Cadeau bonus atelier manuel pour morpion désoeuvré: tu imprimes cette dernière photo, tu la files à ton gamin avec une poignée de feutres, tu lui dis de décorer le sapin, et t’as la paix pour disons, trois minutes au moins.
Censurée!
Les copains,
Je suis présentement en train d’accoucher du lobe droit de mon cerveau par le globe oculaire gauche (= j’ai une migraine carabinée, aïe, bobo, monde cruel) et je viens de m’ébouillanter la langue avec un chocolat (trop) chaud. Dans ces conditions misérables, foin de digression du jour, je te ressers une digression de fin septembre. Mais attention, pas de la digression de base, hein, de la digression censurée. Parfaitement.
C’est à dire que lorsqu’avec toutes les copines (et les copains, hou!) j’ai participé à ce formidable et adorable foutoir qu’est L’extraordinaire Abécédaire d’Affaires de Mômes, je fus un poil trop bavarde pour faire rentrer mes parenthèses à courant d’air dans le format prévu. Je dus m’auto censurer (et ça fait mal). Donc en exclusivité, voici tout ce que tu n’aurais jamais dû lire si je n’avais pas un disque dur aussi bien rangé que, euh, disons, mon sac à main.
Je rappelle que tu peux encore aller lire les productions hilarantes de mes condisciples et nous faire un tas de courbettes ensuite (la bannière colorée sur la droite est là pour ça).
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L comme…. lave-linge
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Aujourd’hui, on m’a demandé de vous parler de la meilleure amie de la femme (oui, de l’homme aussi, pourvu que Môman ait mis un peu de cœur dans son éducation faite d’amour, de gâteaux au chocolat, de bœuf bourguignon (que jamais en rêve t’arriveras à faire le même, donc te fatigue pas à essayer et fais plutôt des cupcakes, c’est in – enfin, sûrement jusqu’à l’année dernière) et de valeurs morales modernes), qu’elle soit nullipare (ça veut pas dire nulle en cuisine, hein) ou multipare.
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Mais enfin si tu lis ce papier, c’est que tu as quelques chances d’avoir (eu) l’idée saugrenue de vouloir te reproduire – et tu comprendras d’autant mieux ce que je cherche à te dire.
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Un petit aparté, si tu es un homme : le meilleur moyen de séduire une femme, c’est de faire ami-ami avec ses copines. Aussi avec sa meilleure amie. Tu me suis, là ? Alors on peut y aller.
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La meilleure amie de la femme n’est pas la langue de pute toujours dispo à longueur de journées pour le moindre bavassage sur ses congénères, contrairement aux apparences. C’est pas non plus ni sa lime à ongle, ni sa gaine anti-bourrelet, ni sa môman à elle.
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La meilleure amie de la femme, la plus jolie invention de la modernité, c’est la machine à laver. Parfaitement. Y a même des sociologues très bien (que si j’étais pas si flemmarde je te retrouverais qui) qui ont décrété que l’invention de la machine à laver a libéré la femme au moins autant que la pilule et lui a permis d’aller travailler au lieu de passer les trois quarts de ses journées au dessus d’un chaudron d’eau bouillante à se cramer la couperose.
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Mais comment choisir cet objet indispensable, dont tu rêves joue et nuit, que tu demandes à la routarde multipare que je suis ?
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-Tu choisis un modèle de course. Une marque fiable. Voire teutonne. Certes, c’est un peu plus cher, mais t’as pas envie de te disputer avec ta nouvelle meilleure amie dans moins de six mois, si ?
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-Tu fais super attention à trois choses essentielles : la qualité de lavage, la vitesse d’essorage (plus c’est élevé, mieux c’est), et la consommation en eau/électricité. (Classe A recommandée, tout comme pour le lavage). Sinon ? Ben sinon, tu achètes du savon de Marseille et une planche à frotter et tu renonces à toute manucure avant la majorité de ta progéniture. Et puis tu attends, comme Sœur Anne, le séchage des bodies souillés, et tu ne vois rien venir avant que Babychou ne te refasse une attaque atomique avec dommages collatéraux intégraux.
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-Ta nouvelle meilleure amie te fera gagner un temps fou en outre si elle est programmable. Si tu calcules bien, homme chéri, elle peut avoir fini juste au moment de la mi-temps du match de Champion’s League. C’est-y pas trop d’la balle ça ? Sinon, tu la programmes la nuit, c’est plus économique.
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Puis une machine à laver, c’est rigolo. Ca fait marrer toute la famille. Tu peux même économiser la télé : mes mômes, ils adorent regarder leur doudou qui leur lance des regards suppliants avant de se noyer sous la mousse. Ca leur apprend à gérer leurs frustrations, si, si. Tu peux leur apprendre les couleurs en triant le linge, ou en leur faisant deviner ce qui a bien pu faire déteindre toute une machine de blanc : punaise, qui porte des chaussettes rouges dans cette maison, hein ??? Et qui les cache dans ses poches, hein ???
