’apport de chacun à l’édifice familial, ce moment où ils en savent soudain plus que moi sur un sujet, et les voir raconter, argumenter, convaincre. J’aime ces moments où leur savoir leur permet de se rejoindre dans la discussion, nous écartant de fait, ces moments où nous ne sommes plus que spectateurs. Ces jours où ils s’entendent pour nous préparer une surprise, un cadeau bricolé. Ces soirs où nos voix se rejoignent pour chanter le même air. Cette équipe formidable et mouvante que nous formons. Cette sensation d’avoir fait un sacré bout de chemin ensemble déjà, même si d’autres plus ardus sont devant nous, et que nous trébucherons encore.
Et les Playmo en appartement, tout un poème ! Je n’en ai qu’une mais je m’émerveille à chaque fois que je constate qu’elle sait telle ou telle chose, ou qu’elle arrive à faire telle autre mieux que moi…
Mais oui c’est passionnant – surtout quand l’apprentissage ne vient pas de nous, on est chaque fois étonné.
Encore un article d’une douceur infini. Et puis si on ne trébuchait pas, alors je suis sure qu’on trouverait cela un peu ennuyeux.
En tout cas, on n’apprendrait rien, et ce serait rudement dommage.
Moi j’aime les playmobils… Et mes élèves de terminale m’ont dit les aimer encore (sérieusement, certaines filles seraient ravies que j’arrive à les inclure dans une des thématiques du bac)!
Mon Unique à moi que j’ai à bientôt 14 ans refuse encore de s’en séparer…
Mince tu ne me rassures pas du tout! 😉
Noooon?
Parfait … Mentalo vous me ravissez comme d’habitude! (Et le temps des couches est révolu pour moi également.. En revanche je suis en plein dans les playmo!)
Merci Elise.
Comment ça tu boycottes les Playmobils ? Ce sont tes orteils qui se plaignent sans doute nan ?
C’est vrai qu’ils prennent de la place. ..
J’en suis pas encore à la plénitude du repas où l’on converse allègrement. .. sont encore un peu ptis mais on y vient doucement….
Poutoux
Même pas, ça m’agace y en a toujours partout, mélangés, démontés…
J’ai fait le week-end dernier des cartons de playmo, religieusement rangés pour les générations futures et des tonnes de sacs de jouets et vêtements en tout genre pour des familles qui en feront bon usage après nous… Ce texte m’a donné des frissons… J’aurai pu l’écrire … avec tellement moins de talent … MERCI
Oh c’est gentil ça. C’est amusant de ranger tout ça au grenier, en attendant leur seconde vie, je trouve.
Et oui c’est étrange de se projeter dans le rôle de la grand-mère qui ressort les jouets du grenier … à 44 ans … ce n’est peut-être pas pour demain mais après-demain qui sait …
Coucou !
Je découvre ce billet et ton blog en arrivant de chez Marjolimaman … et j’aime beaucoup ce que je lis, ça résonne bien chez moi … la petite troisième va avoir 1 an la semaine prochaine, et je nous sens au complet … et prêts pour de nouvelles aventures à 5 !
Bises et bonne fin de semaine !
PS : par contre les Playmobils, je suis presque aussi accro que mes enfants, moi …
A chaque âge nous attend de jolies choses, et plus ils grandissent, plus ils sont passionnants je trouve.
Oui nous sommes faits pour vivre plusieurs vies et la grand secret est de réussir à savourer chacun d’entre eux pour ce qu’il nous apporte… 🙂
Comment ça ne m’étonne pas du tout venant de toi, vivre plusieurs vies? 😉