La bonne direction, ou l’art de l’éducation par la culpabilisation

Je travaille dans une entreprise à la pointe de la modernité, puisque disposant d’une machine à café et d’une fontaine à eau par étage, ainsi que d’une kitchenette. Ce qui donne à la fin de la journée des centaines de verres et de tasses sales et autant de litres de café, thé, eau avalés et pissés, le tout dans un ballet d’une élégance rare, puisqu’à ce jour nous ne comptons que finalement très peu d’accidents, sauf pour la moquette.

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Et si, il y a quelques années, nous fûmes informés que les dames chargées de l’entretien chaque soir après que nous eûmes bien voulu débarrasser le plancher n’étaient pas là pour ramener nos tasses à la cuisine de chaque étage et priés subséquemment de bien vouloir  nous acquitter nous-mêmes de cette tâche ingrate, il faut croire que nous sommes encore bien mal éduqués.

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Depuis hier, fleurit dans chaque cuisine ce petit mot aussi doux qu’anonyme.

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Très bien. Vas-y. Tu es dans la bonne direction. Seulement, le lave-vaisselle se trouve environ quinze centimètres plus bas sous le plan de travail. Donc, ouvre la porte, mets-y ta vaisselle sale, et referme doucement la porte. Ensuite, tu t’en iras le cœur léger, en ayant le sentiment d’avoir, aujourd’hui encore, fait quelque chose pour la paix dans le monde.

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Des rigolos, je te dis.

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All animals are equal, but some are more equal than others*

*George Orwell, Animal Farm.

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A l’heure où tous nos voisins européens le pratiquent depuis pratiquement dix ans (dix ans !), en France, le Conseil Constitutionnel a dit non, vendredi matin, au mariage homosexuel, renvoyant aux politiques la responsabilité de décider d’un éventuel changement dans la législation. On peut penser que campagne présidentielle aidant, nos politiques vont sauter sur l’aubaine de faire parler d’eux à pieds joints. Mais en attendant…

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J’ai dit, déjà, ce que j’en pensais. Que je me fiche de savoir si tu couches avec Martin ou avec Martine.

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Les hommes naissent égaux en droits, qu’on nous bassine depuis des lustres. Très bien. Alors explique-moi juste un instant, pourquoi, sachant qu’effectivement tu as le droit de payer des impôts comme les autres, de voter comme les autres, tu aurais pas le droit de te marier comme les autres.

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J’appelle ça de la discrimination, ni plus, ni moins. Les homosexuels seraient-ils, en France, pays des Droits de l’Homme, en 2011 encore, considérés comme des sous-hommes ? Ils font comment, nos voisins ?

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Des fois j’ai honte.

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Alors ne viens pas me dire que oui, que non, le mariage n’a rien avoir avec l’amour, qu’il y a déjà le PACS, que tous les homosexuels ne veulent pas forcément se marier… Je vais te dire : pas tous les hétéros non plus. Et que tu peux, si tu en as envie, te pacser avec ton frère. Par contre, coucher, non. Cherche l’erreur. Je dis simplement : de quel droit, nous, pauvres mortels, priverions-nous une partie de nos semblables des engueulades sans fin pour le plan de table de se dire oui les yeux dans les yeux pleins d’étoiles, avec force guimauve ou pas, d’ailleurs.

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N’y a-t-il plus dans le mariage, derrière la protection apportée par la signature de papiers te liant à l’autre, plus une seule once de magie, une seule envie de s’engager l’un envers l’autre, d’unir deux destins ?

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On peut très bien s’aimer sans, ou faire la fête sans, d’accord. Mais avoue que c’est plus chouette avec, quand tu en as envie.

 

Belles. Et libres.

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Et arrive la question des enfants, je te vois venir avec ton argument bateau. Je te répondrai juste : les enfants sont déjà là. Et on ne délivre pas de permis de faire des enfants aux hétérosexuels non plus.

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Il ne s’agit pas non plus d’ironiser sur le fait que la mode est plutôt au divorce qu’au mariage, là, chez les hétéros, alors que si en plus on y ajoute les divorces d’homos, on va pas y arriver. Hors sujet.  Il s’agit juste d’un droit fondamental.

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On a juste trois guerres de retard, c’est tout. Ou/et une sacrée saloperie de chape de béton judéo-chrétienne sur notre bonne conscience et notre libre-arbitre. Hypocrisie d’une république pseudo-laïque. On y revient.

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Orwell, réveille-toi, ils sont devenus fous.

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Le petit bonhomme du vendredi

12h 04, Mentalo à Zette

J’arrête pas de penser à ce gamin, là, depuis hier, ce petit de onze ans „qui se sentait trop seul“. Bordel. Ca me glace le sang.

