Méfie toi de la main qui te flatte

Samedi, 9 heures.

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Je suis assise dans le fauteuil, face au miroir. Je me tire la langue. Ras le bol soudain. Un coup d’œil complice, Il me connaît bien.  Il me demande : « Tu as envie d’autre chose, n’est-ce pas ? ».  J’acquiesce. Sans préméditation. « Je peux ? » demande-t-Il. Je hoche la tête.

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Plusieurs centimètres tombent, en même temps que, provisoirement, mes soucis, qui ont l’air d’aller mourir sur le sol carrelé. Un marron cuivré rend leur éclat à mes yeux couleur menthe à l’eau. Une frange. Mon visage redessiné. Je sors ravie, rajeunie, le cœur et l’esprit léger. Je plais à ma fille, je plais à ma voisine, la vie est belle.

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Lundi, 9 heures. 

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L’épreuve du bureau. Les collègues qui pensent toujours qu’ils ont tout à dire sur ton look, ta tête, tes rides, tes pompes, ton poids, ton bouton sur le menton, ta tronche des grands jours, alors que tu leur as rien demandé. Je hais cette façon de se croire permis de tout te dire, même ce pour quoi tes amis proches prendraient, eux, des pincettes.

L’accueil est plutôt bon. Ceci dit, tu t’en tamponnes largement. Mais disons qu’il est plus facile de répondre « merci » avec un sourire, que « ta gueule, je t’ai rien demandé, dégage, connard ». Enfin, même si intérieurement, les deux reviennent au même, hein, on se comprend.

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Jusqu’à Jane. Qui me comble de compliments. Ponctués d’un final : « Avant, ça t’allait pas du tout, du tout. »

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Ah ben merci, vraiment, fallait pas.

 


Tetris et moi, pas du tout

Les souris sortaient en pleurant de mon fridge ayant durement encaissé la période de fêtes pendant laquelle je ne glisse pas le bout de mon escarpin pailleté dans la moindre grande surface débordant de calories et blindée de monde.

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La préparation des repas commençait à devenir un casse-tête, et ça râlait ferme dans les rangs des amateurs de desserts, des mangeurs de chocolats et autre Pampers-addict.

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C’est ainsi que mercredi soir, contrainte et forcée, je me retrouvai à pousser un caddie comme d’habitude récalcitrant dans les allées du frère ennemi d’Edouard.

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Comme à chaque fois, je me concentrai pour  remplir l’espace et m’organiser de manière rationnelle (Gromiiiit ! ) (là on voit s’il y a de vrais vrais vrais connaisseurs dans le coin), sachant pertinemment que l’entreprise finit toujours en queue de nouille.

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Et en effet. Là où l’Homme est jouasse et prend le caddie après passage en caisse pour un jeu de Tetris géant, marquant des points à chaque marchandise encastrée parfaitement parmi ses congénères sans le moindre interstice, et m’interdisant de poser quoique ce soit sous peine de fausser son jeu favori, je suis très vite dépassée par la dextérité des caissières payées au client/heure (les pauvres, et attention à la ligne bleue surtout).

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Faut dire qu’aussi, l’intérêt de cette entreprise finalement si éphémère m’échappe un peu, si ce n’est de faire rentrer après tout ce qui était dedans avant, ce qui semble parfois impossible de premier abord, mais comment font-ils. Bref toujours est-il que j’avais une fois de plus oublié mes cabas de ménagère écolo, et avec un sourire en m’imaginant l’Homme tout à son kif préféré, je fis de mon mieux.

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Quatre litres de sueur plus tard, je sortis en poussant toujours mon caddie en crabe. Pluie tropicale sur restes de verglas et de neige. Je parvins tant bien que mal à ma voiture, et c’est là que ce fut vraiment le n’importe quoi et que j’éclatai de rire sous la pluie au vu du résultat.

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Tetris et moi, on n’a jamais été très copains.

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Level failed.


L’indésirable du jour

On t'avait invité, toi?

 

Chère Syvie Vartan,

(quel pseudo plein d’imagination!)

Je ne sais pas si c’est l’Etoile du Berger qui t’a menée jusqu’ici, mais le GPS des Rois Mages est sacrément en rade.

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En effet, ceci n’est pas un forum, mais un salon de thé distingué (si je veux).

En effet, je déteste le car tuning, c’est vulgaire (si je veux).

En effet, j’ignore ce que c’est que « seotons », et je n’ai même pas envie de me renseigner.

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J’espère cependant que tu trouveras bien vite d’autres amis plus coopérants.

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En attendant…. Camembert. C’est moi le chef, ici. Bordel.

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La reine des galettes (c’est Pierrette)

J’avais promis la recette de ma galette, je sais. Seulement on me l’a piquée hier.

On rigole pas avec la gastro personnifiée.

Donc je me contente de te faire saliver.

T'as pas vu la fève?

Pour la recette, va falloir te déplacer jusque chez Zette.

T’inquiète, elle n’est plus contagieuse, elle s’est lavé les dents au balai-chiottes et à la javel.

 

La déviation n'altère pas le goût, mais j'admets que c'est ballot.


Lapinou hier

Ah non, on me dit que c’était avant-hier. J’en peux rien, je suis jet-laguée. Comme qui dirait que la première nuit de l’année fut en réalité la première journée, et vice versa. Dans ces conditions, tu me pardonneras cette impression que j’ai encore ce matin de vivre à Tahiti, mais avec de la neige. (Je crois que j’aurai toujours tout faux dans la vie, moi.)

Avant l'amour.

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J’ai pas pris de bonnes résolutions, comme annoncé, mais, suite à une recherche infructueuse de ma boîte de TicTac mint anti bout de laine il y a deux minutes, j’ai quand même décidé que j’allais ranger mon coffre à outils sac à main, et arrêter de boire (jusqu’au week-end prochain) (faut pas pousser non plus) jusqu’à plus soif et au-delà. Je vais peut-être aussi lever le pied sur le foie gras, tant que j’y pense.

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Ca me laissera de la place pour finir la galette des rois à la frangipane qui tue sa mémé que j’ai faite hier, et dont on n’a mangé que la moitié, et on n’a toujours pas trouvé la fève. En même temps, je finis par me demander si j’ai pas oublié de la mettre dedans, vu mon état, aussi.  Si tu demandes gentiment (= en me flattant honteusement, j’aime ça), je peux te donner la recette pour te la péter dans ta cuisine et être la reine de la journée.

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Quant à dormir plus pour rêver plus, je voudrais bien, moi, mais le Grand Capital ne semble pas être de cet avis. C’est fou quand-même, même on serait prêt à faire des sacrifices, on peut point.

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Et sinon, ma mère a commis l’exploit d’appeler donc quatre fois en deux jours, soit autant qu’en tout 2010, et j’exagère à peine. Ca s’annonce bien, niveau statistiques.

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