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Ah, à propos de poches. Une saine occupation pour les mômes : faire les poches de jeans de leurs parents avant le passage en machine ! Au pire ils y trouvent de la monnaie pour leur tirelire, au mieux un papier compromettant, et toi tu peux dire : ah mais moi, j’y suis pour rien, je fouille pas !
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Bon, sérieux deux minutes.
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Je vais pas t’apprendre que tu peux choisir ta future meilleure amie chez les copains Darty ou Boulanger. Par contre, parce que t’as été mignon de me lire jusqu’ici, je te file mon super bon plan de super maman : la centrale d’achats sur internet Ubaldi.
Winter tour
Je pensais très fort à écrire un billet super chouette quand j’ai perdu un bout de doigt (la faute aux mitaines piquées à l’Homme plus pratiques que mes moufles pour twitter mon infortune : j’ai toujours pas de Ugg) qui s’était fait la malle avec mon nez par ce froid de gueux.
Ca fait une semaine que je prends le bus pour aller bosser, rapport à la neige. Et le souci du bus, c’est qu’il faut l’attendre. Et qu’il fait un froid de gueux dans mon Pôle Nord. Nan mais sérieux, pas un jour ne passe sans que je me dise
Punaise (en vrai je suis plus grossière, mais on va châtier), y a des gens qui dorment dehors, qui crèvent dehors, c’est carrément pas humain cette histoire.
Parce que déjà moi, dix minutes d’attente de bus à la méthode de l’oignon (une couche de fringues compatibles boulot, une couche de polaire, une couche de doudoune, une couche de bonnet, gants, écharpe) et dix minutes de marche suffisent à me congeler pour a journée, et quand vient le soir, l’envie de recommencer dans l’autre sens me ferait presque préférer la chaleur de mon bureau à celle de mon home sweet home. J’ai dit presque.
Puis des fois tu passes des heures bloquée sur les routes. Puis des fois tu peux juste pas aller au boulot tellement tout le monde s’ingénie à faire de joli tête-à-queue (Muriel, si tu passes par là, ça a un pluriel ce mot ?) en rien cochons, se prenant soudain pour Candeloro au volant de sa Twingo (pas Candeloro, les gens, je lis pas Voici pour savoir que Candeloro roule en Twingo, moi!). (Vaut mieux préciser parce que je perds toujours du monde en route dans les courants d’air des parenthèses.)
Bon donc des fois la seule activité de ta journée à part cuisiner un bon pot-au-feu à ta famille coincée comme toi, c’est d’aller dix-huit fois à pied jusqu’à la départementale vérifier que non, le chasse-neige n’est toujours pas passé, et non, tu n’iras vraisemblablement pas travailler aujourd’hui.
Une boule de neige bien dirigée te rappelle que tu as emmené ton fils dans ton pèlerinage à la départementale, et que ho, fuck ze travail après tout, zénifions, renonçons, arrêtons de pester, jouissons, merde, c’est un jour de congé forcé qui tombe à pic, et que tout est si joli, comme ça.
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Et d’un coup d’un seul, t’as plus d’orteils, mais la vie est belle.
Sauf que s’il faisait moins froid ce serait encore plus mieux, juste.
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Rien que des filles, mais quelles filles!
J’ai pris la voiture. J’ai pris le train qui va très vite. J’ai pris le métro. J’ai pris deux millions et demi de marches d’escaliers avec une valise pesant un âne mort pleine de bonnes choses choisies avec gourmandise amour. J’ai pris l’ascenseur.
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J’ai pris notre hôtesse dans mes bras déjà chargés. J’ai pris quelques ZiziCoincoin, quelques petites choses délicieuses préparées par chacune d’entre nous.
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J’ai pris un tas d’amitié dans le cœur. J’ai pris la vie réelle versus la vie virtuelle.
J’ai pris un nombre incalculable de fous rires peu académiques. J’ai pris quelques mojitos. J’ai pris trop peu de photos.
J’ai pris une leçon de langue française des signes (dingue), et une d’anatomie masculine dispensée par une experte en la matière.
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J’en ai pris plein les mirettes, Paris by night, rien de tel pour une flopée de provinciales.
J’ai pris des sourires à emporter, plein ma valise. J’ai pris des souvenirs pour les jours sombres.
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Les absentes nous ont manqué. On en a appelé, on en a twitté, on en a mailé, on y a pensé.
J’ai pris froid aux cheveux. J’ai repris le métro, le train qui va très vite, la voiture.
J’ai pris mes enfants et mon mari dans les bras.
Et j’ai repris la vie réelle en pleine face.
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(Brève de) Grand Nord
-Maman, demain, il va pleuvoir, et puis il y aura aussi du soleil, donc c’est super, on va avoir un arc-en-ciel!
-Tu as vu la météo, Bonhomme?
-Oui, puis ils ont bien montré chez nous.
-Ah oui?
-Ben oui, ils ont dit le Pôle Nord, c’est chez nous le Pôle Nord!
Je confirme, je confirme.










