Maraboutée!

Les amis, y a longtemps que je t’ai pas parlé des perles de ma boîte mail.

(Pro, la boîte mail, évidemment. La seule qui laisse passer à peu près 800 spams par jour malgré une politique de sécurité affichée à grands renforts de pubs qui font peur dans tous les couloirs.)

L’autre jour j’ai bien reçu une proposition de concours pour gagner un an de bouffe pour chat, mais j’ai pas de chat, et j’ai des lectrices enceintes non immunisées contre la toxoplasmose, en sus d’une lectrice (aussi enceinte) qui les pourchasse à grands coups de chaussons, je la nomme pas parce qu’elle va se prendre la SPA sur le dos, mais tout le monde sait qu’il s’agit du blog de maman pas triste avec son journal de campagne décapant.

Donc, non, pas de bouffe pour chat, désolée pour les Cannelle et autres pussycats blogosphériques, je fais pas (encore) dans le jardin zoologique.

Parce que j’ai reçu un truc autrement plus important que les bestioles allergisantes et de mauvais augure. Tiens, à propos d’augure, justement. C’est Gabriella qui m’écrit. Je la connais pas, mais elle, elle a l’air de me connaître, dis donc.

Mentalo, j’ai une prédiction pour cet automne.

 

(Han !)

(Pinaise les copines avec leurs histoires de Mars et Vénus, elles peuvent aller se rhabiller !)

Vous avez un problème que vous voulez résoudre?

 

(J’ai que ça en rayon, si tu veux savoir, cocotte!)

Vous avez besoin que l’amour frappe à votre porte de nouveau, que votre situation financière s’améliore ou tout simplement retrouver plus de calme dans votre vie, alors profitez-en maintenant sans attendre.

Gabriella vous aidera à trouver la vraie bonne solution à vos problèmes.

 

Tu penses si je me suis empressée de lui répondre !

 

Chère Gabriella,

C’est avec plaisir que j’accepte votre proposition gracieuse de baby-sitting d’urgence. L’Homme et moi vous seront très reconnaissants de vous occuper de notre marmaille nombreuse progéniture adorable pendant que nous nous envoyons en l’air dans des draps parfumés faisons les touristes aux environs de Bali, afin de retrouver sexe amour, calme et volupté dans notre vie de parents méritants vu qu’on a bien travaillé pour notre retraite, nous.  Nous vous attendons donc demain à la première heure, ok ? En vous remerciant.

 

Mentalo.


C’est le temps que tu as passé pour ta rose…

Le mois d’octobre égrène ses jours qui inexorablement nous poussent vers l’hiver.  Bientôt les volets se fermeront de bonne heure, en même temps que s’allumeront les feux de cheminée près desquels les familles se serreront.

 

A la campagne, en hiver, on ne voit guère de monde. Une longue hibernation, de longs mois où l’on n’aperçoit même plus ses voisins. Des mois où les enfants apprennent à leurs dépens la différence entre dedans et dehors (« Ferme la porte, bordel, je chauffe pas le ciel ! »), et où leur course au grand air est stoppée net par l’idée qu’il va falloir enfiler manteau, écharpe, bonnet et gants avant d’obtenir une ouverture minimale et chronométrée de l’huis.

 

Les jours raccourcissent, les feuilles roussissent et dansent des valses alambiquées au gré des vents contraires, et le moral des filles baisse, inéluctablement.

 

L’hiver sera bientôt là, avec son cortège de microbes et de collants opaques.

 

Hier, alors qu’octobre m’offrait encore une journée radieuse de liberté (parce qu’aujourd’hui, c’est radieux aussi, mais nettement moins libre), je décidai que cette année, la dépression saisonnière irait se faire voir du côté d’Honolulu si j’y suis. (Non.)

 

Ma mère a appelé hier matin : il va geler cette semaine.

 

Je me suis dit que si j’apprivoisais l’idée, peut-être serait-elle moins dure à accepter.

 

Pas question que le gel n’anéantisse mes jardinières, laissant mes impatiens flasques comme des limaces, mon cœur se soulever de dégoût et mes doigts se pétrifier de froid, les yeux en larmes sur la fin de l’été et le moral au fond des chaussettes en laine.

 

J’ai acheté des pensées, frêles fleurs qui résisteront à la rigueur de l’hiver, se feront toutes petites, taches de couleur et de bonne humeur pendant ces longs mois humides, sombres et froids, et seront au rendez-vous du printemps. J’ai jeté mes impatiens vieillissantes, et refait mes jardinières à neuf. Rentré les bacs qui craignent le gel. Balayé la terrasse et ses pétales rouges et blancs qui virevoltaient. Rebouché une tranchée dans le jardin. Pas en reste, l’Homme a installé des fils à linge sous l’auvent (il faut juste que je grandisse de vingt centimètres, mais ne soyons pas pinailleuse) et mis une lampe à détection de mouvement dans un couloir sombre.

