Il y avait la mer à l’aube, si calme et silencieuse dans cette station balnéaire encore endormie. Il y avait ce bleu si doux assorti à celui de ses yeux. Le ballet criard des mouettes en mal de bateaux de pêche. Le sable glacé encore. Le premier chien, le premier promeneur, le pain du petit-déjeuner familial sous le bras. La première courageuse, entrant dans l’eau d’un pas décidé. Le gilet fin que je serre sur mes épaules frissonnantes en attendant les premiers rayons du soleil. Les dernières lumières qui s’éteignent, au loin, vers la Grande Motte. Les premiers poissons au bout des lignes, le cliquetis des parasols et l’alignement des matelas sur les transats, attendant les vacanciers déjà éreintés. La course vers l’eau scintillante en riant, la morsure fraîche dans le creux de mon dos, le corps flottant léger, délesté des nuages.
Et soudain, le rose salé d’un baiser, répondant au ciel.