Souviens-toi l’été dernier (et réponds au sondage, tu seras gentil)

Souviens-toi l’été dernier, qu’est-ce qu’on a rigolé.

Pour les petits nouveaux, j’expliquais tout ici, mais en gros, il s’agissait de m’envoyer des cartes postales bidons de vacances bidons, le plus gros délire de tout l’été 2010, qui nous a tenus en haleine des semaines durant.

Tu peux retrouver les oeuvres de la Grande Compagnie de l’Ordre des Rigolos ici.

Eh, c’est la crise du timbre, du tampon, de la carte et de la flemme, on va pas se laisser abattre, oh. En plus c’est rigolo, tu participes, et moi j’ai rien à faire qu’à m’occuper à repasser une couche de topcoat au bord de ma piscine.

Alors qu’est-ce que t’en dis?

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Pas de panique, si on le refait, je redonnerai les instructions en temps voulu!

La décision sera prise très démocratiquement: à la majorité absolue de 100 % des voix: la mienne. Mais en m’aidant de ton vote, quand même.


La malédiction

Elle balançait depuis quelques semaines, remplissant l’enfant de fierté. Du haut de ces cinq ans à peine, elle allait enfin devenir une grande. A force de petits coups de langue pointue, elle en eut enfin raison : l’incisive minuscule tomba sur son cahier d’écriture où elle alignait soigneusement les voyelles.

 

Joie et allégresse, quelques gouttes rouges tachèrent le cahier, la précieuse dent fut emballée soigneusement dans un mouchoir en papier, posé en évidence sur le petit banc de bois, juste à côté du trou pour l’encrier depuis longtemps déserté.

 

Puis vint le temps de la récré, la dent fut oubliée, et repris les jeux endiablés. Les cartables refermés, la dame chargée du ménage vint faire son œuvre, et le petit mouchoir fut… jeté.

 

Quand l’enfant rentra à la maison ce soir là, elle montra le petit trou dans sa bouche du bout de son doigt, et se souvint en même temps du petit mouchoir plié en carré sur son banc. La mère et l’enfant coururent à l’école, en vain. Sa première dent ! Le cœur de la maman ne fit qu’un tour, et elle renversa courageusement la grande poubelle sur le béton de la cour, fouilla parmi les restes du goûter d’anniversaire célébré ce jour-là, et trouva le petit bout de coton. Cette nuit là, la petite souris passa pour la première fois dans la maison. Mais elle avait eu chaud.

 

Depuis, dans la famille, de nombreuses dents sont tombées, dont certaines connurent à peu près le même destin, toujours sauvées in extremis, tandis que l’enfant se demandait ce que pouvait bien faire la petite souris de toutes ces dents, et moi je me demandais si c’étais pas un peu macabre, toutes ces dents dans la petite boîte de ma table de nuit, après quelques virées nocturnes sous leurs oreillers en retenant mon souffle et sur la pointe des pieds.

 

Hier soir, ce fut le tour d’une prémolaire de choir dans l’assiette de l’aînée. Elle fut exceptionnellement dispensée de débarrasser la table pour des raisons que ma dignité de mère ne me permet pas d’expliciter ici. L’œil vaseux et l’haleine un peu trop avinée, je débarrassai quelques heures plus tard. Jetant les miettes à la poubelle, tandis que l’Homme des Bois emmenait celle-ci dehors pour cause de passage hebdomadaire imminent du camion qui fascine tant le Petit d’Homme.

 

Eh oui, pour les petits, c’est la petite souris qui passe. Pour les grands, ce sont les éboueurs.


Nostalgie faisant foi

Il y a quelques semaines, de nombreuses voix ont crié au scandale à la disparition du fameux bodybuildé des malabars de leur enfance. J’ai trouvé ça très con, ça doit être parce que je n’en ai jamais mangé. Ouais, j’ai eu une enfance difficile, que veux-tu.

 

Moi, ce qui me fend le cœur, c’est la disparition des cachets de la poste. Si. Je sais, j’ai une vie compliquée et bien triste. Avant, tu recevais des cartes postales, et rien que le cachet te faisait rêver. Du bled paumé, levée unique à 15 heures, l’heure où seuls les chiens se crâment les papattes au bitume brûlant. Faut bien quelqu’un pour aboyer sur le facteur.

 

Où est passé l’employé de la poste avec son tampon, qui avait le mérite de réveiller ses collègues assoupis dans la moiteur de leur petit bureau de provincie reculée ?

 

Où sont les mouettes décoratives, les phares, les vagues, les moulins, les mentions de la fête locale qui te faisaient voyager un peu, toi aussi ?

 

Avalés par le robot-tampon, tout ce petit monde ?

