Samedi, 9 heures.
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Je suis assise dans le fauteuil, face au miroir. Je me tire la langue. Ras le bol soudain. Un coup d’œil complice, Il me connaît bien. Il me demande : « Tu as envie d’autre chose, n’est-ce pas ? ». J’acquiesce. Sans préméditation. « Je peux ? » demande-t-Il. Je hoche la tête.
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Plusieurs centimètres tombent, en même temps que, provisoirement, mes soucis, qui ont l’air d’aller mourir sur le sol carrelé. Un marron cuivré rend leur éclat à mes yeux couleur menthe à l’eau. Une frange. Mon visage redessiné. Je sors ravie, rajeunie, le cœur et l’esprit léger. Je plais à ma fille, je plais à ma voisine, la vie est belle.
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Lundi, 9 heures.
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L’épreuve du bureau. Les collègues qui pensent toujours qu’ils ont tout à dire sur ton look, ta tête, tes rides, tes pompes, ton poids, ton bouton sur le menton, ta tronche des grands jours, alors que tu leur as rien demandé. Je hais cette façon de se croire permis de tout te dire, même ce pour quoi tes amis proches prendraient, eux, des pincettes.
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L’accueil est plutôt bon. Ceci dit, tu t’en tamponnes largement. Mais disons qu’il est plus facile de répondre « merci » avec un sourire, que « ta gueule, je t’ai rien demandé, dégage, connard ». Enfin, même si intérieurement, les deux reviennent au même, hein, on se comprend.
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Jusqu’à Jane. Qui me comble de compliments. Ponctués d’un final : « Avant, ça t’allait pas du tout, du tout. »
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Ah ben merci, vraiment, fallait pas.