 

J’ai hésité à accrocher à la porte d’entrée comme chaque année l’ours en peluche emmitouflé dans son écharpe. Je lui laisse un répit : il accueillera la première neige.

 

Je suis prête.

 

L’hiver peut venir.

 


Le sport, une arme pour la vie?

Ce matin-là, je rentrais de congés. Elle occupait depuis quelques jours la place restée vide à peine trois semaines d’un collègue viré sans ménagements pour manque de résultats.

 

Elle se leva, me sourit, et se présenta en me serrant la main. Une poignée de main franche et directe, presque masculine, et un regard droit dans les yeux. A ma question muette, elle répondit qu’elle venait d’être engagée, et me précisa la nature de son travail à mes côtés désormais.

 

Elle avait obtenu de travailler à temps partiel, ce qui m’avait été refusé un an auparavant, et définitivement.  Elle se fit immédiatement adopter parmi les collègues (surtout masculins), par son approche franche, directe, sans timidité et sans chichis, et son sens de la répartie.

 

Mince et féminine, mais le style discret et classieux de celle qui arrive à ses fins sans extravagance.

 

Le genre de fille que tu pourrais détester de suite, si elle n’était pas aussi adorable.

 

Quelques jours plus tard, je l’entendis parler au téléphone. Exiger, calmement, mais fermement. D’un ton qui ne laissait aucune place à la négociation, mais toujours avec cette gentillesse, ce sourire dans la voix. Elle obtint évidemment gain de cause face à son interlocuteur.

 

J’eus l’occasion de la raccompagner au parking, et n’y tenant plus, je lui dis :

 

 Ah, si j’avais le quart de ton assurance dans la vie, je pourrais m’imposer quand il le faut ! 

 

Elle plongea son regard dans le mien, étonnée :

 

Mais, Mentalo, tu as trois enfants, c’est que tu es capable de t’imposer !

 

Je ris. Sur les moins d’un mètre cinquante, mes gros yeux suffisent, pensai-je. Je précisai donc que je pensais plutôt à mes relations avec les adultes, privées ou professionnelles.

 

Elle me dit, sur le ton de la confidence :

 

C’est peut-être que, petite,  tu n’as pas fait les mêmes sports que moi. Des sports d’équipe.

 

Je souris. Je n’allais certainement pas lui avouer qu’à part courir dans les bois, le sport, petite…

Ne niant pas cette possibilité, mais me demandant tout de même si elle ne confondait pas causes et conséquences. En clair : qu’on choisit des sports d’équipe, des sports où il faut s’imposer, justement parce qu’à la base, intrinsèquement, on le peut. L’assurance dans sa vie d’adulte tiendrait donc au sport pratiqué, enfant ? C’est peut-être cette façon de penser qui fait que ma nouvelle collègue est si naturelle dans ses rapports aux autres. Parce qu’elle a arrêté de se poser la question.

 

Mais je ne démords pas complètement  de l’idée que la confiance en toi, tu l’as ou tu l’as pas, suivant qu’on l’a mis au-dedans de toi ou pas dans ton enfance.

 

Et que t’auras beau faire un stage au XV de France, j’ai des doutes que tu puisses rattraper.

 

Mais je ne lui dis pas. Parfois, il vaut mieux se taire.

 

 

 


Le Bbflothon, toi aussi participe!

L’autre jour, les super pouvoirs de Pôle Emploi convoquaient la copine Bbflo à un entretien d’embauche pour un job qui allait très certainement changer le cours de sa vie.  Accroche-toi : un CDD de 5 heures de comptage de sachets de chou-fleur surgelé. Ou peut-être de haricots, je sais plus bien.

La Bbflo elle est pas feignasse, c’est pas la perspective de bosser en combine de ski et moonboots qui lui ferait peur, c’est donc toute guillerette et confiante dans ses capacités qu’elle se rendit à l’entretien préalable à l’embauche.

Sors ton mouchoir, elle a échoué.

Là, elle a un peu de mal à s’en remettre, alors je me suis dit que nous, la blogosphère, on allait l’aider un peu. Genre, on va faire un Bbflothon. Et là tu sais tout de suite  que tu vas devoir donner de ta personne. Et je sais que je peux compter sur toi. Et tu me déçois pas, tu seras gentil, déjà que j’ai pas encore mangé ma pomme du jour, et j’ai bien assez de soucis comme ça : y a un type qui m’envoie des mails bizarres pour me dire qu’il changeait mon M en L, parce qu’ une copine a besoin du P, qu’il va donc tipp-exer son écran d’ordi, et moi j’avais déjà la migraine avant, mais ça a rien fait pour l’arranger, et j’ai rien capté. Bref.

