Vendredi 4 mars
22h30 Nous sommes couchés depuis cinq minutes, le Petit d’Homme se lève pour vomir sur le tapis du salon, bientôt imité par son aînée, qui vise son lit. Youpiii.
Samedi 5 mars
4h30 Nous démarrons, avec bassines, sacs en plastiques à proximité et les gamins couverts de serviettes au cas où.
5h00 Au cas où. Vidage de bassine, et bis repetita.
9h30 C’est trop tôt pour l’apéro d’arrivée ?
Dimanche 6 mars
Où comme chaque année, je jouis en enfilant mes chaussures de ski.
Lundi 7 mars
J’ai pas pris mon bikini. Vu la température ambiante, il aurait pu me servir. La Pili-Pili décrète que le ski, c’est aussi cool que la luge, on voit bien que c’est pas elle qui fait tout l’effort.
Mardi 8 mars
Mardi gras, ou la journée de l’infâme. Les Russes, en débarquant de manière totalement imprévue, me rappellent que quoi qu’on en dise, pense ou fasse, les hommes et les femmes ne seront jamais égaux. Equivalents et complémentaires, oui. Et c’est pas Miss Cz qui me contredira, elle qui accouche aujourd’hui.
Mercredi 9 mars
Où le Petit d’Homme est officiellement rebaptisé Spoutnik des Neiges, après m’avoir forcée à un sprint mémorable pour tenter de le rattraper. C’est que ça tourne court, un micro machin sur des skis de 80 cm.
Jeudi 10 mars
Où il est évident que ma fille de 9 ans, 8 mois, et six années de cours, skie mieux que moi. Je fais encore parfois illusion niveau vitesse, mais là où la technique s’impose, elle me met la pâtée. Elle est sélectionnée pour le Slalom Géant Nocturne le soir même.
Où je me gèlerai le cul en décédant d’angoisse, et où elle fera un excellent temps et obtiendra une médaille. Je lui offre un chocolat viennois dans un bar, et j’étouffe de fierté maternelle.
Vendredi 11 mars
Où l’on prend des chemins de traverse pour fuir le monde et les beaufs. J’explique à ma grande qu’on est toujours le beauf de quelqu’un, mais quand je suis en vacances, j’aime autant être le beauf de moi-même et des sapins enneigés, rien d’autre, merci.
Samedi 12 mars
Où il n’y a plus personne nulle part et c’est très bien comme ça. Où mon Spoutnik fait des pointes de vitesse en ligne droite en toute impunité en poussant des hurlements sauvages, et c’est bon. Où l’on chasse le dahu peinards, entre deux glissades de luge.
Dimanche 13 mars
Où nous plions bagage et descendons dans la vallée pour un déjeuner avec la sagrada familia et une balade au bord du Lac, avant d’enquiller les kilomètres de bitume.
Lundi 14 mars
Où je maudis le réveil qui gueule à six heures, les bouchons, le fait de ne pas être rentière, mais où je croise mon visage tout bronzé dans le miroir, et ça me donne le sourire.