 

Remplacés par une succession de chiffres, qui ne te dit même plus si la lettre que tu tiens dans les mains a bien été postée à Tataouinne-les-Bains, et que ton voisin, terré depuis une semaine dans sa maison, les volets clos, lumière éteinte, voiture garée à trois rues de là, ne veut pas te faire croire qu’il est le roi de la tong et de la glacière orange sponsorisée 3 Suisses, vivant grand train au café-bar local et champion de la boule au camping municipal, et qu’il a posté sa carte en loucedé dans la boîte de Pèrpète-les-Oies, tout simplement.

 

Ah et sinon, outre la saison de la carte postale qui reprend, c’est aussi celle de la saloperie de moustique. Quand je te dis que j’ai une vie compliquée.

Moi, rien que là, je voyage, même si je sais pas où c'est Brissac.


Pedestrian

Ce matin, j’ai laissé le cheval vapeur à l’autre bout de la ville: il a besoin d‘être un peu bichonné des soupapes avant mon prochain road movie dont l’envie me prendra comme un besoin de pisser violent.

 

Je fichai les écouteurs de mon iPhone dans mes oreilles propres (quoi qu’en disent mes collègues de gauche et de droite qui prétendent que j’entends moins bien à gauche qu’à droite – ils sont jaloux, c’est tout) et entrepris de me niquer les tympans pour me donner du cœur à la marche.

 

Je traversai  ce quartier résidentiel, cossu et tranquille, aux rues bien perpendiculaires et aux noms évocateurs : rue de la Toison d’Or, Avenue Marie-Adélaïde, rue de Bragance,… d’un bon pas, j’avais prévu le jeans et les Converse qui juraient avec mon Longchamp (je suis un peu bourgeoise aussi, faut pas se mentir) et surtout avec les costumes trois-pièces sombres des hommes d’affaires émergeant de leurs appartements chics, le cheveu encore humide et l’œil sans doute encore bouffi derrière leurs Ray-Ban pour s’engouffrer dans leurs grosses berlines noires.

 

Je traversai les rues sans regarder, surtout sans entendre, manquant de ci de là de passer sous un bus ou une paire de roues 18 pouces… Et je m’aperçus soudain que je troublais l’ordre public non pas par ma marche forcenée, mais parce que je chantais à tue-tête, dans cette ville où rien ne dépasse, même pas les feuilles des arbres impeccablement taillés.

Trente-cinq minutes plus tard, je pris ma place auprès du Grand Capital avec une satisfaction sans nom d’en avoir défrisé quelques-uns, de bon matin.

 

Un rien m’amuse, je sais.

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La fin des idées reçues

 

Je suis rentrée hier soir de mon périple de l’extrême, au prix de quelques milliers de kilomètres au compteur de mon cheval vapeur. J’ai pris un méga shoot d’amitié, de sourires et de regards qui en disent long.

Je laisse tout ça décanter un petit peu, et surtout je prends le temps de trier mes photos, et je partagerai un peu.

 

Mais sache, gentil lecteur, qu’on te ment. La blogueuse est en fait une fieffée coquine.

 

Ainsi, la Zette attire les gosses comme les mouches, contrairement à ce qu’elle prétend. Avec un argument imparable : c’est la reine du pelage de pommes (et mes gosses les rois des dévaliseurs de placards.) Chez elle, c’est calme, escargots zarbis et volupté – et trou perdu que j’en avais des bouffées d’angoisse de plus jamais en ressortir. Et j’ai eu droit pour me remettre à un bisou du Conjugué, de l’Interné et du Benjamin, c’te classe. (Le Sandwich avait fui avant mon arrivée, annoncée par tous les chiens galeux du village.)

 

Ainsi, la Mère Joie est une fine cuisinière (et le Légio plus raffiné que salace, contrairement à ce qu’on pourrait lire), puisqu’elle a régalé la compagnie d’une succulente tartiflette de courgettes. Pour te dire, on se tapait dessus à coups de louche pour avoir le droit de lécher le plat. Après tu t’étonnes que le Petit Poilu il décolle plus du nichon reblochon-mozza.

 

Ainsi, Alorom est nettement moins dingue dans la vraie vie. Ah ça non, en fait. Puis la Blonde est vraiment blonde, mais en mode adorable, invente la verrine de cerises avec leur queue couvertes de chantilly – dessert appelé à être ultra tendance, et elle s’y connaît ; le Graton, en digne fille de sa mère, s’écrie « c’est la fin de la Chiraquie ! », puis demande quand il est mort, Chirac, quand la bombe de chantilly est vide.

 

Je suis épuisée. Déconnectée grave des deux lobes. Mais heureuse. Grave.