Alors oui, le Bbflothon.

A la question : « Quelle est votre motivation pour ce poste ? »,  Bbflo a lamentablement éclaté de rire, ce qui a évidemment annihilé toute perspective d’embauche à la seconde.

Alors que je sais pas, moi, elle aurait pu répondre « mettre ma tenue de ski flashy 1987 en plein mois d’octobre, je surkiffe », et hop, elle l’avait le job.

Non ? T’as une meilleure idée ?

T’as vingt-quatre heures pour lui trouver des arguments imparables (et oufs de dingue, hein, on n’est pas sur la chaîne parlementaire, ici). Je ramasse les copies demain.


Ma figue en barbarie

Hier c’était l’été indien, et c’était plutôt bien. Aujourd’hui c’est lundi, et on va faire comme si on devait être sérieux, comme les gens bien qui revêtent leur tête d’enterrement avec leur costume de travail.

(J’avais pas envie d’y aller, ce matin, ça se voit ?)

Si tu te rappelles bien, dans la phase de grande gueule de bois du grand n’importe quoi des vacances, j’ai pris deux trois bricoles de résolutions et je t’avais promis de faire le bilan tous les mois du comment combien que je suis motivée à devenir quelqu’un de bien avant la fin de l’année. Au coin, celui qui persifle que y a du boulot.

(Pinaise, laisse moi deux secondes pour fouiller dans mes archives.)

Tiens, voilà:

  • Prendre plus soin de moi. A 35 ans, les excès, pinaise, ta peau te les fait payer. Donc: gommages, crémages, et dodo au programme.

Fait, fait, et fait. Trop fort. Prochain défi : traquer le poil qui s’installe insidieusement  visiblement depuis les vacances…

  

  • Gagner en sérénité. Ca sera pas du luxe pour tout le monde.

Au vu de la tronche de mes nuits, je suis pas sûre d’avoir marqué des points sur ce terrain. Je dirais même que j’aurais tendance à remuer la merdouille plus profond. Ahem.

 

  • Parler moins. Surtout au boulot. Me protéger.

Ca c’est fait. Je l’ouvre plus de la journée. Du coup dans ma tête, c’est le grand embouteillage. Mais purée, en même temps, ça me fait des vacances et vachement de temps libre pour bloguer écrire des conneries bosser.

 

  • Répondre aux mails privés avec un délai de moins de trois semaines. Ca sera pas du luxe, je sais, les copines.

Je progresse, je progresse (j’ai oublié quelqu’un ? hu hu)

 

  • Choisir enfin un carnet où noter toutes mes envies de lecture, et les lire. M’inscrire à la bibliothèque, du coup.

Pour le carnet, zut, zappé. Par contre la bibliothèque, ce fut long et pénible, mais ce fut.

 

  • Prévoir plus pour courir moins.

Ouais, bon, on va dire «En bonne voie, mais peut mieux faire ».

 

  • Reprendre le sport pour évacuer l’énergie négative accumulée au boulot. Jusque fin juin, j’étais régulière, ça devrait être réalisable.

Fait aussi. Mieux, c’est une vraie joie.

 

  • Parallèlement, se mettre à zermater sérieusement pour effacer les excès d’apéros, barbeuques et autres fiestas de l’été.

Le barbeuque étant noyé sous les 123346565 litres d’eau tombés ces dernières semaines, je tiens le cap.

Surtout que Virginie B.  a lancé le #nogrignotagemonth, qui comme son nom l’indique, nous interdisait de grignoter sous peine de se dénoncer soi-même publiquement sur Twitter.

Là, octobre, c’est le #onefruitmonth, défi au moins aussi énorme en ce qui me concerne.  Je tiens pas du tout à remercier l’autre coincée du cul qui m’a entraînée là-dedans à l’insu de mon plein gré. Elle m’a mailé : « TU SUIS. » J’ai fait « ouaf ! ouaf ! ».

 Là, dans un élan de volonté, j’ai emmené des figues de barbarie au bureau. Je les regarde, je leur parle, là. Je vais bien finir par en manger au moins une, histoire de twitter ce soir : « je tiens le cap, avec mes figues, quelle barbarie». (Si toi aussi tu veux te ridiculiser, tu twittes @virginiebichet que t’en es, et tu fais péter la salade (de fruits.)

Manquerait plus que Virginie B. lance le #onelitermonth, et j’en deviendrais presque un modèle de diététique. On aura tout vu.

 

Je te laisse, je vais soigner ma migraine à grands coups de tas de fructose.