La belle Affaire (de Mômes)

 Y a des joies simples, des fois, dans la vie. Les meilleures.

C’est un mail qui t’arrive, et qui te propose de participer à un chouette projet, parce que les petites histoires que tu racontes sur la toile ont plu au Maître de Cérémonie.

Tu penses que je ne me suis pas fait prier, parce que pour rigoler, c’est toujours mieux en groupe. (Tu remarques que j’ai pas dit autre chose et que si tu as pensé autre chose, je ne peux rien pour toi.)

Le joli projet est maintenant réalité, c’est un e-book, (c’est-à-dire, un livre à consulter sur internet, en français, sauf s’il te prend l’envie pas bien pour la forêt amazonienne de l’imprimer, mais bon, comme je suis dedans avec des tas de copains super chouettes, je ferme les yeux pour cette fois) sous forme d’Abécédaire extraordinaire (tant qu’à faire, hein) de toutes ces petites choses que nous, les gentils 26 blogueurs, nous trouvons indispensables à la survie de la famille avec progéniture. (Ou sans, mais là, je peux rien pour toi non plus, si t’as besoin d’un Krokrodile dans ton bain.)

J'ai le même alphabet sur mon fridge, et toi?

 

C’est ainsi que j’agitai mes petits doigts boudinés sur le clavier et choisis de faire une chronique à mon image : décalée, et rarement là où on m’attend. Va-z-y voir, je vais pas te gâcher la surprise, non plus.

Tu as envie de parler la langue des signes avec ton mouflet ? Tu n’as pas encore découvert les miracles du Fouzytout ? Tu te demandes quel DVD est indispensable à l’épanouissement audiovisuel de tes marmots sans que toi tu tournes chèvre ? Tu es agacé parce que ton rejeton chéri est un va-nu-pieds invétéré ? Tu es sceptique quant à l’utilité d’une écharpe de portage, que tu crois être l’apanage du bobo ?  Tu voudrais trouver un doudou hors du commun ? Un doudou qui serait plus qu’un doudou?  Tu veux des super trucs de super maman pour le super moment du bain ? Tu veux la paix, tout simplement ? Dormir en paix? Déjeuner en paix? Passer un bon moment? Céder au truc à poils? Te balader par moins douze? Te débarrasser de la corvée torchage de fesses?  Le mettre au sport

Promis, tu trouveras tout ça, et bien d’autres choses encore, ainsi qu’une sacrée tranche de rigolade, et peut-être, comme moi, des nouveaux copains, dans notre extraordinaire abécédaire, sur l’extraordinaire blog d’Affaires de Mômes, avec un extraordinaire Maître de Cérémonie que je remercie  pour sa disponibilité, sa gestion patiente des vingt-six délires et de toutes nos questions existentielles, et son humour aussi douteux que le mien.


Le syndrome Dagobert

Les toilettes de mon entreprise sont en général un endroit assez calme, pour peu qu’une envie pressante d’une collègue ne vienne pas troubler mon calme.

C’est en effet un endroit que j’apprécie grandement. Pas que je sois tire au flanc (je préfère ma place près du radiateur), mais de temps en temps se fait sentir le besoin non pas seulement de vider ma vessie, mais de SILENCE. Qui est d’or comme chacun le sait. Mon environnement quotidien étant fait de sonneries de téléphone (beaucoup), de sonneries stridentes d’ordinateurs (genre alarme de BMW tunée dans le 93) et de beuglements gutturaux divers mais rarement très amicaux, virils mais guère sexys. Plutôt genre Wisigoths, un peu.

C’est là que pas plus tard qu’il y a cinq minutes, ma petite affaire faite, mon regard tomba sur le reste de l’étiquette de mon string noir (Chéri, ferme cette page, il en va de  la survie harmonieuse et heureuse de notre couple). Tiens tiens, me dis-je, parce que le silence c’est bien, mais quand je me parle c’est encore mieux, elle est devant.

