Attention, on vire blog de maman pour la journée, ici.
Ouais parce si comme les chats j’ai douze vies, dans l’une d’entre elles je suis maman. Si. Et trois fois, encore. (Je dis ça au hasard qu’il y aurait des petits nouveaux, on sait jamais, on n’est jamais à l’abri d’un miracle.)
Et c’est pas l’envie qui me prend comme ça, innocemment, de te raconter ma laïfe tout à fait passionnante. C’est que deux d’entre toi (je dénonce pas, tu sais bien, c’est pas dans mes habitudes, mais elles se reconnaîtront et je les embrasse bien fort) me demandaient pas plus tard que la semaine dernière comment je fais pour être partout en même temps (je résume, mais c’était l’idée). Et Eurêka (elle je dénonce, mais c’est parce que c’est plus gentil de citer ses sources) nous faisait un ras-le-bol complet du cliché de la mère parfaite, bordel, elle peut pas tout faire, merde. (Elle était un peu énervée, faut dire).
Alors, Eurêka d’abord, je vais te dire : la mère parfaite n’existe pas. C’est un leurre, un mythe, une grosse connerie que tu te mets devant les yeux quand toi, tu culpabilises d’en faire des montagnes et que pourtant tu as l’impression de pas être à la hauteur et de galérer grave. D’ailleurs personne ne te le reproche, tu le fais toute seule, c’est ballot, hein ?
Même Bree (la référence, la référence !) elle a des emmerdes, tu as vu ? Ben chez tout le monde, c’est pareil. Chez moi aussi. Sauf que j’ai le bon goût de la fermer sur le sujet. Donc tout le monde croit que chez moi, tout est parfait, y a jamais une chaussette sale qui traîne, jamais un gosse fiévreux ou rebelle, jamais un baby-sitter introuvable, jamais un mari qui menace de divorcer s’il a pas sa blanquette de veau fumante sur la table dans trois minutes (avec une assiette en dessous, c’est mieux), jamais un marmot qui refuse de se coucher, et jamais un autre qui gerbe sur le tapis du salon. Eh eh, faut un peu arrêter les livres d’images, hein. Chez moi aussi y a des jours de mouise, hein. Comme chez tout le monde.
Alors comment je fais, qu’elles demandent les copines ? Eh bien j’accepte tout simplement que je ne peux pas être partout, que je n’ai pas dix-huit bras ni cinquante-douze heures dans la journée, dont près de douze sont invariablement, du lundi au vendredi, consacrées à mon travail, à l’insu de mon plein gré. Et dans un monde idéal, huit au sommeil. Donc je fais ce que je peux.
Comment on gère trois enfants ? Ben comme on en gère un, sauf qu’on en fait forcément moins pour chaque. Du coup, mes enfants sont forcément amenés à être très autonomes assez vite (nan, je sais pas où est ta DS / ton bonnet / tes bottes / ton doudou / ton père, cherche tout seul, je suis aux chiottes, bordel suis occupée, là), j’oublie forcément un tas de trucs, mais la plupart du temps, ils s’en remettent très bien. Et pire, des fois même, ils sont contents de me voir quand j’arrive. Comme ça après, ils peuvent filer chez les voisins (snok). Et je le leur interdis, pour une fois que je suis là (gniark).
Mais avant ça, avant la vie d’aujourd’hui qui a plus ou moins trouvé son équilibre, à chacun d’eux, j’ai consacré un an de ma vie. Un an où on a construit des bases solides, chacun d’eux et moi. Ce fut un bonheur, ce fut vital, pour eux comme pour moi. Après, chacun sa méthode, mais pour moi, je sais que ça a été essentiel.
Et sinon, au quotidien, j’ai arrêté de dormir. Nan, je déconne. Je vais à l’essentiel. Je cours, mais je ne culpabilise pas. Enfin, j’essaie. Bon ok, je culpabilise deux minutes, puis je me dis que c’est une sacrée perte de temps, alors je passe à autre chose. Je ne passe pas des heures à me morfondre que chez les autres, l’herbe semble tellement plus verte. Parce que je sais que c’est une illusion d’optique.
Courage, les filles.