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12h13,  Zette à Mentalo

Oh on y  a pensé aussi, nous, hier soir, c’était terrifiant de penser que ça peut arriver à nos mômes. On connaît assez les signes, parce qu’on a la chance d’être présents, mais il est tellement facile de pas voir, parce qu’on est pris par nos vies, nos boulots de merde et nos soucis de fric qu’on a tendance à penser que nos mômes sont autonomes alors que putain, ils n’ont pas 15 ans!!!

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12h17, Mentalo à Zette

J’entendais la radio ce matin. « La mère travaille en Suisse, est beaucoup absente. » Genre c’est de sa faute. Bonjour le deuil. Tant qu’il y aura personne pour nous payer pour tenir la main de nos gamins, on fait ce qu’on peut en jonglant avec tout. Et le père, hein ?

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12h23, Zette à Mentalo

Mais oui mais on peut faire comment autrement?
C’est un tiraillement, un déchirement.
Et parce que maintenant qu’on est arrivé à ce qu’une poignée de vielles folles ont voulu dans les années 70, on pleure nos mômes.
Là-dessus, je suis assez vieille école, j’ai toujours été pour que les mamans tiennent et s’épanouissent dans leur rôle de maman mais on a préféré les faire passer pour des boniches parce que dieu et tout le bordel.
Et ensuite, bah l’extrême à répondu à l’extrême et aujourd’hui, ce sont nous, la génération qui payons parce qu’on est obligées de se barrer de la maison ET d’être d’excellentes mères qui veillons à ce que nos mômes entrent toujours dans ces putains de cases qui n’étaient valables que quand on restait à la maison.

Ce sont ces femmes que j’accuse, celles qui ont pensé avoir le beurre, l’argent du beurre et le cul du crémier, en pensant que forcément, leurs mômes suivraient.

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L’enfant, pour moi, c’est celui qui va dire, par les pleurs, les mots, puis le silence ou la rébellion comment nous, ses parents, ont doit agir.
Comme quand les tiens traînent dans tes pieds pour te dire « maman tu me manques ».

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Alors il est temps de s’arrêter et de les écouter, les regarder.

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12h27, Mentalo à Zette

Les cases, je les déteste, ces cases.

On tourne en rond. Nos gosses paient notre course à toujours plus. Mais comment faire autrement, on est comme pris à notre propre piège.

C’est pas tellement « maman travaille » le problème, c’est « maman et papa sont devenus sourds et aveugles et moi je crie tout seul dans le noir ».

Ca me fait toujours hurler qu’on trouve des armées de psys pour entourer ceux qui restent, alors qu’on n’est pas foutus d’entendre, de voir quand un gamin va pas bien. Nous tous. Comme si on faisait ça pour se donner bonne conscience. Et quand tu demandes de l’aide, tu es sur liste d’attente pendant six mois. Et puis après, d’un coup, il est trop tard.

Et on dit : « Sa maman travaillait en Suisse. »

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12h44, Zette à Mentalo

Exactement. Le pire, c’est que bientôt, dans le programme scolaire, on va dégager des heures de consultation chez les psys tellement finalement, on trouvera toujours plus de soucis à nos mômes. Alors que le souci, c’est pas eux. C’est nous.

On en parle?

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12h51, Mentalo à Zette

On en parle.

Mais d’abord, je mange. Ventre affamé n’a pas d’oreilles.

 

Les mots de Zette.

 

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Billet écrit à quatre mains et deux coeurs de mamans.


Envoyée spéciale sur la planète Egg

Chose promise chose due, même à la bourre.

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J’avais promis de parler de ce concours pas ordinaire, organisé conjointement par le magazine Egg et la créatrice anglaise Isabella Oliver.

 

C’est là.

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Egg, on ne le présente plus, ce magazine pour les femmes… enceintes et pas que (la preuve, je le lis avec délices, et j’ai pas de brioche au four, moi) pas cucul et pas la praline non plus.

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Isabella Oliver, je la connais moins, mais disons que cet aperçu de sa collection me paraît fort sympathique. Out les robes tentes surplus américain, in la mise en valeur des rondeurs prometteuses. J’aime beaucoup sa collection jeune, dynamique et qui me ressemble, vraiment.

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Là, c'est moi, avec plus de cheveux, de ventre, et de jambes. Moi, quoi.

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Là c'est moi aussi, mais je suis très discrète dans ma petite robe noire.

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Tu as jusqu’à ce soir pour sélectionner tes trois pièces préférées de la collection Isabella Oliver, et faire ta modeuse sur ton blog. Tout le règlement est là. Donc tu te magnes.

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Le cadeau ? Mardi, une gagnante sera tirée au sort, elle deviendra pour la journée du 9 février l’envoyée spéciale de Egg à Londres (A LOOOOOOONDRES. Hiiiiii, quoi. ) pour interviewer la fondatrice de la marque, essayer toute la nouvelle collection. Chouchoutée, filmée, photographiée, escortée comme une vraie star.

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Une journée inoubliable. Et moi, pendant ce temps-là, je me gèlerai les miches dans le Grand Nord de l’Allemagne. La vie est dure, parfois.

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