Devant ?

Devant.

Okay, j’ai enfilé mon string à l’envers ce matin aux alentours de 6h23, et j’ai rien remarqué jusqu’à 12h45. Okay.

Une fois ma méprise constatée, que fis-je ? Ben je me dis que je ne pouvais pas laisser ça comme ça, évidemment. Des fois que je devrais retourner à l’hôpital faire flasher mon fessier, ce serait le double effet Kiss Cool garanti.

J’entrepris donc de renverser la tendance, c’est-à-dire de remettre ma culotte à l’endroit (au contraire de Dagobert, et pas le sandwich).

Avant d’aller plus loin, il faut que tu prennes en compte deux éléments indispensables :

  1. Je suis de nature feignasse et tente de compenser par mon intelligence
  2. Aujourd’hui je suis en robe + collants +chaussettes + bottes (j’ai un pince-fesse ce soir, cherche pas)

 

La feignasse en moi se dit donc qu’elle est plus maline qu’un bout de chiffon, soit-il estampillé Chantal Thomass, et se dit qu’elle va bidouiller, assise sur les chiottes, pour sortir les jambes de la culotte tout en laissant les collants, les chaussettes et les bottes, et simplement faire pivoter le tout de 180 degrés.

Essaie et tu reviens.

T’arrives à quoi ? Ben exactement à la même chose que moi : à rien, mais encore plus à  l’envers.

C’est là que je suis prise d’un fou rire irrépressible dans la solitude de ma cabine préfabriquée, que si quelqu’un rentre il me demande direct si j’ai vu J-L D. ou le loup.

Et que je me retrouve à moitié à poil, pieds nus, tout ça pour retrouver une dignité que personne (encore) n’avait vu que je portais à l’envers.

Tout ça pour amuser la galerie.
Des fois je me pose quand même des questions sur ma santé mentale, hein, t’inquiète, je suis tout à fait consciente de mon état désespéré.


Recevoir

 

Renaissance

Donner est parfois plus facile que recevoir.

Comment en effet n’en faire ni trop, ni pas assez, pour remercier. Pour que le merci sonne sincère quand il l’est. Alors forcément, tellement préoccupée d’y mettre la juste mesure, je m’empêtre dans mes mots qui me sont pourtant d’habitude si faciles à écrire.

Parfois il est plus facile de donner.  Du temps, de l’attention, un mot gentil. Pas forcément un présent qui ait de la valeur. Parfois il est plus facile d’inonder l’autre de sa présence ou de ses marques d’affection, au risque d’en oublier que celui-ci n’a peut-être rien demandé, ou pas tant.

Il est plus facile de donner sans réfléchir, car recevoir amène forcément à la réflexion. Ramène à l’enfance. A l’amour reçu et perçu comme tel, à l’amour reçu et non reconnu, à l’amour non dit, à l’amour refusé parfois.

Donner c’est aussi acheter. Penser que l’on peut acheter l’amour dont on a manqué enfant. C’est aussi dominer, faire de l’autre son obligé.

Recevoir s’apprend. Doucement. Un peu comme le renard se laissait apprivoiser par le Petit Prince. Tout doucement. Recevoir présuppose que l’on s’estime digne de recevoir, et non seulement capable de donner.  Donc que l’on soit humble,  et qu’on  s’aime soi-même un minimum. Savoir recevoir, c’est savoir s’aimer.

Ca ne s’apprend pas tout seul. Ca s’apprend parce qu’un jour quelqu’un te dit :

C’est comme ça. Tu prends, tu reçois, et tu ne discutes pas.

La veille encore,  je ne savais pas quoi faire de mes mains ni de mes mots, ni de mes maux. Savoir recevoir, c’est aussi savoir aimer, pour ne pas gâcher la joie de donner de l’autre.

