12h 04, Mentalo à Zette
J’arrête pas de penser à ce gamin, là, depuis hier, ce petit de onze ans „qui se sentait trop seul“. Bordel. Ca me glace le sang.
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12h13, Zette à Mentalo
Oh on y a pensé aussi, nous, hier soir, c’était terrifiant de penser que ça peut arriver à nos mômes. On connaît assez les signes, parce qu’on a la chance d’être présents, mais il est tellement facile de pas voir, parce qu’on est pris par nos vies, nos boulots de merde et nos soucis de fric qu’on a tendance à penser que nos mômes sont autonomes alors que putain, ils n’ont pas 15 ans!!!
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12h17, Mentalo à Zette
J’entendais la radio ce matin. « La mère travaille en Suisse, est beaucoup absente. » Genre c’est de sa faute. Bonjour le deuil. Tant qu’il y aura personne pour nous payer pour tenir la main de nos gamins, on fait ce qu’on peut en jonglant avec tout. Et le père, hein ?
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12h23, Zette à Mentalo
Mais oui mais on peut faire comment autrement?
C’est un tiraillement, un déchirement.
Et parce que maintenant qu’on est arrivé à ce qu’une poignée de vielles folles ont voulu dans les années 70, on pleure nos mômes.
Là-dessus, je suis assez vieille école, j’ai toujours été pour que les mamans tiennent et s’épanouissent dans leur rôle de maman mais on a préféré les faire passer pour des boniches parce que dieu et tout le bordel.
Et ensuite, bah l’extrême à répondu à l’extrême et aujourd’hui, ce sont nous, la génération qui payons parce qu’on est obligées de se barrer de la maison ET d’être d’excellentes mères qui veillons à ce que nos mômes entrent toujours dans ces putains de cases qui n’étaient valables que quand on restait à la maison.
Ce sont ces femmes que j’accuse, celles qui ont pensé avoir le beurre, l’argent du beurre et le cul du crémier, en pensant que forcément, leurs mômes suivraient.
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L’enfant, pour moi, c’est celui qui va dire, par les pleurs, les mots, puis le silence ou la rébellion comment nous, ses parents, ont doit agir.
Comme quand les tiens traînent dans tes pieds pour te dire « maman tu me manques ».
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Alors il est temps de s’arrêter et de les écouter, les regarder.
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12h27, Mentalo à Zette
Les cases, je les déteste, ces cases.
On tourne en rond. Nos gosses paient notre course à toujours plus. Mais comment faire autrement, on est comme pris à notre propre piège.
C’est pas tellement « maman travaille » le problème, c’est « maman et papa sont devenus sourds et aveugles et moi je crie tout seul dans le noir ».
Ca me fait toujours hurler qu’on trouve des armées de psys pour entourer ceux qui restent, alors qu’on n’est pas foutus d’entendre, de voir quand un gamin va pas bien. Nous tous. Comme si on faisait ça pour se donner bonne conscience. Et quand tu demandes de l’aide, tu es sur liste d’attente pendant six mois. Et puis après, d’un coup, il est trop tard.
Et on dit : « Sa maman travaillait en Suisse. »
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12h44, Zette à Mentalo
Exactement. Le pire, c’est que bientôt, dans le programme scolaire, on va dégager des heures de consultation chez les psys tellement finalement, on trouvera toujours plus de soucis à nos mômes. Alors que le souci, c’est pas eux. C’est nous.
On en parle?
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12h51, Mentalo à Zette
On en parle.
Mais d’abord, je mange. Ventre affamé n’a pas d’oreilles.

Les mots de Zette.
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Billet écrit à quatre mains et deux coeurs de mamans.