Je prends, je reçois, et je ne discute pas. Je dis simplement:

merci

Et moi seule sait que derrière ce merci articulé comme je peux, il y a merci de m’aider à grandir, merci de m’ouvrir les yeux, merci de m’avoir appris à recevoir.

Et pour le coup, le cadeau est carrément obèse.


Trois francs six sous

Oah, dis donc, les copains (spéciale dédicace à Val), hier j’ai encore reçu un truc rigolo dans ma boîte mail pro. A ce rythme, on se demande ce que fait Monsieur Sécurité avec ses vilains yeux, à part me foutre les jetons dans l’escalier.

C’est La Redoute qui m’écrit.

Est-ce que les magasins de MENTALO CITY vous font de telles réductions ?

(Crie pas si fort, je sais encore où j’habite. Des fois je sais plus comment je m’appelle et faut que Manu me le rappelle, mais c’est tout.)

 

La fille n'est pas à vendre avec la lingerie, même en soldes, oublie.

Alors Madame la Redoute, faut que je te dise, à Mentalo City, tout est gratuit (sauf Madame Pipi).

Je dépense pas un radis, à Mentalo City. Trop fastoche de résister. Trop simple d’économiser. D’avoir des oursins dans les poches. De garder ses sous dans son porte-monnaie (sauf quand y en a un qui te pique les pièces rouges, et les autres, hein Maman, pour les mettre dans sa tirelire Cars). De faire son rat. De pleurer le pain que l’on mange. D’avoir les mains crochues. De loucher à un centime. D’être près de ses sous. De manquer trois sous pour faire un franc. D’être une pince. D’être radin comme un Ecossais (pardon, Georges). D’être pingre.

Y a pas un seul commerce à Mentalo City.

Fastoche.


Un coup dans le Do(lto)

Chère Françoise,

Permettez-moi d’émettre quelques doutes, voire réclamations, quant à vos grands principes.

Je suis détentrice d’un modèle d’enfant de deux ans tout à fait charmant mais un chouïa têtu, la pauvre, avec le paquet de gênes hérité des douze générations antérieures d’ânes bâtés, elle n’est pas gâtée par la nature.

C’est ma troisième du style, et on pourrait donc en déduire que j’ai gagné en maturité, en patience, en méthodes d’éducation et d’évitement du conflit, et que je suis une routarde de la multiparité, avec douze bras de Vishnou m’ayant poussé dans le dos et cerveau partagé en trois rayons : pas urgent, urgent, très urgent (plus un rayon « trop tard », certes).

Ce matin, donc, alors que se déroulait la grande épreuve redoutée de toute mère de machin haut comme trois pommes, j’ai nommé le terrible, abominable, redouté enfilage de chaussettes dudit machin, je me suis dit qu’un peu de pédagogie doltesque ne ferait de mal à personne dans cette famille et que les cris et grincements du matin, ça va bien, mais là c’est férié (même si je travaille, ndlr).

-Cheule !

-Tu veux que je t’aide ma chérie ?

-Nan, cheule !

-Ok, tu fais toute seule. Tu es une grande fille et je suis fière de toi. Mais si tu as besoin de mon aide tu me le dis, hein.

-Cheule !

-Oui ma chérie. C’est très bien.

-Gnnnnnn…

–Tu veux de l’aide ? regarde, je la raboulote, là, et toi tu mets ton pied dedans toute seule.

-Nan, cheule !

-Ecoute ma chérie, c’est pas pour dire mais on va pas y passer la journée. Tu es une très grande fille et tu es capable de faire un tas de choses très chouettes et je suis très fière de toi. Mais tu sais, mettre des chaussettes toute seule, c’est vachement difficile, et si tu veux, je t’aide juste un tout petit mini peu, regarde, tu fais presque tout toute…

-NAAAAAN ! CHEUUUULEEEE !

 

Dolto = arnaque.

Mon enfant est bien une personne, mais les beaux discours, tout ça, elle s’en fout.